C’est qu’il plait aux médias car il fait le spectacle, qu’il dérange et qu’il fait débat.
Il plaît aussi à Sarkozy qui a bien besoin d’un Mélenchon pour tailler des croupières à Hollande. A cet égard, les médias sous contrôle lui font jouer le rôle qu’ils faisaient jouer à Besancenot auparavant. La question qui se pose est de savoir s’il pique des voix à Sarkozy ou à Hollande ; s’il est un concurrent du candidat de droite ou du candidat de "gauche" (les guillemets sont ici nécessaires). Ces questions sont à poser sans préjuger de la qualité du discours de Mélenchon et de son programme, même si sa tendance à la jouer perso est assez détestable. Il me semble que le pari de Mélenchon, c’est de se rendre incontournable en dépassant les 10 pions. Alors, la "gauche" devra compter avec lui. Le problème, c’est : est-ce que la "gauche" aura alors gagné ou non le pouvoir ? Si non, Mélenchon aura pt être gagné son pari, mais sa victoire aura l’amer goût des victoires à la Pyrrhus.
Ne jamais oublier que cette élection est bipolaire, et qu’il n’y a que 100 pions à distribuer. On peut imaginer la tête des mélenchonistes si, après un premier tour à 12 pts, ils voient s’affronter Sarkozy-Le Pen au second tour, avec un Hollande disqualifié par une gauche du PS très efficace ...
En clair, quel que soit le programme et la valeur de Mélenchon, le vote utile va jouer à plein. Les gens veulent moins élire Hollande que virer Sarko. Sarkozy le sait, et la parade pour l’instant est de jouer la carte Mélenchon pour affaiblir son adversaire par la dispersion. D’où les ordres donnés à ses amis qui tiennent les médias. C’était drôle de voir hier la bande de lèche-culs chez Calvi dresser des lauriers à Mélenchon, avec une petite grimace quand même. Pas facile tous les jours de cirer les bottes du Prince. Il faut apprendre à courber l’échine et à dire l’inverse de ce qu’on disait hier avec le même aplomb. Un vrai métier !