Des maires et des populations qui résistent au projet d’empoisonner durablement leur sol, voilà plutôt une bonne nouvelle pour notre département. C’est que nous sommes encore assez « riches » en France pour refuser les cadeaux empoisonnés ? Pour combien de temps encore ? Les espagnols, convertis aux sirènes du libéralisme et du capitalisme prédateur et dérégulé à outrance — que Sarkozy prônait pendant sa campagne électorale—, ont pris la crise de plein fouet : le résultat, c’est le chômage , la pauvreté, et la récession. Mais le résultat aussi, c’est une beaucoup plus grande fragilité pour se protéger quand on vient vous offrir sur un plateau les tas de merde produits par la société industrielle avancée contre monnaie sonnante et trébuchante.
Une dépêche AFP nous apprend que « onze villages espagnols se sont portés candidats pour accueillir le futur site de stockage de déchets nucléaires » « L’association Ecologistas en Acción a qualifié ce processus de sélection de "cirque" : la plupart des candidats sont des villages "pauvres, avec peu d’habitants et dont les maires se sont portés candidats sans connaître les inconvénients de l’ATC »
700 millions d’investissement promis, 300 emplois créés, comment résister ? Non seulement, ça résiste pas beaucoup, mais nous apprend Le Temps de « nombreuses candidatures ne répondent pas aux critères imposés : zones inondables, terrain en déclivité, risques sismiques, zones protégées, lieux déclarés d’« intérêt national » Bref le fric d’abord ; la sécurité environnementale, on s’en tape !
Et dire que le gouvernement du socialiste Zapatero avait promis de sortir du nucléaire ! « Ce dernier a déjà écorné son dogme en 2009 en décidant de prolonger de deux ans la vie d’une centrale. »
Tiens au fait, pour revenir vers chez nous, nos socialistes de la majorité départementale, qu’est-ce qu’ils en disent de cette affaire ? Vous en entendez souvent parler des boues d’Achères sur les blogs de Galut ou de Félix ? Ont-ils décidé d’adopter une « attitude responsable », c’est à dire de fermer les yeux et la bouche comme d’habitude quand une affaire d’importance commanderait qu’ils se jettent un peu à l’eau. Il me souvient que Rafesthain avait déclaré que si le Cher était impropre à l’implantation d’un TGV, il ne voyait pas pourquoi on devrait accepter les boues toxiques parisiennes dans nos labours.
Soupir du notable. Qui retombe vite dans le silence. Et guère suivi d’effets.