Trop zélée la Préfète ? Après sa décision de maintenir la mesure d’expulsion prévue le 2 novembre 2005 de Madame Boudouani et ses deux filles, le comité de soutien à la famille Boudouani a transmis un fax le 28 octobre 2005 au Ministre de l’intérieur, M. Nicolas Sarkozy, en lui rappelant ses propos confirmés à l’Assemblée Nationale par M. Brice Hortefeux, Ministre délégués aux collectivités territoriales à l’Assemblée Nationale, selon lesquels : « les enfants scolarisés depuis plusieurs mois pourraient achever leur année scolaire… ». Or, la Préfète du Cher affirme n’avoir reçu aucune directive allant en ce sens. Le comité de soutien se déclare « surpris du fossé qui existe entre les déclarations ministérielles tant dans les médias que devant la représentation nationale, et l’application de ces directives sur le terrain. » et demande à Nicolas Sarkozy de bien vouloir intervenir auprès de la Préfète du Cher afin qu’elle respecte les engagements qu’il a pris.
Voir en ligne : Dossier sur l’affaire Boudouani
Sursis pour la famille Boudouani. Message du Collectif de défense de Bourges (01 novembre 2005.
"Rania BOUDOUANI, Manel et Imane, ses deux filles, peuvent rester en France jusqu’à la fin de l’année scolaire. Ainsi en a décidé la Préfète du Cher, appliquant ainsi les directives ministérielles sur les expulsions de familles sans papiers ayant des enfants scolarisés. Ces directives, rappelons le, ont été prises après les mobilisations à Bourges et dans toute la France, de la communauté scolaire, et des collectifs de soutien en faveur des élèves sans papiers. Le collectif de soutien aux sans papiers de Bourges, réunissant des organisations diverses et des personnes à titre individuel, s’est mobilisé sans relache pour obtenir cette décision, qui est intervenue seulement deux jours avant la date retenue par la préfecture pour le retour de Mme BOUDOUANI et de ses deux filles. Cette décision permettra à Manel et Imane de terminer leur année scolaire dans une certaine sérénité. Nous regrettons cependant l’expulsion du père, Ahmed, et la séparation forcée de la famille Boudouani, quelques jours avant cette décision. Notre objectif reste la régularisation de la famille Boudouani, et le retour d’Ahmed auprès des siens."
Le collectif de soutien aux sans papiers de Bourges.
Information transmise par Yannick Bedin, Conseiller Municipal de Bourges :
Pour protester contre la décision de la Préfète du Cher de renvoyer mercredi 2 novembre Mme BOUDOUANI, Imane et Manel, vous pouvez lui envoyer le message ci-dessous à l’adresse suivante :
PREFECTURE DU CHER
Place Marcel Plaisant - 18020 Bourges Cedex
Tél. 02.48.67.18.18 - Fax 02.48.70.41.41
Pour leur écrire par mail
http://www.cher.pref.gouv.fr/formulaire.php
"Mme la Préfète,
Je vous demande de respecter les engagements du gouvernement en permettant à Mme BOUDOUANI et à ses deux filles, Manel et Imane, de rester en France à Bourges, où ces dernières poursuivent leur scolarité.
Vous trouverez ci-dessous les propos de Brice HORTEFEUX, Ministre des collectivités territoriales, qui s’est engagé, au nom de Monsieur SARKOZY, Ministre de l’Intérieur, à ne pas expulser les familles en situation irrégulière dont les enfants sont scolarisés.
EXPULSION DES ENFANTS SANS PAPIERS SCOLARISÉS EN FRANCE
M. Frédéric Dutoit - Monsieur le Premier ministre, votre politique de reconduite massive aux frontières des immigrés sans papiers n’épargne personne, pas même les enfants ! J’ai parfois honte d’être Français (Exclamations sur les bancs du groupe UMP), honte de la traque d’enfants et d’adolescents scolarisés dans nos écoles. Heureusement, la société française refuse l’intolérance, comme en témoignent les dernières manifestations en banlieue parisienne, en Loire-Atlantique ou dans l’Yonne. Heureusement, les jeunes sont au rendez-vous de la solidarité et de la fraternité et nous donnent une formidable leçon. Ils sont cette France de la liberté et des droits de l’Homme, cette France réconciliée avec sa propre histoire, cette France solidaire de ces jeunes étrangers pourchassés, et qui se cachent pour apprendre. (Protestations sur les bancs du groupe UMP)
C’est trop. Mettez un terme à cette persécution. Face à la vague de protestations que vous avez déclenchée, vous semblez accepter de ne pas expulser d’élèves en cours d’année scolaire, mais ne s’agirait-il pas là d’un simple recul tactique ?
Prenez aujourd’hui l’engagement d’interdire les arrêtés de reconduite à la frontière qui touchent les enfants scolarisés en France et leurs parents, et de leur accorder des titres de séjour pour étudier et vivre normalement dans notre pays. Mettez à profit les vacances de la Toussaint pour scolariser à nouveau les enfants expulsés de leur école, de leur collège ou de leur lycée (Applaudissements sur les bancs du groupe des députés communistes et républicains).
