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[HS : Chaplin et Landru] - bombix - 23 mai 2011 à 15:52

Je n’ai pas vraiment changé de sujet. Je pose comme hypothèse (à étayer naturellement) que l’affaire DSK est le symptôme d’une crise de civilisation. Je croise avec les analyses sur la civilisation libérale de JC Michéa, et d’autres auteurs. Je sors mon Freud qui dans des textes majeurs, parus après la première guerre mondiale, oppose l’oeuvre de civilisation à la pulsion, avec ce jugement capital : « L’intérêt du travail solidaire ne suffirait pas à la maintenir : les passions instinctives sont plus fortes que les intérêts rationnels. » Il n’y a qu’une force pour s’opposer à une autre force. Il se serait passé quelque chose à propos de la civilisation au moment de la guerre de 14 ? On retrouve ce thème chez des écrivains de l’entre deux guerres, chez des cinéastes majeurs comme C. Chaplin ... Et un immense juriste, psychanalyste et philosophe comme Pierre Legendre nous avertit tout au long de son oeuvre — analyse sans concession de la même civilisation libérale — le nazisme n’est pas liquidé (Le Crime du Caporal Lortie, p. 31)
Le nazisme n’est pas liquidé, cela ne veut pas dire que la société industrialiste est nazie, cela veut dire que notre monde libéral procède du même bouleversement structurel qui permet l’apparition du fait nazi. L’oeuvre de civilisation maîtrise la pulsion. La civilisation libérale consacre les noces de la pulsion et de la science. Et tiens, tiens, justement ... le débat dans le forum a roulé sur "la maladie mentale" et le possible recours à la médecine comme science et pratique thérapeutique pour nous sortir de là. Il est question donc de la Science. Il est question du Corps. Il est question de la Loi. Il est question du Père. De l’image du Père. De la Référence et de la filiation. Il est question du Pouvoir.

Voilà. Mais c’est un chantier de recherche. Dans une recherche, il faut commencer par un bout. DSK, millionnaire programmé pour représenter la gauche libérale après 5 années de sarkozysme, qui nous fait un petit collapse. Pas si mal. Freud commence son Léonard par une petite énigme trouvée sur un carnet du peintre, où il consigne ses courses, sa comptabilité de tous les jours, toutes choses banales et sans intérêt apparent. Puis il déroule à partir de là un magnifique roman qui lui permet de découvrir la pulsion à l’oeuvre dans le travail de tout artiste. La pulsion, oui, mais sublimée. Un fil, puis tout l’écheveau d’une théorie révolutionnaire qui bouleverse notre vision de l’oeuvre d’art. De même, "Le crime du caporal Lortie", cité, est une enquête à partir d’un fait divers. Le "cas Lortie" dépasse infiniment le geste apparemment irrationnel du soldat canadien.
Et tout ça dépasse bien le cadre de ce forum. Mais je donne ces indications pour simplement vous dire que je ne raconte pas n’importe quoi, ce qui me passe par la tête. Ce sont des questions que je travaille depuis plusieurs années. Le texte de mon articulet était écrit sur un ton pamphlétaire. Dominique nique nique. Pour faire marrer. Et puis c’était une chanson du Père Duval sur Saint Dominique. Très insuffisant. Je le concède. Pas grave. Moi ça me permet de trouver et de mettre quelques idées en ordre.


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