« Le Grenelle de l’environnement n’aura servi à rien »

lundi 19 mai 2008 à 17:39

« Le Grenelle de l’environnement n’aura servi à rien », c’est du moins ce qu’affirme Serge Lepeltier dans la Nouvelle République datée du 18 mai 2008 [1] .
Il fait référence naturellement à « l’oubli » de la ligne TGV Paris-Clermont via Bourges. [2]
Le petit roi de Bourges est donc en train de découvrir les manoeuvres de l’UMP pour faire croire à la mise en place de dispositifs de concertation citoyenne, alors qu’il ne s’agit que de préparer l’opinion à des mesures décidées à l’avance, au moyen d’évènements bidons.
Mieux vaut tard que jamais.
Et il est vrai qu’il ne se permettrait jamais ce genre de manipulation, à son échelle. Ce n’est pas not’ bon maire par exemple qui ferait faire des sondages bidons pour justifier des mesures sécuritaires réclamées par personne !
Quoi qu’il en soit, concernant le Grenelle de l’environnement et son bien fondé, on lui conseillera de tempérer l’ardeur de son jeune supporter Clément Bergère-Mestrinaro. Celui-ci, sur son blog, s’insurgeait contre« l’idéologie utra-gauche des organisations écologistes » qui avaient organisé un contre Grennelle de l’environnement. « On voit bien, s’emportait le bouillant jeune homme, à quel point ce mouvement de la décroissance et les mouvements écologistes extrêmistes qui lui sont associés ne sont rien moins que de la pure idéologie d’ultra-gauche puisqu’ils sont capables de s’élever et de manifester contre les propositions du gouvernement, qui n’ont pas encore eu lieu. Cela relève bien de la logique des extrêmes : se situer en dehors de la discussion et de la négociation, critiquer de l’exterieur ce à quoi on n’a pas voulu participer ... »
Au risque de contredire une si belle envolée (en remarquant au passage que les propositions devaient être faites au gouvernement, et non venir du gouvernement — petite confusion significative), force est de constater que cela ne relève pas d’une logique des extrêmes, mais de la logique tout court. Certaines organisations écologistes n’ont pas voulu participer à ce simulacre de consultation démocratique, étant admis les attendus de son organisation, et les finalités réelles poursuivies par le commanditaire. Le temps leur donne raison chaque jour davantage.

Serge Lepeltier acquiesse à retardement. Première salve contre la machine UMP, ou première manoeuvre pour se défausser d’avoir nourri lui-même la machine à illusions ?

[1NR du 18.05.2008 : TGV : pour Serge Lepeltier Bourges passe avant l’UMP

[2Pour être exact, il faut signaler que Lepeltier défend l’option Paris-Bourges-Lyon. Rien de rassurant, car l’existence de plusieurs projets concurrents (l’un ayant la préférence de certains élus, l’autre celui de la SNCF) semble avoir plus constitué un handicap qu’une aide dans la concrétisation du projet. On peut se demander par exemple si la présence de Hortefeux à Clermont-Ferrand n’a pas constitué un brouillage, dispersant les volontés politiques de la région Centre (dans le Cher, Pointereau défend l’option Clermont) alors qu’il aurait été plus efficace de défendre un seul projet viable.


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commentaires
« Le Grenelle de l’environnement n’aura servi à rien » - B. Javerliat - 21 mai 2008 à 17:30

dans le Cher, Pointereau défend l’option Clermont

Dans sa lettre n°37 datée de ce jour, le président de l’association TGV Grand Centre Auvergne ecrit :
« j’ai peine à comprendre que ceux qui se sont ralliés à la 25ème heure à notre projet soient maintenant les premiers à perdre leur sang-froid »
Ambiance, ambiance...


#12707
« Le Grenelle de l’environnement n’aura servi à rien » - bombix - 21 mai 2008 à  18:19

Rémy Pointereau fixe la prochaine échéance au 11 juin, date de la discussion de la loi au parlement. Il semble défendre essentiellement l’axe Paris-Clermont
« Comme nous l’avions prévu et annoncé il y a quelques mois, nous allons convoquer une Assemblée générale de l’association TGV Grand Centre Auvergne, qui se réunira le 11 juin prochain au Sénat pour faire le point sur l’avancement du dossier.
Ce rendez-vous sera bien évidemment très important dans le contexte de la discussion imminente du projet de loi relatif au Grenelle de l’environnement, et devrait être l’occasion de voir aboutir les nombreux efforts que nous avons déployés au cours des derniers mois en faveur d’un TGV desservant le Grand Centre et l’Auvergne.
 »
Le projet d’amendement rédigé par P. Bensac prévoit les deux lignes :
« la branche Ouest de la ligne Rhin-Rhône jusqu’à l’interconnexion avec la Ligne à Grande Vitesse existante Paris-Lyon, la ligne Paris Austerlitz-Orléans-Bourges-Nevers-Clermont Ferrand-Lyon ».

Question : cette stratégie est-elle la plus efficace ?

Pblèmes de coûts : 7 milliards d’euros (selon les déclarations de Sandrier). Qui va payer ? Quelle sera la part des collectivités locales, de l’Etat, de l’Union européenne ? Est-ce économiquement viable ? Fera-t-on appel à des opérateurs privés ? Sachant que les premières lignes TGV construites l’ont été en raison d’un forte demande d’une clientèle sise dans des métropoles régionales dynamiques, qu’en dépit de cela, elles ont été moins rentables que prévu — contribuant pour une large part à l’endettement de RFF qui doit en outre assurer la maintenance des lignes classiques en mauvais état — et que les prochaines ne peuvent être que moins rentables ? ...

Il n’apparait pas ni que les comptes publics soient dans une santé florissante, ni que le libéralisme affiché de la politique gouvernementale s’attache au développement des territoires contre une logique qui centre tout sur la rentabilité économique. Ce serait même l’inverse.

Pblème de concurrence avec des projets déjà engagés. Le gouvernement devait arbitrer les intérêts divergents de régions concurrentes. Car en bonne logique libérale, pourquoi exclure de la loi d’airain de la concurrence y compris des territoires de la République (pourtant une et indivisible) ? Il l’a fait. Qu’y aura-t-il de nouveau en Juin. De quelle manière s’y prendra-t-on pour déshabiller Toulouse pour réhabiller Clermont-Ferrand ? Et si l’on me dit que les deux options seront maintenues, je demande où on prendra les financements.

Pour toutes ces raisons, les argumentaires de Bensac pour sauver ce qui reste du projet TVG sur Bourges et le Cher, qui voit une faute de technocrate, ou celui de Pointereau, qui argue du temps nécessaire au traitement des dossiers et des négociations, ne me semblent pas convaincants. « Il y a le feu à Bourges », titrait un journal local. Quelques pompiers volontaires sont désignés pour pisser dessus. Ca ne me semble pas suffisant.

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