"Les maires musellent la culture : la censure municipale devient règle en France
La revue libre, 8 juillet 2026
https://revuelibre.fr/les-maires-musellent-la-culture-la-censure-municipale-devient-regle-en-france/
Un article (en accès libre) qui peut aider à comprendre pourquoi les maires, notamment celui de Vierzon,
peuvent déprogrammer avec autant de facilité ce que bon leur semble. Et pourquoi le recours à la justice par les compagnies, artistes, créateurs, est bourré d’embûches. Et pourquoi au final aussi, le risque est de s’habituer à des censures culturelles, artistiques diverses et variées qui deviennent quasiment une norme.
Extraits :
"Le déni du cadre légal
Le paradoxe principal réside dans l’ignorance feinte du droit en vigueur. L’article 431-1 du Code pénal sanctionne « le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté de création artistique ou de la liberté de la diffusion de la création artistique » d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Plus largement, les collectivités territoriales et leurs établissements publics doivent veiller au respect de la liberté de programmation artistique selon la loi LCAP de 2016.
Or, les responsables invoquent parfois l’ordre public, alors qu’en réalité la motivation sera plus prosaïque : la peur de déplaire, en particulier aux tenants d’un certain ordre moral. Les décisions se prennent souvent dans l’opacité, sans fondement juridique affiché, ce qui les rend à la fois difficiles à contester et délibérément invisibles.
[...]
Un système sans garde-fou efficace
Le véritable problème : la loi LCAP ne cadre pas les choix budgétaires, et ces deux aspects (programmation et choix dans l’allocation des subventions) sont en réalité centraux dans la création. Sans remettre en cause cette loi, certains élus peuvent vider la liberté de création de sa substance et faire une politique sans que cela pose de problème juridique. Les choix d’un élu sur la programmation d’un cinéma ou d’une salle de spectacle sont parfaitement discrétionnaires."
Les déprogrammations formelles peuvent être contestées juridiquement, mais l’asphyxie budgétaire ou le refus de subvention n’offre aucune prise légale. Cette architecture légale laisse donc le champ largement ouvert aux élus qui souhaitent exercer un contrôle idéologique sur la vie culturelle sans encourir de conséquences"