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La règle en toc - Mister K - 22 août 2011 à 13:49

USA :
1980 : moyenne journalière des opérations sur la dette publique : 13, 6 milliards de dollars
1993 : moyenne journalière des opérations sur la dette publique : 119, 6 milliards de dollars

France :
1986 : moyenne journalière des opérations sur la dette publique : 200 millions de dollars
1993 : moyenne journalière des opérations sur la dette publique : 13, 7 milliards de dollars

Bon, cela prouve au moins une chose : dans le domaine de la dette, la France a aussi plus de 10 ans de retard sur le mode de vie des USA... ;-)

La dette permet la captation de la plus-value via l’impôt direct et indirect du monde du travail vers les actionnaires, justifie la modération salariale et la casse des services publics, pour que sa majesté le Capital trouve de nouveaux débouchés (télécommunication, éducation, transports etc.)

Je ne le dis pas dans l’article, mais la dette est évidemment une mauvaise chose. Mais maintenant que la dette accumulée depuis 20 bonnes années est à 80% du PIB, il ne s’agit pas de faire n’importe quoi pour revenir à une dette plus raisonnable. Il faut admettre que si l’on a mis 20 ans à accumuler une telle dette, il faudra certainement plus de 20 ans pour la résorber. Et qu’est-ce que 20 ou 30 ans à l’échelle d’un état ? Cela passe évidemment par une bonne gestion de l’argent publique, par une augmentation des recettes (la fin des cadeaux fait aux plus riches et aux très grosses entreprises) et par une remise à plat de la fiscalité : il faut que les entreprises cessent de se plaindre qu’elles paient trop d’impôts...alors qu’elles bénéficient d’un autre coté, de subventions et de cadeaux fiscaux. Mais attention, si 20 ou 30 ans ce n’est rien à l’échelle d’un état, c’est énorme à l’échelle d’une vie humaine. Il ne s’agit donc pas de sacrifier des générations parce que les générations précédentes ont fait n’importe quoi. Donc, des bonnes pratiques, oui, des règles rigides, non ! Une règle d’or inscrite dans la constitution serait une aberration. Il faut prévoir de la souplesse, faire confiance à l’intelligence (même si ce n’est pas toujours facile...) et surtout, protéger les hommes plutôt que les entités immatérielles (le marché, on ne peut même pas lui chier dessus en vrai ;-) ).

La dette bénéficie évidemment à la finance : votre banque à intérêt à ce que vous vous endettiez. Le marché de la finance à intérêt à ce que les états s’endettent. Donc, on doit tendre, en souplesse, à la diminution de la dette mais il ne faut rien s’interdire et donc, ne surtout pas figer une règle (idiote en plus) dans la constitution...


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