« Le Grenelle de l’environnement n’aura servi à rien », c’est du moins ce qu’affirme Serge Lepeltier dans la Nouvelle République datée du 18 mai 2008 [1] .
Il fait référence naturellement à « l’oubli » de la ligne TGV Paris-Clermont via Bourges. [2]
Le petit roi de Bourges est donc en train de découvrir les manoeuvres de l’UMP pour faire croire à la mise en place de dispositifs de concertation citoyenne, alors qu’il ne s’agit que de préparer l’opinion à des mesures décidées à l’avance, au moyen d’évènements bidons.
Mieux vaut tard que jamais.
Et il est vrai qu’il ne se permettrait jamais ce genre de manipulation, à son échelle. Ce n’est pas not’ bon maire par exemple qui ferait faire des sondages bidons pour justifier des mesures sécuritaires réclamées par personne !
Quoi qu’il en soit, concernant le Grenelle de l’environnement et son bien fondé, on lui conseillera de tempérer l’ardeur de son jeune supporter Clément Bergère-Mestrinaro. Celui-ci, sur son blog, s’insurgeait contre« l’idéologie utra-gauche des organisations écologistes » qui avaient organisé un contre Grennelle de l’environnement. « On voit bien, s’emportait le bouillant jeune homme, à quel point ce mouvement de la décroissance et les mouvements écologistes extrêmistes qui lui sont associés ne sont rien moins que de la pure idéologie d’ultra-gauche puisqu’ils sont capables de s’élever et de manifester contre les propositions du gouvernement, qui n’ont pas encore eu lieu. Cela relève bien de la logique des extrêmes : se situer en dehors de la discussion et de la négociation, critiquer de l’exterieur ce à quoi on n’a pas voulu participer ... »
Au risque de contredire une si belle envolée (en remarquant au passage que les propositions devaient être faites au gouvernement, et non venir du gouvernement — petite confusion significative), force est de constater que cela ne relève pas d’une logique des extrêmes, mais de la logique tout court. Certaines organisations écologistes n’ont pas voulu participer à ce simulacre de consultation démocratique, étant admis les attendus de son organisation, et les finalités réelles poursuivies par le commanditaire. Le temps leur donne raison chaque jour davantage.
Serge Lepeltier acquiesse à retardement. Première salve contre la machine UMP, ou première manoeuvre pour se défausser d’avoir nourri lui-même la machine à illusions ?
[1] NR du 18.05.2008 : TGV : pour Serge Lepeltier Bourges passe avant l’UMP
[2] Pour être exact, il faut signaler que Lepeltier défend l’option Paris-Bourges-Lyon. Rien de rassurant, car l’existence de plusieurs projets concurrents (l’un ayant la préférence de certains élus, l’autre celui de la SNCF) semble avoir plus constitué un handicap qu’une aide dans la concrétisation du projet. On peut se demander par exemple si la présence de Hortefeux à Clermont-Ferrand n’a pas constitué un brouillage, dispersant les volontés politiques de la région Centre (dans le Cher, Pointereau défend l’option Clermont) alors qu’il aurait été plus efficace de défendre un seul projet viable.