Voici exactement le texte de la brève :
La multiplication des polémiques judiciaires contre des oeuvres d’art et leurs auteurs suscitent l’inquiétude d’acteurs du monde culturel réunis récemment en forum à Bordeaux. Co-directrice de l’association Emmetrop, qui gère la friche de l’Antre Peaux à Bourges, Karine Noulette a estimé qu’ "il faut donner aux artistes la possibilité d’expérimentations extrêmes." Organisatrice de soirées intitulées Yes Porno, elle affirme ne pas faire de subversion "car il n’y a pas de morale dominante."
Le Berry Républicain, lundi 30 avril, p.5
Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est un peu flou tout ça. Morale ? de quoi parle-t-on ? Du sens du bien et du mal ? De la morale sexuelle ? Et puis, est-ce vraiment le problème de la morale qui est posé avec ces procès, ou le problème du droit ? Enfin, il est quand même piquant de relever la contradiction entre revendiquer "la possibilité d’expérimentations extrêmes" (on imagine vaguement ce que cela peut être à l’heure de la pornographie de supermarché) et "ne pas faire de subversion". Question : à quoi servent "les expérimentations extrêmes" s’il n’y a rien à subvertir ? Ou peut-être l’extrémisme de l’expérimentation est-il dû à l’impossibilité même de la subversion ...
Quelqu’un écrivait il y a quarante deux ans :
"La société avec sa faculté d’absorption, épuise les contenus antagoniques de l’art en les assimilant. Dans le domaine de la culture, le système totalitaire nouveau se manifeste précisément sous la forme d’un pluralisme harmonieux ; les oeuvres et les vérités les plus contradictoires coexistent paisiblement, dans l’indifférence."
Il s’appelait Herbert Marcuse.
L’avant-garde branchée de l’art contemporain est soluble dans le capitalisme avancé ;-)