Jeudi 31 mars : grève interprofessionnelle et manifestations

dimanche 27 mars 2016 à 21:26

Pour le retrait du projet de loi travail [1], les quatre organisations syndicales CGT, FO, FSU et Solidaires appellent à une journée de grève interprofessionnelle et de manifestations le jeudi 31 mars.

BOURGES : 10 h 30 Place de la Nation
VIERZON : 10 h 30 Forum République
ST AMAND : 10 h 30 Place de la République
ST FLORENT : 10 h 30 Place de la République
LA GUERCHE : 10 h 30 Place du Général de Gaulle

Des syndicalistes de ces organisations habitués aux appels à la grève d’un jour sans avenir de la part des directions des centrales lancent un appel aux militants et structures syndicales afin de construire une offensive appropriée aux attaques du gouvernement contre les salarié-e-s après le 31 mars : http://onbloquetout.org/. Dans ce texte, on ne trouve pas une seule fois les mot "patrons", "patronat" "employeurs", "entreprises", ou "organisations patronales" ni "droit du travail" mais l’expression culturelle, sociologique "monde du travail". Absences lexicales pour le moins étonnantes dans cet appel syndical à visée combative. En même temps, cet appel n’est pas bon signe car il signifie qu’il faut manifestement que des syndicalistes appellent d’autres syndicalistes pour lutter contre le projet de loi : "Allô, salut camarade, après le 31 faut continuer et bloquer l’outil de production - OK, mais l’outil de production de qui ? - on sait pas, mais fais suivre - Ok copain, je n’y manquerai pas. Mais au fait à qui ? - ben aux autres camarades de ton secteur, parce qu’ils sont susceptibles de pas être au courant - OK. Et les salariés, on leur dit quand ? - le moment venu - OK."

Localement, la veille du 31, la CGT et la FSU participent à l’organisation d’une "rencontre départementale unitaire" avec notamment EELV, le PCF, le NPA, etc...pour le retrait de la loi autour d’échanges sur « on vaut mieux que ça », « quelle vision du travail et de la société », "on gagne le retrait ». Le temps qu’on débatte et qu’on trouve ça sent les vacances et un appel à l’action forte et unitaire le 1er mai.


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Jeudi 31 mars : grève interprofessionnelle et manifestations - epujsv - 1er avril 2016 à 11:54
Jeudi 31 mars : grève interprofessionnelle et manifestations - 1er avril 2016 à  20:12

Blablabla blabla blabla ...

Répondre à ce message #42642 | Répond au message #42641
Jeudi 31 mars : grève interprofessionnelle et manifestations : "Nuit debout" - epujsv - 3 avril 2016 à  11:49

En audio, "première assemblée libre" de Nuit debout (à Paris) : https://soundcloud.com/matjules/sets/premiere-assemblee-libre-nuit-debout-31mars-paris
Trouvée sur Convergence des luttes : http://www.convergence-des-luttes.org/

La loi travail n’y est donc plus le principal objet de contestation comme annoncé par l’initiative"Nuit debout".
Des personnes, certainement jeunes, s’y emportent à un moment contre le lien de subordination du salarié à l’employeur "on n’en veut pas !". Comme ils ne veulent pas de patrons. C’est vrai qu’on s’en passerait volontiers- à moins d’aimer ça. Mais si tout le monde est déboussolé comme ça à "Nuit debout", la subordination sans limite de la loi travail a de beaux jours devant elle.

Répondre à ce message #42646 | Répond au message #42642
Jeudi 31 mars : grève interprofessionnelle et manifestations : "Nuit debout" - epujsv - 3 avril 2016 à  12:32

De François Béranger : Blues parlé du syndicat (1978)

"J’ vais vous dire, les gars, ce qu’il faut faire
Pour faire augmenter vos salaires
D’abord parler avec les potes
Et faire une section syndicale
Tous solidaires, ce sera pas long
Pour faire la nique au patron

Moins d’heures de boulot
Meilleures conditions d’ travail
Les congés payés
Les gosses au bord d’ la mer

Ça semble simple mais ça l’est pas
Et je vais vous expliquer mieux qu’ ça
Pourquoi faut rejoindre le syndicat
Car si vous croyez qu’ le patron
Va de lui-même vous augmenter
Vous serez là au jugement dernier

On sera tous morts et enterrés
Au paradis, bien sûr
Et Saint Pierre sera un bon patron
Pardi

Vous savez bien qu’ vous êtes exploités
Mais le patron, il dit que non
Il force les cadences à t’en faire crever
Tu peux être viré mais t’ laisse pas faire
Faut tous signer une pétition
Et organiser un meeting

Discutez, donnez votre avis
Décidez, faites quelque chose

L’ patron futé comme un bison
Trouvera toujours le con d’ service
Qu’il enverra dans votre meeting
Pour moucharder et provoquer
Faudra tout d’ suite dire au débile
Que le jaune lui va pas au teint

"Arrête de faire la mouche
T’auras pas d’histoire"
Et le mec aveugle retrouvera la vue

