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Montebourg s’explique - bombix - 23 octobre 2011 à 17:51

Euh...ben, non. Il dit juste qu’au second tour, si le candidat de gauche, Hollande dans son esprit, y participe, tout le monde votera pour lui histoire de se débarrasser de Sarko.

L’argument est sophistique. On ne peut pas faire la comparaison entre le second tour de la primaire et le second tour de la présidentielle. Au second tour de la primaire, quel que fût le choix de Montebourg, c’était un(e) socialiste qui aurait été choisi. Il pouvait donc, même au nom du vote utile, choisir Aubry, qui semble-t-il, correspondait mieux à ses orientations politiques. Son choix pour Hollande relève de la bataille des égos, pas de la bataille des idées, qui n’existent plus au PS.

Quelque soit le candidat PS, s’il l’emporte, tous les candidats de la primaire PS auront un rôle à jouer, c’est évident.

Pas du tout évident. Le nombre des places est limité. On privilégiera qui a fait allégeance. Le PS, c’est pas le pays des bisounours.

il y a une élection, avec des citoyens qui votent librement

D’un point de vue formel, c’est vrai. D’un point de vue réel, si on considère la puissance des protagonistes, sur les médias en particulier, il faut beaucoup nuancer.

D’autant que celle qui est censée en faire son beurre, la miss Le Pen, n’a plus vraiment d’idées qui lui sont propre, puisque l’UMP lui a à peu près tout piqué.

Bon, attention, l’UMP c’est quand même pas le FN. Le FN aimerait bien être si fréquentable qu’on en viendrait presque naturellement à l’assimiler à un UMP un peu radical. Mais l’UMP est encore un parti républicain — enfin, on voudrait croire ! — quand le FN a des tendances très nettement fascisantes, là pas d’ambiguïtés.

En fait, je pense que si quelqu’un peut y gagner dans la désignation de Hollande comme candidat du PS, ce n’est pas Le Pen mais bien Mélenchon, c’est évident

Et donc si le risque pour l’UMP, c’est le FN, pour le PS, c’est clairement Mélenchon.

Il n’y a pas d’homologie possible entre Le Pen/Sarkozy et Mélenchon/PS. 1) Il y a une différence de nature entre les partis républicains et les partis fascistes 2) Mélenchon vient du PS, et y retournera. Il l’a théorisé toute sa vie politique ; le Parti de gauche est une parenthèse. Selon que Mélenchon fera ou pas un score honorable au 1er tour, il aura un tout petit ou un petit strapontin, une louche, ou deux louches de lentilles. Le PC aura besoin de faire des accords aux législatives, Hollande peut compter sur le soutien du FdG au second tour, il n’aura même pas besoin de négocier quoi que ce soit. Il y aura bien quelques rodomontades. Le public veut un peu de spectacle, on lui donnera. Alors Mélenchon expérimentera cette vérité enseignée par son maître François Mitterrand : les communistes, on ne peut rien faire sans eux, mais on ne peut rien faire non plus avec eux. 3) Les gens se souviennent de 2002 et veulent virer Sarko. Ils savent qu’il n’y en a qu’un qui peut le faire désormais, c’est Hollande. Donc, le vote utile jouera à plein, dès le 1er tour. Pour preuve, la position pro-Hollande de gens aussi radicaux que ceux du site La Sociale.

D’une manière générale, l’organisation de ces primaires renforce le bipartisme des institutions de la Vème, « l’alternance du même ». Les communistes ne s’y sont pas trompés. Ils ne peuvent qu’être perdants à ce jeu.

Quant au FN, c’est un danger social, pas un danger politique, parce qu’il n’est pas capable d’élargir autour de lui. Si on regarde l’histoire, on peut discerner au moins quatre facteurs nécessaires pour l’arrivée au pouvoir des nazis : l’humiliation de l’Allemagne, la haine de la démocratie parlementaire, la complicité de la bourgeoisie, et la peur du communisme. L’humiliation a engendré le ressentiment, puissant moteur pour manipuler les masses. La haine du parlementarisme a laissé la bourgeoisie penser que Hitler serait seul à même d’endiguer le flot bolchevique, dans le chaos créé par la crise économique. En gros, on a donné les clefs à Hitler, seul, il ne pouvait pas les prendre. Personne aujourd’hui ne songe à donner les clefs à Le Pen, pour nous protéger de Pierre Laurent ;-).

Le capitalisme a compris que dans l’ensemble, la machine tournait mieux dans des régimes démocratiques que dans des régimes totalitaires. Elle tournera encore mieux dans les nouvelles démocraties du totalitarisme mou, spectacularisées et techno-contrôlées. Le FN et le vieux PC stalinien sont des dinosaures à oublier.


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