La technique se développe selon sa propre logique
Hum, hum...
Je renvoie aux travaux d’Ellul qui a parfaitement expliqué ça
Ouai...Je ne sais pas ce que dis le brave Ellul, mais un truc est certain, c’est que le technique ne se développe pas toute seule, elle est développée par des humains. Je veux bien que l’on me prouve le contraire, mais moi, je suis un peu terre à terre, il faut m’excuser.
et nous sommes pris dans la technique, plutôt que nous sommes utilisateurs libres de la technique
Chez nous, jusqu’à preuve du contraire on fait ce que l’on veut. Au travail, c’est certes différent.
Je voulais aussi réagir sur l’argument selon lequel en référer au capitalisme est stupide car tout serait lié au capitalisme aujourd’hui. Pas encore. Faire l’amour à la femme que tu aimes n’est pas lié au capitalisme.
Oui, dire bonjour n’est pas lié au capitalisme. Mais toute activité économique est liée au capitalisme d’une façon ou d’une autre. Manger est lié au capitalisme. Pas encore respirer. M’enfin, bon, j’voulais dire que cet argument, il est un peu bateau quoi.
Bref, pour en revenir au numérique, si le monde numérique s’est autant développé, ce n’est pas qu’il rende un service particulier aux gens — on pouvait très bien vivre avant le téléphone portable par exemple — mais parce qu’il constitue un marché et une source de profits.
Oui, mais il y a parfois (toujours ?) les deux. Les nouvelles technologies se développent parce qu’elles sont souvent sources de profit (ou d’économies), mais aussi parce qu’elle correspondent à une attente, à un besoin. C’est le cas des services bancaires à distance, c’est aussi le cas des achats à distance par exemple. C’est quand même bien pratique de pouvoir, quand on habite Bourges, pouvoir commander des articles que l’on ne peut trouver qu’à Paris. Cela évite quand même un aller-retour à la capitale. On pourrait s’en passer comme on pourrait se passer de 90% des choses qui nous entourent.
Donc, la question de la technique, avec sa logique propre, et la question du capitalisme, avec sa logique propre également, sont liées.
Le problème c’est que je ne sais pas qu’elle est la logique de la technique :-)
Que la technique soit un outil pour le capitalisme, il n’y a pas de doutes. Mais le capitalisme, que je sache se sert de tout ce dont il est possible de se servir. Un peu comme le marteau peu servir à plusieurs choses, la technique également. Donc, on peut lier le capitalisme à plein de choses. Et à la technique entre autre. Mais c’est bien la façon dont on se sert de l’outil qu’il faut remettre en cause, pas l’outil. Car, je ne crois pas que l’outil ait sa propre idéologie. Mais les gens qui se servent de l’outil, eux oui, ont potentiellement une idéologie. Que je sache, les TIC ne sont pas utilisées uniquement à des fins capitalistes mais aussi à des fins de résistance. Au début d’internet, l’outil était plutôt utilisé par des libertaires. Mais des libertaires aux libéraux, il n’y a pas tant d’écart que cela...
L’idéologie dominante répète qu’il n’y a pas d’alternative au mode de production capitaliste.
Oui.
Et elle dit aussi que la technique nous libère : demain sera mieux qu’aujourd’hui, qui a bcp progressé par rapport à hier.
L’idéologie dominante dit beaucoup de choses et on lui fait aussi dire beaucoup de choses. La technique peut nous libérer mais elle peut aussi nous enfermer. Les deux sont possibles. L’un n’exclu pas l’autre. Tout dépend des usages là encore. Dire que la technique nous libère ou bien qu’elle nous enferme sont deux affirmations fausses. La technique n’est que ce que l’on en fait. Oui, je reste terre à terre mais j’aime bien.
Simplement remettre en question ça classe parmi les "réactionnaires" (tu emploies le mot) et les technophobes (l’usage du suffixe phobie est très révélateur)
Remettre les choses en question, quelque soit ces choses est toujours une bonne chose ; il faut douter. Mais le peu de nuances que je perçois dans ce bouquin m’apparait quand même un brin suspect. Et oui, peut-être que je me trompe, il faudrait que je lise le livre, mais oui, j’ai comme le sentiment d’un livre réactionnaire qui rejette tout en bloc.
Une dernière chose : je n’en ai pas parlé dans l’article, car Biagini n’insiste pas tellement là-dessus, mais le monde numérique et les TIC ont énormément rapport aussi au contrôle des gens.
Oui, c’est vrai. Les TIC sont un des outils de contrôle. Mais ce sont des outils. Il faut que les citoyens soient vigilants sur les usages qui en sont fait. Mais j’en reviens encore au marteau. La technique n’est pas le diable, les nouvelles technologies non plus. Des technologies militaires faites au départ pour tuer servent aussi à sauver des vies.
On aura sûrement l’occasion d’en rediscuter ...
Certainement. D’ici là, j’aurai peut-être lu le bouquin...si je parviens à le trouver dans une bonne librairie ;-)