Maintenant, vot’ section est créée
Vous tenez votre première réunion
Choisissez bien quelques copains
Pour composer votre bureau
L’ patron qu’est sourd quand un seul geint
Entend très bien le syndicat

Il est beau joueur, hein
Hé, il est tout seul
Allez, les gars
On va l’ trouver

Mettons qu’ vot’ boulot soit l’enfer
Avec un salaire de misère
Le patron se met à gueuler
"Feignant, pas de rallonge, enfoirés !" »
Mais regardant par la fenêtre
Il voit des milliers d’ gars unis

"Salaud, affameur
Négrier !"
Il bat sa femme
On peut le parier

Les gars, l’ plus dur y reste à faire
Tout sera bon pour vous foutre en l’air
La police, la garde nationale
C’est un crime une carte syndicale
Vos meetings seront perturbés
On matraquera tout ce qui bouge

"Sale bande de rouges
Anti-Américains
Espions japonais
Saboteurs de la défense nationale !"

Mais chez Ford, ce qu’ils ont compris
Et chez Renault, ce qu’ils ont compris
Et chez Lip, ce qu’ils ont compris
Et chez Rhodiaceta aussi
Au joint français, c’ qu’ils ont compris
Un peu partout, c’ qu’on a compris

Si on s’ laisse pas faire par les fachos
Si on s’ laisse pas faire par les provocateurs
Si on s’ laisse pas faire par les milices
Si on s’ laisse pas faire par les jaunes
Par les flics, par le gouvernement
Si on s’ laisse pas baiser par les patrons

Eh bien, les gars
On gagnera
Enfin, ce que je vous en dis…
Prenez-le comme vous voulez
Mais faites-le ! "

Bon. Cette chanson a du plomb dans l’aile, c’est certain, en ce qui concerne les syndicats. De quoi être déboussolé.

Répondre à ce message #42647 | Répond au message #42646
Jeudi 31 mars : grève interprofessionnelle et manifestations : "Nuit debout" - epujsv - 3 avril 2016 à  13:11

Pardon : de quoi être déboussoulé-e-s.

Répondre à ce message #42648 | Répond au message #42647
Nuit debout : média - epujsv - 4 avril 2016 à  12:23

Par ici, on peut plus se rendre compte de ce en quoi consiste "Nuit debout"( toujours à Paris) et tout particulièrement dans cette dernière vidéo (25mn environ) mise en ligne à ce jour : http://bambuser.com/v/6192460 où des intervenants expliquent l’organisation autogérée de l’occupation de la Place de la République. Le site "Convergence des Luttes" diffuse des vidéos sur une chaîne que l’on trouve dans la rubrique
"Nuit debout live" : http://www.convergence-des-luttes.org/. On peut aussi suivre en direct sur "Périscope Rémi Buisine" : https://www.periscope.tv/w/1jMKgMPymobJL

Bref, beaucoup d’yeux possibles braqués sur Nuit Debout qui veut incontestablement montrer les capacités de ce "quelque chose".

Répondre à ce message #42652 | Répond au message #42642
Jeudi 31 mars : grève interprofessionnelle et manifestations - epujsv - 1er avril 2016 à 10:03

"Communiqué de l’intersyndicale nationale
Communiqué commun CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL

jeudi 31 mars 2016

La puissante journée de grève et manifestations rassemblant plus d’un million de personnes dans 260 villes a démontré la détermination sans faille des étudiant-es, lycéen-nes, salarié-es, privé-es d’emploi et retraité-es à obtenir Ie retrait du projet de loi travail et à conquérir de nouveaux droits sociaux.

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL réaffirment que dans un contexte de hausse du chômage, d’explosion de la précarité et de la pauvreté, ce texte va organiser une régression généralisée des droits, créer un dumping social entre les entreprises d’un même territoire et d’une même branche et aggraver les inégalités entre les salarié-es.

Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, ce projet de loi travail ne créerait en aucun cas les emplois pérennes nécessaires à la relance et à l’investissement.
Le gouvernement doit entendre les milliers d’étudiant-es, de lycéen-nes, de salarié-es, de privé-es d’emploi et de retraité-es mobilisés massivement aujourd’hui dans la rue et dans les entreprises avec de nombreux appels à la grève. II doit entendre tous les citoyen-nes qui s’expriment, 70% de la population estime en effet, qu’il faut retirer le texte, qu’il n’est pas amendable, sa philosophie globale restant inchangée.

Les organisations syndicales signataires affirment une nouvelle fois que les pouvoirs publics doivent garantir le droit à manifester, à se réunir, à s’organiser, tout en assurant la sécurité des manifestant-es.

Elles confirment leur disponibilité pour rencontrer le gouvernement et faire des propositions de droits nouveaux en termes d’emploi, de salaires et pensions, de temps de travail, de protection sociale, de garanties collectives, de conditions de travail, de formation et de droits et libertés syndicales. Des propositions porteuses de progrès social et correspondant à la réalité du travail d’aujourd’hui et de demain.

