Mouvement lycéen

jeudi 1er mai 2008 à 22:46

À Bourges, et dans le Berry en général, l’actuel mouvement lycéen ne semble pas faire beaucoup de vagues. Endormis les jeunes berrichons ?
Rappelons que l’actuel mouvement lycéen trouve son origine dans le plan de suppressions de postes programmé pour la rentrée prochaine dans l’Education Nationale, soit près de 11.200 personnels en moins devant les élèves. Le ministre Xavier Darcos a beau assurer que le taux d’encadrement des élèves sera le même à la rentrée 2008 que l’année précédente, le doute gagne.
D’autant qu’il semble que les établissements situés dans les quartiers populaires soient plus particulièrement touchés par ces mesures. Ainsi, le Canard Enchaîné du 16 avril révélait que le lycée Blaise Cendrars à Sevran (Seine Saint-Denis) classé « en zone prévention violence » perd 10 postes, tandis que le prestigieux lycée Henri IV à Paris n’en perd que 2 ... ou que le lycée professionnel Alfred-Costes de Bobigny perd 10 enseignants sur 69, tandis que Saint-Louis-de-Gonzague dans le XVIème arrondissement de Paris n’en perd aucun !
Dans les comptes du ministre, et dans sa répartition, on semble faire une différence entre « les bons lycées », fréquentés par « la bonne clientèle » (celle qu’il ne faut pas décevoir) et les autres, et affecter les moyens en conséquence. Une façon pour le gouvernement Sarkozy d’accentuer la fracture sociale plutôt que de travailler à la réduire. De quels actes ont été suivis les beaux discours après les émeutes de novembre 2005 ?

Raison sans doute pour laquelle les jeunes des quartiers sont très présents dans les manifs.

En tous cas, Bourges ne semble pas, pour l’instant, concernée par ce phénomène.


Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Qui êtes-vous ?

commentaires
Mouvement lycéen - Livingstone - 3 mai 2008 à 19:38

Le mouvement lycéens comme tout autres mouvements n’a plus véritablement de sens depuis longtemps.
Il suffit de regarder les innombrables documentaires commémorent MAI 68 pour comprendre qu’un mouvement n’existe que si il est mené jusqu’au bout.
Et aujourd’hui qui est prêt à aller jusque là...plus personne. C’est facile de dire ça me direz vous mais la vérité est là.

Aujourd’hui Nous constatons, nous nous agitons....et tout le monde rentre à la Maison.
"on verra aux prochaines élections" dirons nous et après...?

Hors mis les barricades, Hors mis les Banlieues et peut être quelques grèves musclés,
personnes dans le Berry et en FRANCE ne se bat véritablement contre des faits qui objectent ses valeurs et la conscience collective.
La cause commune n’a plus de sens si l’homme reste immobile et individualiste.
On se bat à coups de symbolique actions sans effet ou au contraire entrainant une situation encore plus délicate (L’abstention aux élections , le passage de la flamme à Paris)
Défiler c’est beau, Agir c’est bien, REAGIR ce serait mieux mais avec un peu plus de bon sens .

Et le bon sens dans tout ça, j’en ai pas vue depuis 2002 et vous ?


#12409
Mouvement lycéen - 2 mai 2008 à 11:35

Ce n’est pas un mal qu’ils restent en classe plutot que de manifester, ils ne savent même plus écrire correctement : "ba ué on peu pas fére graive, on a pas reussi a fère une banderol san kon se fou 2 nou"


#12396
Mouvement lycéen - Mister K - 2 mai 2008 à  11:48

C’est beau comme du Bourges-Info... (misère des voix vulgaires)

#12397 | Répond au message #12396
Mouvement lycéen - bombix - 2 mai 2008 à  12:28

Ce qui est amusant (une façon de parler), c’est que le courageux anonyme qui nous envoie cette brève de comptoir ne se rend même pas compte de la contradiction qu’il formule implicitement. On ne peut pas à la fois déplorer une baisse de niveau supposée, et soutenir une politique de privation de moyens à l’EN. Sans moyens, on ne voit pas bien comment le dit niveau pourrait alors remonter — sauf à prétendre que l’école publique ne sert à rien ou presque, ce que certains ultra-libéraux ne sont pas loin de penser, même s’ils n’osent pas encore le formuler si abruptement. Mais, là encore, les idées ne sont pas en cohérence avec les actes, car dans les écoles qu’ils fréquentent, comme le précise le Canard, ils se gardent bien de supprimer des moyens...

