Et pourquoi pas la création de monnaies locales à l’échelle d’une région par exemple ? Sans résoudre le problème de la dette nationale, ce serait un moyen intéressant pour redonner du souffle à un économie de proximité et de se libérer un peu du joug de la financiarisation comme seul et unique moteur de richesse.
Une monnaie, soit elle est convertible, soit elle ne l’est pas. Et si elle ne l’est pas, nous sommes condamnés à l’utiliser en autarcie. A une époque (lointaine), cela fonctionnait très bien. Mais il y a avait très peu d’échanges internationaux et pas de marché de la devise. Désormais, les pays qui ont des monnaies non convertibles sont soit des états totalitaires, soit des états qui n’ont pas les moyens de faire autrement (parfois les deux). Quand on y pense, ce serait une solution à la Cubaine avec un Peso Cubain (national) et un Peso Convertible (CUC)... La question est : est-ce que la monnaie utilisée doit créer la contrainte ou au contraire doit être un instrument ? Bon, et puis effectivement, ça ne répond pas à la question de la dette.
La dette, c’est (désormais) quand même de l’engagement dans un système international (Le Japon avec une dette plutôt intérieure ferait peut-être figure d’exception...). Sinon, on effacerait la dette, et pis ce serait terminé. La monnaie, c’est aussi ça. On applique une règle du jeu mondiale. Problème, aucun peuple n’a décidé ou accepté cette règle ou ces règles du jeu. On subit le ou les marchés qui font et sont plus ou moins la ou les règles...règles qui sont d’ailleurs mouvantes au fil du temps sans que l’on ne décide ou maîtrise les changements. On subit ces règles en même temps que l’on y participe. C’est quelque part, de l’auto esclavage, notamment au niveau intellectuel. Alors, on peut essayer d’encadrer plus ou moins ces règles non dites ou non écrites. On peut décider de ne plus les respecter et d’en décider d’autres (démocratiquement si possible) dans notre coin. On peut décider de changer les règles (et surtout de les écrire et de les accepter démocratiquement !) au niveau international. On voit là les différentes options politiques plus ou moins simples à mettre en place et plus ou moins réalisables. Il est certain que l’encadrement de ce que l’on nomme la mondialisation est la solution la plus simple à vendre. La démondialisation est une solution plus compliqué mais qui devrait être au minimum élargie à l’europe pour avoir une chance de réussir.
Une chose est certaine, les difficultés réelles ou supposées que l’on connait, dont la dette n’est qu’un aspect (et pas le pire !), nous amènent à nous poser collectivement de plus en plus de questions sur notre système économique actuel et sa pérennité. Et se poser des questions, ce n’est jamais une mauvaise chose. Encore faut-il, de temps en temps, tirer des conclusions et ne pas rester dans l’expectative indéfiniment...