Michel Serres : « Nous sommes tous des Roms » « Invité à s’exprimer sur le traitement réservé par le gouvernement aux Roms et aux gens du voyage ces dernières semaines, Michel Serres a déclaré : « Nous-mêmes, ne sommes-nous pas aussi des Roms, d’une certaine façon ? Regardez comme nous nous déplaçons, comme nous bougeons, à quel point nous voyageons. Plus personne aujourd’hui n’est réellement fixé à la glèbe, comme le paysan autrefois. Nous sommes toujours en train d’errer quelque part ? J’avais une amie qui disait : ‘Mon adresse, c’est A2’… La position dans son avion. Elle se pensait elle-même comme un Rom d’une certaine manière. »
Jean-Louis Ernis : « La question qu’il faut se poser est de savoir pourquoi ces populations viennent en France. Cette interrogation est également valable pour les populations africaines, moyen-orientales entre autres.
Hélas, celle-ci a pourtant été occultée, y compris à La Rochelle ce week-end, où les débats de fond auraient dû avoir lieu.
La réponse est pourtant simple. Dans la majeure partie des cas, c’est la misère qui les fait fuir leur pays et tenter l’aventure en Europe occidentale, et particulièrement en France.
Or, si pour les africains et les moyen-orientaux la question est complexe, pour les roms, roumains ou bulgares, le sujet nous incombe directement puisque les pays d’origine de ces populations sont membres à part entière de l’Union Européenne.
Toutes ces belles âmes socialistes qui s’apitoient sur le sort de ces pauvres gens utilisent, à leur tour, cette actualité pour de basses causes politiciennes. Elles devraient faire un lien entre cette situation et leur soutien à la construction d’une Europe libérale qui génère aujourd’hui plus de 23 millions de chômeurs, 17 % de la population des 27 étant sous le seuil de pauvreté.
Ces socialistes, progressistes de pacotilles, devraient pouvoir expliquer pourquoi ils soutiennent les orientations libérales de l’Union Européenne, comme ce fut le cas hier avec feu le Traité Constitutionnel Européen et aujourd’hui avec le Traité de Lisbonne qui, au nom de la concurrence libre et non faussée, interdisent l’harmonie sociale pour les salariés des 27 pays membres.
Pourquoi ne sont-ils pas porteurs d’un projet européen de construction progressive, de conventions collectives s’appuyant sur le niveau le plus élevé existant ?
L’Europe vous protège disent-ils. De quoi, devrions-nous leur répondre ? Certainement pas de la paupérisation des classes populaires qui, statistiques à l’appui, montre une progression inquiétante y compris là où on nous explique que l’économie est florissante.
Dans ces conditions, il n’est malheureusement pas anormal que des populations errent et tentent l’aventure pour trouver une vie meilleure.
Ces questions seront réglées, le jour où les socialistes, français et européens, auront décidé de réassocier économie et social.
Hélas, cet objectif ne semble pas être pour demain, si l’on en croit leur attitude concernant la crise grecque. »