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Les vrais décroissants : décrôassants ? - bombix - 3 décembre 2011 à 19:28

La réponse alambiquée n’ayant pas eu l’heur de me fournir quelques idées.

Tant pis.

sinon alors va falloir corriger plein de textes parus dans l’Agitateur

J’y consentirais parfaitement pour les miens ;-) Mais comme je doute que ça intéresse grand monde, je vais plutôt essayer d’en écrire d’autres moins imprécis. ;-)

Au passage, j’en connais un qui évite d’utiliser le mot "capitalisme" et "capitaliste", qui préfère "Capital" et "mode de production capitaliste", comme il ne dit pas "travailleur" mais "producteur" et voit le communisme comme une "association des producteurs". C’est un politique à la langue biseautée, il s’appelle Karl Marx. Dans le Manifeste du parti communiste (1847), le 1er chapitre est intitulé "Bourgeois et prolétaires". Une note de Engels, de 1888, précise : "Par bourgeoisie, nous entendons la classe des capitalistes modernes, propriétaire des moyens de production et exploitant le travail salarié." L’ambiguïté de cette formulation — de Engels et non de Marx, tu noteras — c’est qu’elle identifie le capitalisme à une substance, le capitaliste à une entité sociale figée (le gros bourgeois plein de fric) Si on parle de Capital (comme processus) et non de capitalisme (comme substance) on peut comprendre que la socialisation du Capital (ex. dans les fonds de pension qui gèrent les intérêts des retraités par exemple) ne signifie pas son extinction, mais son apogée sous sa forme pure. Comme le dit Denis Collin dans son dernier bouquin : alors "ce ne sont pas les classes qui rentrent en lutte, mais la lutte qui fait les classes. Et les individus se disposent autour de cet opérateur "lutte des classes". Raison pour laquelle il vaudrait mieux éviter ce terme de capitalisme et utiliser des concepts plus précis — comme celui de marchandise — qui rendent compte de la réalité du Capital comme processus, et non du capitalisme comme substance. Ce ne sont pas des débats byzantins, puisque comme tu le vois, de là en découle directement la vision qu’on peut avoir de la lutte des classes, et de certains mythes de la classe ouvrière comme classe universelle par qui advient la révolution. C’est ce que je voulais dire quand je disais "le capitalisme n’existe pas". Mais je conçois que tu vas avoir du mal à me suivre sur ce terrain. ;-)


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