Se pourrait-il que les idéologies se nichent sournoisement dans la croyance en leur disparition ? Ou que avaliser cette idée d’un monde qui serait plus complexe, serait avaliser une de ces idéologies sournoisement tapies ?
Ouai, en effet, puisque quelque part, c’est aussi dire "Voilà comment est le monde !". C’est l’énonciation d’une vérité qui n’a pas à rougir dans son absolutisme face à ce que je "définis" comme des idéologies.
Affirmer qu’il n’y a pas de vérité absolu, c’est quelque part une forme de point Godwin : "Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien." - "Comment peux-tu savoir que tu ne sais pas si tu ne sais rien ?!?".
Ça serait quoi cette "complexité" ? et c’étaient quoi ces "réponses manichéennes habituelles" ?
Les réponses manichéennes sont toutes celles qui prétendent, en gros, qu’ils ont LA bonne solution et que les autres sont mauvaises, voir néfastes. "C’est nous les gentils et eux c’est les méchants" comme diraient Les Inconnus. "Habituelles" parcequ’à chaque grande question, chaque mouvance politique arrive avec sa réponse toute faite qui est forcément présenté comme absolue.
De quelle complexité je parle ? Si j’arrivai à la définir, je pourrai certainement vendre des e-books à la pelle…
Mais je vais essayer en reprenant l’exemple des retraites.
Que nous dis la droite ? En gros : pour assurer le paiement des cotisations sans faire fuir les entreprises, il faut travailler plus longtemps, c’est mathématique.
La gauche ? Qu’il est possible de maintenir la retraite à 60 ans en augmentant simplement les cotisations, et de préférence en tapant dans la caisse des riches et des entreprises.
Ces deux réponses sont, à mon sens, du pur foutage de gueule. A droite, on oubli purement et simplement que "travailler plus longtemps" ne va pas dans le sens de l’histoire. En effet, du travail, il y en a de moins en moins, et il y en aura de moins en moins (en tout cas pour les 50ans à venir). Les gains de productivité ont été gigantesques, même avec toutes les améliorations écolos on ne peut pas produire toujours plus et le secteur tertiaire, malgré le développement de l’aide à la personne, ne suffit pas à compenser. Comment travailler plus longtemps quand, déjà, le travail précaire ou le non-travail font la norme ?
Pour la gauche, en plus d’oublier, là aussi, que le travail n’a pas d’avenir, on refuse de voir que la classe moyenne ne peut supporter d’alourdissement fiscal, que les riches et les entreprises peuvent décider de se barrer pour d’autres lieux d’un claquement de doigts et que, de toute façon, payer plus maintenant ne résout le problème qu’à court terme. On fera quoi, dans dix ans, quand il y aura à nouveau un déficit à résorber et que le pouvoir d’achat continurat de n’augmenter que par le biais de la dette ?
« Travailler plus longtemps ! » et « Payez plus ! » sont des réponses manichéennes classiques. Les quelques questions que je viens de soulever, à mon humble niveau, sur le problème des retraites font état de la complexité dont je parle.
En bref, la droite et la gauche font de la pure démagogie sur ce dossier. Elles réduisent le problème à des questions de financement alors qu’il s’agit d’une crise structurelle profonde. On refuse de poser les questions de fonds, qui sont complexes, par peur, lâcheté ou logique électorale.
Pardonnez moi mais, au delà d’un problème de déficit intellectuel, c’est surtout un déficit de paire de couilles (ou d’ovaires) qui est à l’oeuvre.