Bon, le véritomètre, c’est la version francisée du fact-checking. L’idée pour les journalistes, c’est de vérifier les affirmations des uns et des autres, là entre autres, les affirmations des candidats à l’élection présidentielle. Alors évidemment, il y a forcément des biais. Mais à partir du moment où la mesure est la même pour tout le monde, on peut s’attendre à ce que la relativité des résultats des uns et des autres soit à peu près correcte. Alors, on peut prendre cela pour un jeu, effectivement. Cela est vrai sur la forme. Mais dans le fond, ce n’est pas un jeu. Vérifier les dires des politiques, c’est un vrai boulot, pas forcément simple à réaliser. C’est un outil parmi d’autres. Mais c’est un outil potentiellement utile afin d’analyser la crédibilité des discours des uns et des autres. C’est un travail de journaliste, que ce travail soit réalisé par des journalistes de i-télé ou d’ailleurs ne change rien à la crédibilité potentielle de ce type d’outils. C’est un peu plus qu’un jeu. Il peut-être dérangeant pour l’ensemble des politiques...sauf si tout le monde se met à penser que l’outil n’est pas crédible. En effet, l’objectif c’est de mettre les discours politiques sous surveillance afin d’éviter le bidonnage. En théorie, si ces outils se mettent à avoir un impact, on peut s’attendre quand même à ce que les politiques y prêtent attention et donc, fassent attention à ce qu’ils disent.
Sur les résultats actuels, au moment où j’écris, l’ensemble des candidats a vu "son taux de vérité" baisser de façon impressionnante. Trois candidats sur six disent plus souvent des conneries que des vérités. Inquiétant. La meilleure est pour l’instant Eva Joly avec 65,3%...ce qui n’est quand même pas génial, non ? Mélenchon fait moins bien, n’en déplaise à ses fans, il est passé à 58,6%...à peine mieux que Hollande qui est à 55,5%.
Il faut se poser des questions : si le discours et les solutions s’appuient sur des choses fausses à défaut de mensonges, comment les politiques peuvent-ils proposer de bonnes solutions ? C’est cela la vraie question. Un mauvais diagnostic entraîne forcément un traitement mal adapté.
Conclusion, je serai beaucoup plus mesuré que BJ et que Cyrano. Certes, la forme est ludique, mais il y a certainement des choses à tirer de tels outils sans pour autant en faire l’alpha et l’oméga censé influencer le vote des citoyens. C’est un outil vraisemblablement imparfait mais à prendre en compte parmi d’autres, outil que l’on aurait tort de dénigrer totalement et gratuitement. Mais on peut comprendre que les militants de tous partis confondus soient un peu ennuyés par ce genre d’outils qui va à l’encontre du fanatisme béat ou aveugle.