poster message en reponse
Nous sommes tous des Tsiganes - Pascale - 2 septembre 2010 à 23:39

Plutôt d’accord avec le contenu de cet article, notamment en ce qui concerne l’Europe et la responsabilité du PS. Je voudrais cependant apporter une objection.

Il ne me semble pas que la comparaison avec la France de Vichy soit "pertinente" : si on veut prendre des leçons de l’Histoire, c’est plutôt à ce qui s’est passé juste avant qu’il faudrait se référer. Nous sommes dans une situation qui ressemble malheureusement trop à la période de la fin de la troisième république, juste après le Front populaire... et avant la France de la collaboration pétainiste pro hitlérienne.

A ce moment, la France est sous le gouvernement Daladier : de mai à novembre 1938, les grands groupements patronaux (réunis dans le CGPF, l’ancêtre du MEDEF) applaudissent aux "décrets Daladier" et tout ce beau monde va la main dans la main : c’est ainsi qu’on assiste, dans un contexte de crise, à des régressions sociales (l’abolition de la semaine de 40 heures acquise sous le Front populaire par exemple et le retour aux 48 heures) en même temps qu’à "la chasse aux clandestins" avec des peines pour "délits relatifs aux conditions de séjour en France", des "expulsions" prononcées par les préfets, l’ouverture de camps que les réfugiés espagnols viendront en partie remplir...

Un exemple inquiétant de la montée en puissance du fascisme dans le cadre de notre belle Union européenne : en Hongrie, le 12 avril dernier, la population s’est détournée du P. Socialiste majoritaire pour se tourner vers le parti de droite. Celui-ci avait ouvert la voie à plus radical encore : le parti Jobbik, créé en 2003, ouvertement xénophobe et antisémite, faisant des juifs et des Roms les responsables de la misère hongroise (je rappelle que la Hongrie fait partie de l’U. E), parti auprès duquel notre FN fait figure, paraît-il, d’enfant de choeur, et qui a obtenu près de 17% à ces dernières élections d’avril.

C’est dans un contexte de crise économique et sociale dans laquelle les solutions radicales économiques et sociales semblent manquer, que le gouvernement, aidé par le patronat qui pousse à la roue pour faire passer les régressions que l’on sait (retraites, démantèlement du service public, travail du dimanche etc.), divise les gens entre eux (les salariés contre les chômeurs, les retraités contre les jeunes, les fonctionnaires contre les salariés du privé, les "étrangers" contre les Français ...).

C’est en effet tout cela qu’il faut inlassablement expliquer : la lutte contre la xénophobie est indissociable de la lutte contre ce capitalisme qui nous assomme, une lutte qui ne doit pas se contenter de compter seulement sur les élections de 2012.

Cela ne doit pas nous empêcher, ne serait ce que pour des raisons strictement humaines, de participer aux rassemblements du 4 septembre : en tout cas, j’y serai.


#29294



Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Qui êtes-vous ?