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Béribéri - bon sens Aux aaaarmes ! - bombix - 10 février 2012 à 22:19

« nationaliste » et « patriote », c’est pas la même chose. Il n’y a qu’un moyen pour l’universel de venir au monde, c’est de s’incarner dans le particulier. On peut en conséquence aimer sa patrie, et détester le nationalisme. D’ailleurs, pour qu’il y ait un internationalisme, pour que le concept ait un sens, il faut bien que des nations existent. Cela ne signifie pas que l’une soit supérieure aux autres et tende naturellement à les dominer. Le pont est suspendu entre deux rives. Les rives ne nient pas le pont. Elles lui permettent d’exister.

Pour le nationalisme de Mélenchon, je ne suis pas très au courant. En tout cas, tout un aspect du républicanisme français est en effet contaminé par ça. On n’oubliera pas par exemple la justification par les hommes de la IIIème République du colonialisme. L’universalisme mal compris justifie l’impérialisme, par exemple chez Jules Ferry.

Ce travers dénoncé, on n’oubliera pas non plus qu’inversement, cela fait bien les affaires du capitalisme la dissolution des identités nationales, le nomadisme universel. On peut renverser le fameux slogan (et ainsi révéler sa face d’ombre) : "D’ailleurs, je suis d’ici" en "D’ici, je suis d’ailleurs" : je suis d’où ? de partout et de nulle part, de là où le marché veut bien de moi, dans un monde où tout est fluide, flexible, adaptable aux "lois de l’économie" ... ou tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée.

Relis le Manifeste : « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. Le maintien sans changement de l’ancien mode de production était, au contraire, pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes. Tous les rapports sociaux, figés et couverts de rouille, avec leur cortège de conceptions et d’idées antiques et vénérables, se dissolvent ; ceux qui les remplacent vieillissent avant d’avoir pu s’ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont forcés enfin d’envisager leurs conditions d’existence et leurs rapports réciproques avec des yeux désabusés. »


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