Comme ça, on y voit peut-être un peu plus clair, plutôt que ce qu’ils nous racontent. Les Occidentaux auraient tout intérêt à faire durer la guerre en Syrie :
Au-delà de la dynamique locale, entre les partisans du régime Assad (surtout les classes supérieures et les minorités alaouite, druze et chrétienne) qui dominent l’appareil d’État, et les classes sunnites populaires, qui ne font pas partie de cette élite et appuient les rebelles, il y a donc une opposition entre l’axe chiite (Iran-Irak- Syrie-Hezbollah) et les pétromonarchies sunnites du Golfe. Téhéran soutient le Hezbollah et le régime Al-Assad, tandis que l’Arabie saoudite et le Qatar financent les rebelles.
Enfin, à un niveau plus élevé, l’OTAN, dominée par les États-Unis, s’oppose à l’axe sino-russe qui appuie le régime syrien. « La Russie veut redevenir une grande puissance [...] et retrouver la splendeur politique de l’Union soviétique », estime Fabrice Balanche, alors que « la Chine, forte de sa puissance économique, cherche à jouer un rôle géopolitique à l’échelle mondiale. »
L’effort de guerre en Syrie coûterait à Téhéran des milliards de dollars annuellement, une dépense qui contribue à affaiblir son économie déjà exsangue.
Le chercheur fait un parallèle avec le cas de l’Afghanistan des années 80, où, explique-t-il, « les États-Unis ont entretenu un conflit de basse intensité contre les Soviétiques, de manière à entraîner l’URSS dans ce bourbier, ce qui a contribué à son affaiblissement ».
et du même chercheur, Fabrice Balanche :
Cette guerre civile se déroule dans un contexte de guerre régionale entre l’axe pro-iranien soutenu par la Russie et l’axe pro-saoudien soutenu par l’OTAN, que l’on peut qualifier dans une certaine mesure d’opposition sunnite – chiite, car le conflit régional a également une dimension religieuse. Mais au sein des deux camps nous avons également des oppositions géopolitiques. Le Qatar, bailleur de fonds des Frères Musulmans, vient d’essuyer un cuisant échec en Egypte, face à l’Arabie Saoudite. La Turquie d’Erdogan a également condamné la répression menée par la junte militaire égyptienne, s’opposant ainsi à l’Arabie Saoudite. Une intervention militaire commune en Syrie permettra de ressouder les liens entre les puissances sunnites de la région. A contrario, le pôle chiite Iran-Irak ne restera pas l’arme au pied si son allié syrien est attaqué directement par ses ennemis.
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/aveugles-trois-autres-conflits-qui-dechirent-aussi-syrie-et-que-france-et-etats-unis-refusent-voir-fabrice-balanche-abou-diab-kh-832814.html#iZqXS1IArvhXidBI.99