M. Brice Hortefeux, ministre délégué aux collectivités territoriales - Je vous répondrai au nom de M. Sarkozy, qui assiste en ce moment aux obsèques de M. Colpart, gendarme grièvement blessé le 31 août dernier alors qu’il tentait de secourir une personne qui s’immolait, pour lui rendre l’hommage de la République, auquel je suis certain que vous vous associez.
La politique d’immigration, conduite par Nicolas Sarkozy, sous l’autorité de Dominique de Villepin, se veut à la fois ferme et juste. Nous devons faire preuve de fermeté à l’égard de ceux qui violent les règles et détournent les procédures, tout en préservant les victimes d’un phénomène qui les dépasse.
Les étrangers en situation irrégulière n’ont pas vocation à rester sur notre territoire (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP). C’est la loi qui le prévoit, et dans un régime républicain, la loi s’impose à tous. A ce titre, nous devons poursuivre les expulsions - 8 000 en 2002, 12 000 en 2003, 15 000 en 2004 et 22 000 à 23 000 en 2005 - tout en accordant une attention particulière aux situations humainement difficiles. C’est pour cette raison que Nicolas Sarkozy a décidé que les enfants scolarisés depuis plusieurs mois pourraient achever leur année scolaire, mais à la fin de cette période, les parents en situation irrégulière devront regagner leur pays d’origine avec leurs enfants.
Le Gouvernement est déterminé à appliquer cette politique réclamée par les Français (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP)."
Les propos ministériels sont très clairs. Ci-dessous, un extrait de la séance des questions au gouvernement à L’assemblée nationale du 26 octobre.
EXPULSION DES ENFANTS SANS PAPIERS SCOLARISÉS EN FRANCE
M. Frédéric Dutoit (Député PCF)- Monsieur le Premier ministre, votre politique de reconduite massive aux frontières des immigrés sans papiers n’épargne personne, pas même les enfants ! J’ai parfois honte d’être Français (Exclamations sur les bancs du groupe UMP), honte de la traque d’enfants et d’adolescents scolarisés dans nos écoles. Heureusement, la société française refuse l’intolérance, comme en témoignent les dernières manifestations en banlieue parisienne, en Loire-Atlantique ou dans l’Yonne. Heureusement, les jeunes sont au rendez-vous de la solidarité et de la fraternité et nous donnent une formidable leçon. Ils sont cette France de la liberté et des droits de l’Homme, cette France réconciliée avec sa propre histoire, cette France solidaire de ces jeunes étrangers pourchassés, et qui se cachent pour apprendre. (Protestations sur les bancs du groupe UMP)
C’est trop. Mettez un terme à cette persécution. Face à la vague de protestations que vous avez déclenchée, vous semblez accepter de ne pas expulser d’élèves en cours d’année scolaire, mais ne s’agirait-il pas là d’un simple recul tactique ?
Prenez aujourd’hui l’engagement d’interdire les arrêtés de reconduite à la frontière qui touchent les enfants scolarisés en France et leurs parents, et de leur accorder des titres de séjour pour étudier et vivre normalement dans notre pays. Mettez à profit les vacances de la Toussaint pour scolariser à nouveau les enfants expulsés de leur école, de leur collège ou de leur lycée (Applaudissements sur les bancs du groupe des députés communistes et républicains).
M. Brice Hortefeux, ministre délégué aux collectivités territoriales - Je vous répondrai au nom de M. Sarkozy, qui assiste en ce moment aux obsèques de M. Colpart, gendarme grièvement blessé le 31 août dernier alors qu’il tentait de secourir une personne qui s’immolait, pour lui rendre l’hommage de la République, auquel je suis certain que vous vous associez.
La politique d’immigration, conduite par Nicolas Sarkozy, sous l’autorité de Dominique de Villepin, se veut à la fois ferme et juste. Nous devons faire preuve de fermeté à l’égard de ceux qui violent les règles et détournent les procédures, tout en préservant les victimes d’un phénomène qui les dépasse.
Les étrangers en situation irrégulière n’ont pas vocation à rester sur notre territoire (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP). C’est la loi qui le prévoit, et dans un régime républicain, la loi s’impose à tous. A ce titre, nous devons poursuivre les expulsions - 8 000 en 2002, 12 000 en 2003, 15 000 en 2004 et 22 000 à 23 000 en 2005 - tout en accordant une attention particulière aux situations humainement difficiles. C’est pour cette raison que Nicolas Sarkozy a décidé que les enfants scolarisés depuis plusieurs mois pourraient achever leur année scolaire, mais à la fin de cette période, les parents en situation irrégulière devront regagner leur pays d’origine avec leurs enfants.
Le Gouvernement est déterminé à appliquer cette politique réclamée par les Français (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP)."