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Le roi est nu - bombix - 21 mai 2011 à 11:27

Je ne vois pas le rapport entre un homosexuel et un violeur.

Moi non plus. J’ai simplement voulu faire remarquer que la définition du normal et du pathologique évoluait dans le temps et dans les sociétés. Ce que vous admettez vous-même :

Fort heureusement, la France n’en est plus là à considérer l’homosexualité comme une maladie.

Qu’en conséquence, vouloir "soigner" ce qui apparaît comme une déviance dans une société à un moment donné de son histoire et de son évolution pose un problème, car on n’est pas dans l’identification d’un fait naturel, biologique, mais dans des évaluations culturelles qui renvoient à des systèmes de valeurs fluctuants. En revanche, une société, en élaborant des normes juridiques, dit ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, et d’abord pour préserver sa cohésion. C’est tout à fait normal. Il n’y a pas de sociétés sans interdits. C’est un fait établi par l’anthropologie. Il faut rappeler par ailleurs, comme l’a mis en évidence René Girard, que le traitement juridique de la violence est récent dans les sociétés humaines. La loi — et la mise en place d’institutions pour l’établir et la faire respecter — est une façon, pour une société, de se protéger de la violence. Elle n’est pas de tout temps, et en tout lieux.

Ce n’est ni une excuse pour le condamné, ça n’atténue en rien sa responsabilité

Il faut choisir. Soit le coupable est agi par des forces qui le dépassent, et dans ce cas, bien évidemment sa responsabilité est atténuée. Soit il conserve son libre arbitre, et alors on considère qu’il avait les ressources pour maîtriser ses pulsions. Orienter la violence sexuelle du côté du pathologique, donc du côté du soin, c’est d’une certaine façon nier la liberté des sujets qui y succombent. On y gagne en efficacité, peut-être. On y perd en liberté. Voilà pourquoi le danger totalitaire guette.

Violer, ça n’a rien à voir avec la liberté.

Vous avez une conception bien angélique de la liberté.

Il se passe certainement quelque chose dans le cerveau qui est exceptionnel.

Il faudrait démontrer que la violence est un fait d’origine biologique. Elle a un aspect biologique, voir les travaux de K. Lorentz. Mais elle a surtout des aspects sociaux, et bien sûr psychologiques. Et on ne doit pas évacuer la dimension morale et métaphysique du problème.

Alors, qu’est-ce qui est le plus totalitaire ? une société qui construit des prisons parce qu’elle refuse de considérer que le genre humain a sa dose de folie (pas douce) et ne voit ça que d’un point de vue de "mâton" ou une société qui développerait plus les HP plutôt que les prisons ?

Je pense qu’il n’y a pas à choisir entre les HP et les prisons. Une partie de la population carcérale nécessite des soins, c’est évident. Je mettais simplement en garde sur l’attitude qui consisterait à ramener toute violence et toute criminalité — en particulier celles liées à la sexualité — à un simple problème de pathologie, avec traitement possible adéquat. Ça me semble faible (encore que très tentant pour nous modernes, qui pensons régler tous nos problèmes par le moyen de la science) — parce que cela néglige tout ce que les sciences humaines, et avant elles, la littérature, nous ont appris de la complexité du comportement humain. Et dangereux politiquement. Au reste, la première des pathologies à traiter, c’est d’abord une pathologie sociale. Ce qui nous ramène sur le terrain politique encore une fois.


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