Résumer le parcours de Novelli à une erreur de vingt ans, c’est un peu dur à avaler.
Moi aussi je pense que toute personne a le droit de faire des erreurs et des conneries ; en conséquence à chacun de se regarder dans la glace plutôt que sans cesse juger le voisin. J’ai lu dernièrement, que des candidats (en ile de France, me semble-t-il) faisaient une campagne puante en montrant du doigt un adversaire qui avait, dans sa jeunesse commis des actes délictueux ; dans ce cas de figure oui, il me semble dégueulasse de renvoyer ça continuellement à la gueule de la personne. d’autant plus quand la personne a, comme on dit, "payé sa dette à la société" pour en plus se consacrer à l’action publique (= oeuvrer pour le bien commun). J’ai lu aussi ce genre de campagne un peu nauséabonde dans le Berry Républicain à propos du passé d’Olivier Rivet.
Cependant, dans le cas qui nous intéresse, nous ne sommes pas du tout dans la même situation.
– D’abord, Il n’y a pas de rupture entre le passé et le présent de M. Novelli mais une évolution dans la forme visant à être plus efficace. Pour caricaturer un peu, on peut dire que Novelli, Madelin et tous ses amis se sont rendus compte qu’ils pouvaient plus facilement faire passer leur idées en intégrant un parti "fréquentable" qu’en jouant de la barre de fer. M. Novelli bénéficie toujours de ses réseaux d’extrême droite (dernier exemple en date : la commande d’un sondage lui étant favorable par un de ses amis de l’époque où ils faisaient partie du Front National). Il a parmi ses proches amis des nostalgiques du IIIè Reich, de l’Algérie Française etc, etc.
– Ensuite, M. Novelli n’a jamais regretté publiquement son passé. Il s’est contenté de le minimiser, de parler d’erreur de jeunesse, de dire qu’à cette époque, on était soit facho, soit coco (mes parents n’étaient ni l’un ni l’autre, et les vôtres ?). Dans ces conditions, difficile de faire table rase sur son passé et de se dire "c’est bon, tout le monde peut se perdre dans des conneries idéologiques de la même façon que n’importe qui peut se retrouver embrigadé dans une secte".
– Enfin, il y a cette fameuse affaire de l’IUMM, toujours en cours qui montre clairement les porosité entre la droite, l’extrême droite et le patronat. Il y a cette phrase très intéressante de Yannick Bedin qui vous a peut être échappée mais qui permet de comprendre pourquoi il faut se battre contre cette "volonté de ne pas savoir" et qui permet de dire que l’article de l’agitateur est un peu sévère à son égard (d’ailleurs, il est le seul à s’être exprimé sur le sujet) :
Ce qui doit nous interroger je pense, c’est le rôle des officines patronales qui ont pignon sur rue, et qui ont recyclé ces élites de l’ultradroite, à un moment où en France, dans les années 80, les luttes dans la métallurgie ou la sidérurgie faisaient rage.
Par ces mots, Yannick Bedin exprime le fait qu’il n’y a pas de rupture ; Il parle de "recyclage". Il dit que ce n’est pas son passé qui importe car il n’y a pas de passé, il n’y a le présent de M. Novelli qui a su, avec ses idées, avec ses amis d’extrême droite, se faire une place dans le pouvoir afin d’appliquer et mettre en oeuvre ses idées. Et le pouvoir sarkozyste lui a ouvert en grand les portes puisqu’il porte en lui les germes de l’extrême droite.