Cette disparité de traitement des différents établissements (Selon que tu seras puissant ou misérable ... disait le fabuliste), ajoutée aux mesures progressives de disparition de la carte scolaire, est une attaque directe du principe républicain d’égalité de traitement des citoyens. Il y aura bientôt les établissements poubelles, et les autres. Où l’on voit bien que le sarkozysme, sous couvert de libéralisme, met en place petit à petit une dérégulation totale au profit d’une classe d’affairistes interlopes. L’état se désengage sur tous les terrains. La violence qui ne peut qu’en résulter justifie les moyens accrus de surveillance et de répression. Ainsi, la boucle est bouclée ... et on mobilisera le moralisme de service pour faire jaillir des larmes de crocodiles et une feinte indignation.

Les voix vulgaires sont d’autant plus misérables qu’elles relaient la vulgarité qui s’étale au plus haut niveau de l’Etat. La bonne bourgeoisie droitière s’émeut des mauvaises manières de notre cher Président : il n’a que le tort d’étaler au grand jour ce qui fait le ressort du système. Comme Le Lay, patron de TF1, se payant la tête de ses télespectateurs qu’il confond avec de la gélatine nerveuse manipulée par des publicitaires sans vergogne, Sarkozy affiche clairement d’où il vient et ou il va. Progrès du cynisme. Jusqu’à quand ?

#12398 | Répond au message #12397
Mouvement lycéen - pierre 18 - 2 mai 2008 à  14:50

Absolument d’accord avec votre analyse. Je voudrais ajouter un petit mot sur ce cynisme que vous évoquez. Ce que l’on a appelé le "bling-bling", c’est en fait cette gouvernance d’un président qui se fait le messager d’une droite ultralibérale "décomplexée". Le "bling-bling", c’est le cynisme revendiqué. Avant, on était riche mais on avait ses pudeurs, on glissait une pièce à la sortie de l’église dans la main de "ses" pauvres ( la solidarité, on ne connaissait pas , mais on se donnait bonne conscience avec la charité), et on étalait ses richesses entre soi, surtout, une fois le portail de la villa refermé. On ne se mélangeait pas. On se faisait discret sur son salaire, quand il était bien au-dessus de la moyenne. A présent, les riches en ont assez de jouer à faire semblant, c’est encore trop d’efforts pour eux, ils veulent que le veau d’or soit adoré sur les places publiques, au grand jour...Voilà de quels désirs notre "bling-bling" président s’est fait le porte-parole. En gros, le message, c’est "oui, on est riches et on vous emmerde ! Les autres, les pauvres, plutôt que de se plaindre tout le temps, ils n’ont qu’à s’enrichir, comme nous". Le "président du pouvoir d’achat" a des airs de Louis XVI lorsqu’en substance il nous dit "vous n’avez pas de pain, mangez donc de la brioche" !
Quant au désengagement de l’Etat, il correspond à une réelle idéologie, dont la mise en oeuvre est en route et a été planifiée. Rien de moins pragmatique que cette politique de droite. Il ne faut surtout pas les croire quand ils prétendent, surtout aujourd’hui, faire de la politique de façon pragmatique. Il n’y a pas plus idéologue qu’un ultralibéral, d’ailleurs...presque aussi forts que les staliniens d’antan, dans leur confiance aveugle et destructrice en des dogmes...aussi aveugles dans leur incapacité à voir que la réalité (catastrophique)leur échappe (il n’y a qu’à voir à l’échelle planétaire l’échec retentissant des politiques ultralibérales : crise financière majeure, émeutes de la faim sur la moitié de la planète...). Et c’est au nom de cette idéologie que l’on veut mener les prétendues "réformes" en France...Moi, je parlerai plus de "restauration" au sens du XIXème siècle que de "réformes". Il s’agit d’un grand retour en arrière. Retour sur des protections sociales, volonté de toucher au code du travail, de s’attaquer au statut d’agent de l’état, cadeaux fiscaux aux plus aisés...On veut dépouiller l’état, par idéologie, liquider les services publics, qui sont souvent la seule richesse de ceux qui n’en ont pas, on demande à l’école de la République de se serrer la ceinture, et qu’importe les effets sur le terrain, et tant pis si les premiers à en pâtir sont les établissements qui naguère étaient considérés comme des "zones d’éducation prioritaire" ( ce "label" a disparu, ainsi que les moyens financiers qui l’accompagnaient).
Voilà le triste état des lieux. Ce n’était déjà pas bien brillant, mais après un an de Sarkozysme, on a l’impression que l’on ne cesse de s’enfoncer...

#12399 | Répond au message #12398