Le titre de cet article aurait mérité un point d’interrogation. En effet, au moment où j’écris ces lignes, rien n’est joué. Certes, le processus législatif est bien avancé concernant le réforme des retraites mais il reste à passer la commission mixte paritaire et certainement le conseil constitutionnel. Mais même une fois la commission mixte paritaire passée et la loi promulguée, rien n’interdira que le mouvement continu. Donc, affirmer, le 23 Octobre 2010 que Sarkozy a gagné est quand même prématuré. D’autant qu’il pourrait s’agir d’une victoire en trompe-l’oeil. Pour le moment, Sarkozy perd sur sa capacité à dialoguer : plus autiste que lui et son gouvernement, on ne fait pas. Il perd aussi sur sa capacité à fédérer : il passe son temps à diviser les français. Il perd également sur incapacité à proposer une réforme des retraites durable : dès 2018, il faudra sur le métier remettre l’ouvrage.
Ensuite, si victoire il y avait, elle pourrait bien être provisoire...à condition bien sûr, que les successeurs potentiels de Sarkozy et sa clique fassent une véritable réforme des retraites qui prenne en compte les revendications des manifestants de 2010. Et effectivement, ça, ce n’est pas gagné. Mais ce sera tout l’enjeu des campagnes présidentielle et législatives pour les candidats de gauche : proposer un projet sur les retraites crédible et fédérateur. Que Sarkozy impose sa pseudo-réforme ou que les manifestants obtiennent satisfaction, le débat sera forcément ouvert à cette occasion : il n’y a donc aucune raison d’être pessimiste mais toutes les raisons de rester combatif, quoiqu’il arrive.