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Le roi est nu - bombix - 22 mai 2011 à 21:57

Je n’ai pas de nausée intégrale quand je réfléchis sur l’humain, seulement une légère inquiétude. ;-) Ce serait bien de ne pas mettre Freud et Céline dans le même panier. A propos de Céline, j’ai parlé d’illustration. Pour Freud, il faudrait un exposé qui dépasse largement le cadre de ce forum. On en restera donc à « DSK, juste un pauvre type dérangé qui avait des fonctions prestigieuses », ce qui nous amène fort loin. A propos, qui disait il y a très peu de temps : « Je ne sais pas sur quelle planète je vis. Elle est immonde. » Je suppose que vous ne parliez pas des mésanges charbonnières ou du renard des sables, mais bien d’une bête à deux pattes, qui marche à quatre pattes le matin, et sur trois pattes le soir. « Méfions nous du piège mortel de la cohérence », comme disait un certain.

Pour Nantes, un honnête père de famille est actuellement recherché par toutes les polices de France et de Navarre. On le soupçonne du meurtre de sa femme et de ses quatre enfants, retrouvés sous la terrasse de leur villa. Le plus jeune aurait été abattu un jour après les autres (ce qui exclut l’hypothèse du coup de folie ; tout comme les minutieux préparatifs du meurtre : exercices de tir, achat d’outils, de chaux vive, lettres diverses ...) Un monsieur bien sous tout rapport. Une famille modèle, vivant dans une petite villa. Des gens ordinaires quoi. Monsieur tout le monde, votre voisin peut-être. Vous allez me dire qu’il devait avoir un grain celui-là. Sans doute. Mais personne ne s’en est aperçu jusqu’à ce qu’il passe à l’acte. Et d’ailleurs pour l’expertiser psychiatriquement, il faudrait d’abord le retrouver. Fou peut-être, mais pas bête apparemment.

Tiens, au fait, j’aurais pu citer un autre affreux pessimiste : Charles Chaplin. Dans Monsieur Verdoux, film subversif au possible, il interroge pourquoi on désigne comme « assassin » le tueur en série qui a fait son job d’occire les douairières, et pas le responsable économique qui jette dans la misère ou le suicide des millions de chômeurs, ou le militaire responsable de la mort atroce de milliers d’hommes. C’était une référence directe à l’affaire Petiot, qui fut bien dézingué — lui aussi — par la guerre de 14. Moralité du film : nous sommes tous des agresseurs, des violeurs, ou des assassins potentiels ; certains portent la légion d’honneur, d’autres meurent sur le gibet ; d’autres ont simplement la chance de ne jamais avoir été placés dans des circonstances qui auraient pu les conduire à passer à l’acte.
«  Petite veille d’ivresse, sainte ! quand ce ne serait que pour le masque dont tu nous as gratifié. Nous t’affirmons, méthode ! Nous n’oublions pas que tu as glorifié hier chacun de nos âges. Nous avons foi au poison. Nous savons donner notre vie tout entière tous les jours. Voici le temps des Assassins. » Arthur Rimbaud, Matinée d’ivresse, dans les Illuminations.


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