D’ores et déjà, de nouvelles journées de mobilisation avec grèves et manifestations sont prévues et ce dès le 5 avril à l’initiative des organisations de jeunesse. Les salarié-es se mobiliseront sous diverses formes, notamment avec l’interpellation des parlementaires.

Le 9 avril, elles appellent à la réussite d’une nouvelle grande journée d’action de grèves et de manifestations.

Si le gouvernement ne répond pas, les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL resteront déterminées à poursuivre et amplifier la mobilisation pour obtenir Ie retrait du projet de loi travail et à conquérir de nouveaux droits sociaux y compris par les manifestations et la grève interprofessionnelle. Elles décident de se revoir le 6 avril.

Montreuil, le 31 mars 2016"


Jeudi 31 mars : la suite en minimum syndical - Cyrano - 2 avril 2016 à  10:23

« Le gouvernement doit entendre les milliers d’étudiant-es, de lycéen-nes, de salarié-es, de privé-es d’emploi et de retraité-es mobilisés... »
Une litanie de é-es – on a même un n-nes hardi.
Ça se prononce comment tout ça ? Le gouvernement doit entendre les milliers d’étudiant [marque une petite pause] esss, de lycéens [marquer une petite pause] nessssss ? neu ? [Y’aura à choisir] et caetera-rate.

Je croyais qu’en grammaire, la règle officielle disait que le genre masculin était choisi lorsque le pluriel désignait un melting-pot de genre masculin et féminin. Dommage que ce radicalisme féministe exacerbé et ridicule ne se retrouve pas dans les appels pour mettre à la poubelle cette saloperie de Loi Travail.

« D’ores et déjà, de nouvelles journées de mobilisation avec grèves et manifestations sont prévues et ce dès le 5 avril à l’initiative des organisations de jeunesse. Les salarié-es se mobiliseront sous diverses formes, notamment avec l’interpellation des parlementaires.
Le 9 avril, elles appellent à la réussite d’une nouvelle grande journée d’action de grèves et de manifestations
. »

« Les salarié-es se mobiliseront sous diverses formes, notamment avec l’interpellation des parlementaires. »
A bin ça, ça va faire mal, pour sûr, le gouvernement peut prendre son pantalon marron. Donc, le 5 avril, y’a rien de vraiment prévu, à part le flou des organisations de jeunesse ? On imagine des grèves de maçons ou d’éboueurs à l’appel des lycéens ? pardon des lycéens et ennes. L’expression, on va faire le minimum syndical trouve une belle illustration en live.
« Le 9 avril, elles appellent à la réussite d’une nouvelle grande journée d’action de grèves et de manifestations. »
Et ?... Ah, c’est tout : un voeu pieux pour la réussite. Le ton est si véhément que les salariés doivent avoir vraiment envie de se mettre en grève là, tout de suite, sans attendre. Bref, on va recommencer une énième promenade ridicule dans les rues. Espérons qu’on y sera encore plus nombreux, ça nous donnera au moins un peu de joie.

Répondre à ce message #42643 | Répond au message #42640
Jeudi 31 mars : la suite en minimum syndical - epujsv - 2 avril 2016 à  11:35

Tous les samedis de 11h30 à 13h30 surRadio Libertaire : Chroniques syndicales

" Depuis 1981, l’émission Chroniques syndicales diffuse les idées et pratiques issues de la lutte des classes et du syndicalisme révolutionnaire. L’équipe d’animateurs non professionnels est constituée de travailleurs de différents secteurs, syndicalistes de terrain, encartés ou non, pour une convergence des luttes de travailleurs.

Nos objectifs : la popularisation des luttes sociales et des pratiques d’auto-organisation qui s’y développent, la critique des dérives des confédérations et bureaucraties syndicales, l’actualité et l’analyse des luttes face au travail... Témoignages, informations et analyses y nourrissent les échanges, les solidarités et permettent une meilleure compréhension des mécanismes d’exploitation pour construire le rapport de force. "

Répondre à ce message #42644 | Répond au message #42643
Jeudi 31 mars : la suite en minimum syndical - epujsv - 2 avril 2016 à  15:00

Au lendemain du 31 mars, sur Radio Resonance, Thierry Boussier reçoit Rachid Bouadma, secrétaire départemental de la CFDT sur la loi El Khomri, pendant environ 20 mn. Il lui demande notamment si cette loi suscite des débats au sein de la Fédaration dans la mesure où par exemple des drapeaux CFDT étaient sortis le 9 mars alors que la Confédération n’appelait pas : "oui, un petit peu, c’est normal. Certains n’ont pas bien compris, il faut expliquer". Il lui demande plus tard quels sont les combats de la CFDT du Cher : " ah ben vous savez on est toujours un petit peu en combat... Enfin quand je dis combat, c’est un grand mot, on est plus dans la négociation". :-).

L’emission radio

Répondre à ce message #42645 | Répond au message #42644
Jeudi 31 mars : grève interprofessionnelle et manifestations - bombix - 31 mars 2016 à 20:43

Que dire après tant d’années éprouvantes ?