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Primaires à gauche : progrès ou recul de la démocratie ? - bombix - 15 septembre 2011 à 11:57

Je ne sais pas si l’on peut considérer la primaire socialiste comme partie intégrante de la démocratie.

La démocratie n’existe pas en dehors des procédures réelles par lesquelles elle se manifeste. Ces primaires sont propres à une organisation politique, et non inscrites dans les institutions — certes — mais étant donné la place que tient ce parti sur l’échiquier politique français, il est certain que ces primaires ont une signification politique qui dépasse largement la vie interne du PS. Ne serait-ce que parce qu’elles s’adressent aussi aux non-militants. Ces primaires font partie intégrante de la vie (ou plutôt de la non-vie) démocratique en France.

Disons, que c’est une élection d’un parti politique, élection très ouverte soit, mais interne à un parti politique quand même. Donc, c’est certainement un progrès démocratique pour le PS. Mais on ne peut pas parler de progrès démocratique pour la France...ni même de recul d’ailleurs.

J’ai écrit mon article en essayant de montrer que ce « progrès » — on le présente comme ça — n’en est pas un. Ne pas oublier qu’à l’origine, le PS voulait organiser des primaires pour toute la gauche, incluant donc aussi le Front de gauche et EELV . Qui ont refusé.

Et puisqu’on parle de démocratie, on pourrait souligner aussi que ce genre d’opérations renforce la bipolarisation de la vie politique française, déjà très inscrite dans les institutions de la Vème République. Pour De Gaulle cela se justifiait par l’argument qu’il fallait sortir de l’instabilité permanente de la IVème. Mais tout ce qu’on gagne en stabilité et en efficacité, on le perd en équité de la représentation et en démocratie.

Je m’interroge par exemple sur le positionnement de Filoche, pour qui j’ai par ailleurs beaucoup d’estime. En acceptant le principe des primaires, il accepte aussi le verdict des urnes.

Il écrit : « Pour supprimer le poids que la dette publique ferait peser sur la politique sociale et économique du pays, il y a deux orientations possibles : soit on la fait payer par les salariés, par ceux qui tentent de vivre de leur travail, soit on la fait payer par les actionnaires, notamment ceux des banques. Papandréou, Zapatero, Socratès ont fait le choix de la première solution : on voit ce qui leur en coûte, ce n’est pas ainsi qu’on peut battre la droite.
Rien ne nous laisse supposer que François Hollande nous propose une autre voie que celle des dirigeants des PS grecs, portugais et espagnols.
 »

Et si Hollande gagne la primaire — ce qui n’est pas invraisemblable — il fera campagne pour une option politique qu’il combat par ailleurs ? Etant donnés les rapports de force actuellement au PS, je ne vois pas comment l’aile gauche pourrait tirer profit du jeu des primaires. En revanche je vois bien comment le courant majoritaire — qui est à droite — peut faire taire son opposition, claironner l’appel à l’unité, et rafler la mise. C’est ce qui se passera de toutes façons au second tour, avec le FdG. Mélenchon a commencé à faire des appels du pied au PS, et les communistes négocieront leurs circonscriptions aux législatives qui vont suivre. Quant à EELV, faisons leur confiance pour se vendre au meilleur prix.

En participant aux primaires socialistes, on partage surtout les valeurs de la Vème République, monument de démocratie s’il en est.


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