Quand on parle de radioactivité, nous avons souvent tendance à mélanger deux termes : contamination et irradiation.L’irradiation ou radiation s’exprime en Bq/m3. La contamination s’exprime en mSv ou mSv/h.
Voici par exemple les doses actuellement tolérées dans les différents secteurs contrôlés d’une centrale nucléaire française :
– zone bleue : de 0.0025 à 0.0075 mSv/h
– zone verte : de 0.0075 à 0.02 mSv/h
– zone jaune : de 0.02 à 2 mSv/h
– zone orange : de 2 à 100 mSv/h
– zone rouge : >100 mSv/h
Une petite dose de rayonnement s’accumulant durant des mois devient rapidement fatale. Un seuil de 1 mSv/h jugé critique mais tout à fait tolérable durant quelques heures correspond à une dose annuelle d’environ 9 Sv par individu, une dose qui dépasse largement le seuil de tolérance de nos tissus (source : Luxorion). A raison de 1000 mSv (par heure ? par an ?) dans la centrale nucléaire de Fukushima, l’espèrance de vie des techniciens est donc des plus réduites. Or, Tepco compte sur eux pour retourner au turbin après une hypothétique et délirante évacuation de l’eau contaminée par un sous-marin américain....(voir la presse de ce jour)
Selon le dernier communiqué de laCriirad, ce jour à 18h, concernant la population japonaise (la Criirad s’exprime, elle, en micronSieverts) :
"Les débits de dose sont multipliés par 10 à bien plus de 100 km de la centrale nucléaire, par 100
à quelques 60 ou 70 km de distance et quand l’on considère un périmètre d’une cinquantaine
de kilomètres certaines valeurs dépassent de 1 000 fois le niveau normal. Il s’agit là de zones où
les populations n’ont été ni évacuées, ni confinées. Et ces niveaux d’exposition ne
correspondent pas à des élévations ponctuelles des flux de rayonnements. Rappelons qu’une
valeur de 8 μSv/h (qui ne constitue pas un maximum) correspond à 64 μSv pour 8 h de
présence et à 1 152 μSv sur 18 jours, soit une valeur supérieure à la limite de dose maximale
admissible sur 1 an (1 mSv). Et si les gaz radioactifs ont pénétré, comme nous le pensons, à
l’intérieur des habitations, il faut calculer les doses d’exposition externe sur la base de 24 h/jour
(on arrive alors à plus de 3 mSv/an, soit 3 fois la limite de dose maximale admissible sur 1 an)"
PS : en France, le taux en mBq exprimé et communiqué par l’IRSN correspond à un résultat sur un échantillon d’analyse. C’est pourquoi c’est en milli.