Galut aurait pu nous surprendre en soutenant Montebourg plus proche des idées d’ATTAC que les autres candidats.
Tu veux dire que Galut aurait pu nous surprendre en défendant un candidat proche des idées qu’il affiche ? On peut rappeler en effet que même si dans son magnum opus, Demain sera un autre jour (en vente dans toutes les bonnes librairies), il se fait des gorges chaudes de sa participation à Attac (renseignements pris toutefois, il n’a jamais appartenu au comité local du Cher) et défend les slogans de l’organisation altermondialiste, paradoxalement, il se rapproche aujourd’hui d’un candidat, François Hollande, qui n’a pas du tout ce profil. Ce qui le conduit à prendre des positions sur le problème de l’éducation qu’il ne songeait pas à aborder dans son bouquin, où pourtant il décrivait son parcours, ses visées politiques et ses priorités.
Bah, ce paradoxe s’explique simplement par le fait que si la politique est une affaire d’idées, elle est surtout une affaire de conquête du pouvoir. C’est mou, c’est lâche, ça bouge, ça change, ça se retourne les idées. La question qui se pose à propos de tous ces gens est : veulent-ils le pouvoir pour faire appliquer leurs idées, ou se servent-ils des idées (un jour à gauche, un jour à droite, selon le sens du vent) pour gagner le pouvoir ? Cela vaut pour Montebourg comme pour Yann Galut. Le risque, quand même, à ce petit jeu, c’est de perdre en crédibilité. Mais dans une démocratie d’opinion bien digne de notre société du spectacle, que consacre le PS avec l’organisation de ces primaires, la crédibilité compte moins qu’une propagande bien faite.
D’ailleurs, quel type honnête et intègre a jamais fait une carrière en politique ?