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7 septembre : l’ambiguïté - Charles-Henry Sadien - 5 septembre 2010 à 22:35

Dans un journal local qui tente de couvrir l’actualité de Bourges et du Cher

J’avais bien noté la condescendance du Berry Républicain à propos du procès ripou - en rubrique "fais divers" (et après ça, le BR participe à des expo et des conférence sur la liberté de la presse et nous fait croire qu’il est issu de la résistance ! Bah, ça vieilli mal, visiblement) dont le journaliste du parquet expliquait que l’agitateur "tentait" de couvrir l’actualité de Bourges.

pour le reste, lorsque l’on fait part de ce qui est expliqué dans cet article aux organisateur professionnels de grève en essayant de leur expliquer que mimer la contestation sert sans doute leurs intérêts personnels mais pas l’intérêt des causes qu’ils font semblant de défendre... qu’ils faut qu’ils se sorte les doigts du derche, bah c’est le même niveau de condescendance que le BR : laissez faire les pros !

Bin on voit où ils nous mènent les pros à Bourges. Côté presse : disparition dans l’indifférence totale de la nouvelle république... et dans quelques années le BR suivra ou fusionnera avec un autre grand groupe, cela ne fait aucun doute. Côté politiques : 3 mandats Lepeltier ! Laissez faire les pros qu’on vous dit.

La manif contre la xénophobie à Bourges était hallucinante. Ils étaient contents, y’avait du monde. En plus, parait que y’avait beaucoup de profs. Et après, qu’est-ce qu’on fait ? "Bah, à 16h, t’a des tracs pour la manif du 7 à distribuer" ! MDR comme disent les d’jeunes. Bah, s’é pas, on pourrait pt’étre dézinguer toutes les caméras de surveillance par exemple non ? "mais ça va pas la tête ! c’est ILLEGAL !" Bon, ben, allons distribuer des tracts alors !

Vraiment, je remet le lien et le passage que j’ai mis dans un message précédent car tout ce que dit Xavier Renou est encore plus vrai dans notre pauvre ville de Bourges remplie de rien :

http://www.annuel-idees.fr/Une-idee-a-defendre-la.html

"Une partie de la population qui pour n’être peut-être pas majoritaire, n’en constitue pas moins une force capable de peser. Mais qui ne pèse pas. Pourtant, les victimes du néolibéralisme et les gens un peu éclairés continuent de défiler dans les rues, de mener des grèves d’une journée par catégorie professionnelle, de fréquenter les conférences où l’on s’indigne ensemble, en se tenant chaud, et n’oublient évidemment jamais de signer la pétition à la fin. Puis rentrent chez eux, en attendant la prochaine occasion de protester en choeur. Pour rien, bien souvent, mais qui ose se l’avouer ?

Parce que la contestation ne se conteste plus elle-même. Je veux dire qu’elle conteste l’ordre injuste des choses, mais assez peu ses propres méthodes. Elle soumet le monde à l’analyse, mais choisit de protéger de l’analyse ses modes d’action, dont l’efficacité est pourtant criante. Pour une part, cette absence d’auto-critique peut être mise au compte de responsables associatifs et syndicaux aux situations professionnelles confortables. C’est un processus classique, auquel il est difficile d’échapper : on proteste, puis on s’organise, et finalement certains conquièrent des positions, attachées à des rentes (symboliques ou matérielles) qui leur procurent de redoutables satisfactions : payés, travaillant dans des conditions de travail meilleures que la plupart des salariés, ils ont en prime un supplément d’âme, la considération de leurs concitoyens, et la reconnaissance des médias. Bref, ils ont réussi à se mettre à l’abri contre les maux qu’ils dénoncent par ailleurs, et tant mieux pour eux ! Seulement, du coup, ils regardent la possibilité de changer de méthode, de s’ouvrir à de nouvelles tactiques plus radicales comme présentant des risques incompatibles avec leurs sécurités professionnelles et personnelles. Les permanents du changement qui ne vient jamais n’aiment pas le changement quand il s’agit du leur, on peut le comprendre facilement.

Mimer la contestation d’un ordre sans jamais lui désobéir est devenu notre lot quotidien "


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