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Les vrais décroissants : les marchés ! - Julien Debord - 5 décembre 2011 à 21:35

Attention quand même à ne pas tomber dans l’angélisme face à la décroissance qui se base, bien souvent, sur une logique presque naturiste.

Les échanges marchands, et par extension le capital ne sont pas un mal s’opposant au bien absolu du don et des échanges non marchands.

Prenons exemple de l’habillement. Un décroissant va sans doute vous dire que la mode, c’est mal, ça oblige les gens à jeter des vêtements à peine usés pour en racheter des nouveaux. C’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour en conclure que l’habillement est une futilité qui ne mérite aucun intérêt. Sans l’habillement, ou du moins si personne ne s’en préoccupe (et à avoir croisé quelques decroissants, ils s’en préoccupent peu), il ne reste plus que ce que la nature nous à donné, et GADLU sait à quelle point cette garce est profondément inégalitaire.

Les échanges non marchands sont quand même très dépendants de ce que la nature nous a donné. Si on a la malchance d’être empoté et associal, on a peu de chances d’obtenir de la reconnaissance.
Regardez les réseaux sociaux qui sont, quand même, un terrain notable en matière d’échanges non marchands : il y a de profondes inégalités entre ceux qui en sont membres, ne serait-ce que par une grande disparité de popularité.

L’avantage du capital, et donc de sa concrétisation en échanges marchands, c’est qu’on peut le redistribuer. Alors oui, il faut lutter contre le consummerisme fou et non, on ne peut pas créer toujours plus de richesses, mais il ne faudrait pas non plus croire que se débarrasser du matérialisme serait une idée plaisante.


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