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Ils y sont tous ! Ils complotent ? - 2 décembre 2010 à 10:53

On peut laisser le bonhomme à ses lubies. Il prend même son plaisir à mettre en avant "La prophétie de Jean de Jérusalem" – un texte qui est catalogué comme canular. La façon dont il en recommande la lecture laisse pantois : il reconnaît que cette prophétie soi-disant écrite vers l’an 1000 pourrait avoir été écrite à notre époque mais même dans ce cas, ça serait un texte avec une vision globale, une lucidité « dont peu de personnes sont capables aujourd’hui. » Là, c’est carrément nous prendre pour des demeurés : il suffit alors de prendre les évènements récents, de les transcrire en formules sentencieuses, genre Nostradamus, et hop ! on a produit un texte hyper-lucide ?... Lui aussi nous fait son syndrome think-tank en nous demandant de lire « cette prophétie en tant que "matière à penser" ». Oublions ce monsieur.

Revenons à nos moutons et au plaisant billet de Bernard J. sur les fréquentations des uns, des unes, des autres dans des clubs sélect. On est bien d’accord, Eulalie, comme vous l’écrivez :« je n’arrive pas à voir en quoi le constat avéré de l’existence du Siècle, de groupe Bidulberg, etc... serait une théorie idéologique de la maudite conspiration et qu’elle empêcherait la critique sociale voire la lutte anticapitaliste. » (sauf que certains, avec ce constat, échafaudent des théories parano : oublions-les).

Lorsque j’ai mentionné Le Lion’s, Le Rotary, ou le Club du Bois de Boulogne, c’était surtout pour dire qu’à tout niveau nos bons grands bourgeois aiment se rassurer sur l’existence de leur classe sociale et aiment tisser des liens qui peuvent servir. Nos VIP du basket à Bourges trouvent même qu’il leur faut encore plus de place dans le futur Palais des Sports pour leur réseau-cocooning. Il est évident que les petits services, les renvois d’ascenseurs, les carnets d’adresses constitués ne sont pas du même ordre dans les clubs de la bourgeoisie d’Alès et dans des groupes comme Le Siècle - ne serait-ce que par le CV des membres.

Sur le site de la revue Stratégies, on trouve quelques remarques sur les réunions du Siècle
Le pouvoir à la table du Siècle :

« Au cours du dîner, les conversations privées sont bannies. En revanche, avant et après le repas, chacun est libre de ses propos."C’est l’occasion en dix minutes de rencontrer des personnalités influentes dans tous les domaines", explique Michèle Cotta, première femme acceptée dans le cénacle, en 1983. De là à solliciter faveurs et autres renvois d’ascenseurs, il n’y a qu’un pas qu’elle refuse de franchir. "Le club n’assure aucun passe-droit. C’est juste plus facile de prendre rendez-vous avec un ministre ou un homme d’affaires", raconte-t-elle. Mais selon Emmanuel Ratier, auteur de Au coeur du pouvoir (Faits&Documents, 1996), seul livre publié sur le sujet :"Les plans de table sont pourtant savamment pensés." [...]
La révolution de palais provoquée par le transfert de Franz-Olivier Giesbert du Nouvel Observateur au Figaro en septembre 1988 se serait jouée lors d’un dîner du Siècle avec Philippe Villin, alors bras droit de Robert Hersant. L’entrée d’Édouard de Rothschild dans le capital de Libération se serait-elle aussi négociée entre la poire et le fromage avec Serge July ? "C’est possible", répond laconiquement Étienne Lacour, avant de souligner qu’un membre, même journaliste, ne rapporte jamais les propos tenus au sein du cénacle. La discrétion reste de mise dans les salons du pouvoir !
 »

Il est inapproprié d’appeler ça un think tank. Et c’est caricatural d’appeler ça un complot ou une machination. Mais voir ce petit monde grenouiller, se pousser du coude, comme le donne à lire l’article de Bernard J, c’est salutaire (comme rappeler aussi parfois les revenus de certains de nos élus). Elle semble bien loin l’époque ou Hubert Beuve-Méry (fondateur du quotidien Le Monde) écrivait : « Le journalisme, c’est le contact et la distance. ».


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