Papagayo, je crois qu’il faut être conscient que "les gens" , ici, en France, ne sont pas révoltés.
« Tout homme né dans l’esclavage naît pour l’esclavage, rien n’est plus certain. Les esclaves perdent tout dans leurs fers, jusqu’au désir d’en sortir ; ils aiment leur servitude comme les compagnons d’Ulysse aimaient leur abrutissement. S’il y a donc des esclaves par nature, c’est parce qu’il y a eu des esclaves contre nature. La force a fait les premiers esclaves, leur lâcheté les a perpétués. » (Rousseau)
Il y a un texte intéressant d’Alain Badiou, paru récemment dans Le Monde : Le courage du présent. Le temps présent, dit Badiou, notre temps, est le temps de la désorientation. « En quoi la désorientation consiste-t-elle précisément ? Une de ses opérations importantes consiste en tout cas à rendre illisible la séquence antérieure, la séquence qui, quant à elle, était bel et bien orientée. Cette opération est caractéristique de toutes les périodes réactives, contre-révolutionnaires, comme celle que nous vivons depuis la fin des années 1970. » Et Badiou d’en appeler à une morale provisoire, comme Descartes à la fin du Discours de la méthode. « Nous avons besoin ... d’une morale provisoire pour temps désorienté ... Il importe de trouver un point réel sur lequel tenir coûte que coûte, un point "impossible", ininscriptible dans la loi de la situation. » « La vertu principale dont nous avons besoin est le courage. .. Le courage est la vertu qui se manifeste, sans égard pour les lois du monde, par l’endurance de l’impossible. »