Pour prendre du bon côté — celui par lequel on peut les comprendre et s’y opposer efficacement — ces problèmes, il faut considérer que la dette publique n’est pas une fatalité, n’est pas un problème, mais une solution (1).
On constate :
Un parallèle entre la financiarisation de l’économie mondiale et l’explosion des dettes publiques.
USA :
1980 : moyenne journalière des opérations sur la dette publique : 13, 6 milliards de dollars
1993 : moyenne journalière des opérations sur la dette publique : 119, 6 milliards de dollars
France :
1986 : moyenne journalière des opérations sur la dette publique : 200 millions de dollars
1993 : moyenne journalière des opérations sur la dette publique : 13, 7 milliards de dollars
Sur la période, 80-95, la richesse produite en France a augmenté d’un tiers. Pendant ce temps, le chômage et la pauvreté explosaient. Pendant ce temps, environ 8 à 10 pour cent de points de PIB se déplaçaient des salariés vers le capital.
La dette permet la captation de la plus-value via l’impôt direct et indirect du monde du travail vers les actionnaires, justifie la modération salariale et la casse des services publics, pour que sa majesté le Capital trouve de nouveaux débouchés (télécommunication, éducation, transports etc.)
Donc augmentons les impôts, cher Mister K. Au fait, les impôts, pour qui (50 pour cent des foyers fiscaux français ne paient pas d’impôts sur le revenu. Pour les très riches, ils ont le bouclier fiscal) ?
J’ai donné des chiffres des années 80-90. Années ou les socialistes français étaient au pouvoir. Pour bien comprendre un phénomène, il faut remonter à son origine. Qu’on se comprenne bien. Les socialistes ne sont pas responsables de la transformation du "capitalisme managérial" en "capitalisme financier" (il n’y a qu’un seul capitalisme, mode de production capitaliste pour être précis, mais ses formes évoluent au cours du temps). Ils ont accompagné le mouvement, c’est tout. Sauf que les solutions keynésiennes (redistribution des fruits de la croissance, régulation étatique) ne fonctionnent plus avec le monétarisme et la dérégulation. Puisque ce sont les mêmes socialistes qui présentent une alternative au sarkozysme, mais que le sarkozysme n’est que le prolongement de leur propre politique, on imagine un peu quelles solutions efficaces on va trouver de ce côté-là. ;-)
D’ailleurs, Manuel Walls est favorable à la règle d’or de Sarkozy.
(1) On pourrait en dire autant du chômage. On l’a dit. Pas d’affreux gauchistes, mais un très sage conseiller référendaire à la Cour des comptes, Denis Olivennes. C’était en 1994, et le rapport s’appelait La préférence française pour le chômage. Il faudra s’interroger un jour sur une génération d’égoïstes née après la guerre qui a sacrifié les générations ultérieures, ses propres enfants, à son confort et à ses intérêts. Les retraités s’en sortaient bien dans les années 80 (ils détenaient 65 pour cent du patrimoine) avec une hausse des revenus de 4 pour cent, tandis que pour les salariés, elle n’était que de 0,5 pour cent. Comme par hasard, ces Messieurs et ces Dames servis, le droit à la retraite est soudain remise en cause.
Mais pas d’affolement, une journée unitaire d’action se prépare cet automne. Solidaires paraît-il s’y associe. Vont- ils nous expliquer ce qui justifie de défiler à nouveau avec la CFDT, après le brillant succès du mouvement des retraites 2010 ? Attac n’est plus contre la mondialisation, et les petits chefs de Solidaires, les radicaux, les durs de dur du mouvement syndical, se tiennent au garde à vous devant les pontes du syndicalisme collaborationniste (décidée de manière très démocratique cette inflexion du mouvement, naturellement). La gauche française, ce grand cadavre qui pue.