Mélenchon n’aime pas les « gauchistes ». Qui le lui rendent bien. (Au fait, il n’a pas été un tout petit peu gauchiste le Mélenchon, avant d’intégrer le PS ? Responsable de l’OCI à Besançon, dans les années 70, nous informe sa fiche Wikipédia...)
Pour mettre en bouche :
La trajectoire de Jean-Luc Mélenchon est comme un résumé de ces espoirs trahis : une gauche électoraliste a éteint les aspirations au changement de millions de gens engagés dans la transformation d’une des sociétés les plus rétrogrades d’Europe occidentale, en s’appuyant sur des techniciens du mensonge issus du léninisme le plus rance.
On dira que Jean-Luc Mélenchon n’est plus le même, qu’il a quitté le PS, mais... pour faire quoi ? Selon nous, la même chose, en plus petit cette fois. L’histoire revient souvent sous forme de farce.
Il est clair que la révolution par les urnes, et le référendum en lieu et place de la grève générale, ceux là n’y croient pas.
Au passage, une bonne partie de l’étrangeté du personnage et du discours Mélenchon vient du télescopage entre un "style" gauchiste — par les manières, le vocabulaire, le goût de la provoc, le radicalisme de certaines expressions ("les rouges sont de retour") — et un projet mitterrandien d’installer au pouvoir en toute légalité une « gauche responsable », respectueuse de l’ordre républicain et des institutions. Tout comme Mitterrand en fin de compte. Relisez les discours de Mitterrand avant 81, et ses promesses de rupture d’avec le capitalisme. Mais examinez ensuite son bilan, bilan dont Mélenchon ancien ministre de Jospin est comptable, au passage.
En terme psychanalytique, on pourrait dire que le ça gauchisant de Mélenchon refait surface derrière les digues posées par le surmoi mitterrandien. La rigueur de la loi est d’autant plus tranchante que la pulsion se fait pressante. D’où ce désagréable autoritarisme qui se dégage du personnage.