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Le roi est nu - bombix - 22 mai 2011 à 16:53

Mais est-il possible de discuter un jour sans se faire systématiquement ecrasé par le poids des livres et des références ?

Les livres et les références ne m’écrasent pas. Ils m’aident à y comprendre quelque chose. Et je ne fais pas des citations pour écraser mon interlocuteur, mais pour nourrir le dialogue. S’il y a un intérêt à lire Freud, c’est parce qu’il parle de l’homme de tous les jours. On n’est pas obligé de boire ses paroles. On peut penser qu’il a sur l’agressivité humaine un avis qu’il n’est pas inutile de prendre en considération.

sans le poids que ce que je penserai est nourri uniquement de la naïveté que l’homme n’est dirigé que par l’amour, l’angélisme etc....

A chaque fois, j’ai pris garde de vous citer et de commenter. J’ai commenté des propos. Je peux toujours me tromper dans mon interprétation. Ou vos propos peuvent être incomplets. Ou on peut être en total désaccord parce que nous n’avons pas la même vision des choses. En tout cas, si on continue à parler, c’est qu’on n’a pas fait le tour du sujet. Je ne pense rien de particulier de vous, je ne fais pas de déduction sur ce que vous pensez ou non dans votre for intérieur. Vous exprimez des thèses. Je les discute. Vous discutez mes thèses. Je les défends.

On ne peut pas comparer le cas d’un viol dans une société qui certes n’est pas au beau fixe, mais bon, elle ne l’a jamais été et ne le sera jamais, mais elle est encore civilisée à ma connaissance, et le cas des viols en tant de guerre dans une société qui est en plein chaos, en pleine violence.

Et pourquoi pas ? Le centre de la conversation, c’était la pathologie mentale — ou non — du violeur. Et je disais simplement que Céline, ou Freud, quand ils parlaient de violence, ne parlaient pas de l’aspect pathologique du problème. C’est tout.

Quand Freud écrit, il ne s’adresse pas au commun des lecteurs, mais à ses confrères.

Absolument pas. Et le texte que j’ai cité le montre. Ceci dit, pour lire Freud, il faut faire quelques efforts. Comme pour lire tout auteur qui dit quelque chose d’intéressant et de consistant. Tout auteur qui fait oeuvre théorique. Et on a besoin de théorie. On a besoin de concepts. On a besoin d’outils intellectuels pour comprendre la réalité qui n’est jamais intelligible immédiatement.

En tous cas, si vous soutenez l’idée que tout homme peut agresser une femme parce que son premier désir serait l’agressivité,

C’est une hypothèse au moins à examiner. Mais je vous ferai remarquer que ce n’est pas l’hypothèse de Freud. L’hypothèse de Freud, c’est que tout homme qui n’est pas façonné par "l’oeuvre de la civilisation" est un potentiel agresseur. Ou que tout homme, placé dans des conditions telles que "l’oeuvre de la civilisation" est effacée ou perdue, est un potentiel agresseur. Tout ce qui est acquis peut-être perdu. Cela se constate chez des individus, et pour des sociétés entières. Le moment nazi en Allemagne en est un exemple historique. Qui corrobore a posteriori l’hypothèse freudienne.

on vit alors dans la peur continuelle. Ce n’est pas bon pour la santé, ni pour la société, la communauté.

Peut-être, mais ça ne change rien.

Je suis donc mariée, et je lui appartiens.

Curieuse conception du mariage ou de la vie en couple. Et puis pourquoi votre mari ou votre compagnon échapperait-il à la règle générale ? Pensez-vous si bien le connaître ? Pensez-vous que la femme morte avec ses enfants dans la région de Nantes savait qu’elle vivait avec un futur meurtrier ? Et quel meurtrier ! Je ne vois donc pas en quoi c’est une solution. Ceci étant, si vous voulez dire qu’une certaine ignorance de soi et des autres est nécessaire pour mener une vie sans inquiétude, cela ne me semble pas faux. J’ai une très belle pensée de Pascal en réserve sur le sujet, mais je la garderai pour moi, de peur de me faire accuser, une nouvelle fois, de vouloir écraser mon interlocuteur (interlocutrice) avec des "références", alors que je ne fais que partager quelques trésors de la crypte de mon disque dur.

la burqa me guette.

Il doit y avoir un chemin possible entre cette "si belle liberté" dont, un peu par provocation, je me plais à souligner les ombres, et la burqa. On a intérêt il me semble à réfléchir à la sortie possible de cette alternative. En tout cas, l’assimilation de la vie en couple à la burqa est une belle profession de foi libertaire ;-)


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