L’argument est sophistique. On ne peut pas faire la comparaison entre le second tour de la primaire et le second tour de la présidentielle. Au second tour de la primaire, quel que fût le choix de Montebourg, c’était un(e) socialiste qui aurait été choisi. Il pouvait donc, même au nom du vote utile, choisir Aubry, qui semble-t-il, correspondait mieux à ses orientations politiques. Son choix pour Hollande relève de la bataille des égos, pas de la bataille des idées, qui n’existent plus au PS.
Non, il a fait le diagnostique suivant : Aubry-Hollande, les deux faces d’une même pièce...Son choix relève d’une logique de parti. C’est un choix militant.
Quelque soit le candidat PS, s’il l’emporte, tous les candidats de la primaire PS auront un rôle à jouer, c’est évident.
Pas du tout évident. Le nombre des places est limité. On privilégiera qui a fait allégeance. Le PS, c’est pas le pays des bisounours.
Rien n’est jamais évident. Mais il y a quand même un peu plus que "5 places" à prendre. L’argument ne tient pas. A l’UMP non plus ce ne sont pas des bisnounours, et ils arrivent très bien à "caser" tout le monde. Je crois que le problème ne se situe, pour l’instant, pas au niveau des places. Mais bien au niveau de la victoire ou pas. Dans la logique de parti du PS, si Hollande perd, tout le monde perd (même si il faut surtout prendre en compte les législatives que tout le monde oubli).
Bon, attention, l’UMP c’est quand même pas le FN. Le FN aimerait bien être si fréquentable qu’on en viendrait presque naturellement à l’assimiler à un UMP un peu radical. Mais l’UMP est encore un parti républicain — enfin, on voudrait croire ! — quand le FN a des tendances très nettement fascisantes, là pas d’ambiguïtés.
Alors, moi je veux bien, mais quand un ministre UMP se retrouve à la une de minute, on peut se poser des questions. Quand Sarkozy fait son discours sur les Roms à l’été 2010 aussi. Soit on prend une logique de partie, soit une logique d’idées. L’UMP est, sur le papier, un partie républicain. Mais au niveau des idées, il faut voir...Je crois que la distinction entre UMP et FN est, sur un certain nombre de thèmes, très difficile. Il vaut mieux regarder la réalité en face.
3) Les gens se souviennent de 2002 et veulent virer Sarko. Ils savent qu’il n’y en a qu’un qui peut le faire désormais, c’est Hollande. Donc, le vote utile jouera à plein, dès le 1er tour. Pour preuve, la position pro-Hollande de gens aussi radicaux que ceux du site La Sociale.
Je crois que cela, ça dépendra beaucoup de la campagne électorale. 6 mois avant l’échéance, ce n’est pas évident.
Le capitalisme a compris que dans l’ensemble, la machine tournait mieux dans des régimes démocratiques que dans des régimes totalitaires. Elle tournera encore mieux dans les nouvelles démocraties du totalitarisme mou, spectacularisées et techno-contrôlées. Le FN et le vieux PC stalinien sont des dinosaures à oublier.
Il ne faut pas oublier que beaucoup de gens sont dans la merde et n’ont plus beaucoup d’espoir. Dans ces moments là, souvent, on se radicalise. Le risque est d’autant plus grand que la crise est importante, qu’elle n’a peut-être pas encore montré tous ses effets. Et que l’on ne nous promet pas des lendemains qui chantent, bien au contraire. En 6 mois, il peut se passer beaucoup de choses. Il convient donc d’être prudent. L’histoire n’est jamais écrite d’avance.