A l’attention du média : l’agitateur !
Bonjour ! Je ne suis pas un habitué du bla-bla sur le net, mais un militant plutôt dans la rue le plus souvent. Je tombe sur votre site via un lien lors de recherches sur un autre sujet et ce que je lis me consterne.
Aujourd’hui le calme semblant être revenu, je m’autorise donc à quelques réflexions, voire ébauche quelques pistes autogestionnaires !
Je ne peux cautionner le fond de la discussion sur la violence ajustée à la résistance rencontrée ce jour-là. Pourquoi ? Mais parce que la première violence faite, c’est de l’équipe municipale majoritaire qu’elle vient (c’est une équipe et donc chaque membre est responsable de la décision du maire, n’est-ce pas ?) : elle a donné l’ordre d’évacuer non pas à l’huissier (après déclaration du huis clos en premier), mais directement à la police d’état. Ils représentaient ce jour là tous les corps visibles sur la ville : BAC, commissaire, RG et flics en tenue ! Et au nombre d’une cinquantaine, du simple flic au cadre !
Pourquoi ne pas avoir utilisé la police municipale ce jour-là ? Peut être n’était-elle pas assez armée pour le combat -j’ai vu des grenades lacrymo plein les poches et sans oublier l’arme à feu à la ceinture, le bâton de combat, les gants alourdis au plomb …- A ce sujet le dessin de votre site ne représente pas la vérité même si cela se veut humoristique, les policiers municipaux étaient cantonnés aux filtrage des abords des portes sur l’extérieur.
Deux autres questions : que faisait cette garde prétorienne de presque 50 policiers ceinturant les abords de la mairie plus d’une heure avant l’ouverture du conseil ? Cela ne manifestait-il pas une intention ?
Que penser aussi de la caméra des renseignements généraux filmant les échanges entre manifestants en colère et policiers (un débordement verbal et c’est la garde à vue) ?
Mais il faut relativiser aussi ! Pour les élus d’une majorité (quelle qu’en soit l’obédience) de collectivité ou d’état, la première des violences, c’est la résistance du peuple face à ce qu’il suppose ou dénonce comme injuste. Or, c’est la violence du refus du droit à l’expression du peuple dans un hémicycle qui est à dénoncer ! C’est le système de représentation aussi qu’il faut revoir, le droit pour chacun d’intervenir dans un hémicycle, de se libérer de la captation du pouvoir de la parole par des professionnels de la politique ou en passe de le devenir !
Et pour ce qui est du calme retrouvé très relatif ?
Cette violence a cessé, entre autres, sur l’intervention d’un ex-élu de la liste "A gauche Bourges !" (dont le siège passe aux co-listiers au bout d’un an soit dit en passant) auprès du commissaire, pendant qu’un citoyen du fond de salle était évacué par-dessus les têtes des policiers de la main à la main. Effectivement l’agitation déjà chargée de slogans contre les retraites n’a été ensuite faite que de slogans très hostiles au maire ainsi qu’à la politique de gouvernement, voulant faire le lien (sans doute ) entre la politique de ce dernier et son effet sur la ville. La plèbe (comment l’appeler autrement à la façon dont on la traite ?) après s’être concertée, est sortie digne et résolue à ne pas se laisser molester de nouveau.
Un média sérieux et objectif, tout en étant politiquement pro-PS est-il possible ?
Ce qui me désole le plus dans ce que j’ai lu sur votre site, c’est l’ajustement des faits de violence par rapport à ce qui a été vu qui faisait le plus débat. Alors qu’à mon avis, c’est uniquement le refus de donner la parole suivi de l’ordre d’évacuation par une police d’état qui aurait dû être débattu. Je reproche donc à vos chroniqueurs un manque d’impartialité et de maturité politique, et à certains intervenants de ne vivre la politique que de derrière leurs écrans.
Votre média, pour qu’il soit pris au sérieux, se devrait d’être traversé par des débats plus sérieux, des analyses moins spontanées, avoir une véritable objectivité dans sa perception des faits ainsi que le recul que l’on pourrait en attendre dans sa gestion.
Soyez donc courageux, publiez !
Julien Jean-Luc