Une collecte d’argent au profit des grévistes est organisée demain mardi 26 octobre au marché du Val d’Auron à 10h30. Hier dimanche, une même opération au marché St Bonnet a permis de récolter 190 € qui seront reversés à la caisse de solidarité de l’intersyndicale du Cher.
C’est le Front de Gauche qui envoie cette brève ? Pourquoi ne pas le dire ?
Ceci dit, j’apprends qu’il y a des grèvistes à Bourges. On ne peut pas dire que ce soit particulièrement relayé.... Dans quels secteurs ? Juste des militants ou des travailleurs également ?
Alors, comme ça, maintenant les partis politiques collectent pour les caisses de solidarité ? Etonnant....
C’est certainement tout à fait désinteressé pour 2012 et les cantonales.
Oui c’est leFront de gauche qui a envoyé ce communiqué en précisant bien qu’il est l’organisateur de cette collecte.
C’est une tradition pour le PCF, ainsi que des municipalités communistes, que d’apporter son soutien financier aux grandes grèves. Il le fait depuis toujours.
Vous pouvez toujours verser directement à l’UL-CGT de Bourges qui a créé une caisse de solidarité. Ou aux adresses suivantes :
CGT Solidarité Luttes Retraite, CGT, 263 rue de Paris, 93516 Montreuil Cedex
Union Syndicale Solidaires, "Solidarité grévistes retraites", 144 Boulevard de la Villette, 75019 Paris
CGT Chimie (FNIC), 263 rue de Paris, Case 429, 93514 Montreuil Cedex.
Coordination CGT TOTAL, à l’attention de Christine KIPFER, Bureau A0102, 24 cours Michelet, La Défense 10 92069 PARIS LA DEFENSE CEDEX
SUD-Chimie, 6 rue Louis Blanc, 76100-ROUEN
Section CFDT, Raffinerie Total Feyzin, BP 6, 69551 Feyzin, ordre du chèque « Solidarité »
Intersyndicale CGT-CFDT Raffinerie de Grandpuits, 77720 Mormant Cedex (paiement possible en ligne sur le sitehttp://www.raffineriegrandpuits.fr/ )
Par ailleurs, nous distribuons aussi un appel à la manifestation de jeudi à 10h30 Place Séraucourt.
OK, merci pour votre réponse. Je ne savais pas que le PC faisait ça depuis toujours, ou disons qu’il continuait à le faire.
Quelque chose me chiffonne. Est-ce que ces grèvistes des raffineries dont je lis qu’il y a des sections syndicales CFDT sont en grève pour parvenir au modèle suédois des retraites ? ou est-ce que la base de la CFDT est contre toute forme de capitalisation des retraites ? Pourquoi adhèrent-ils à la CFDT, d’ailleurs ?
Bref, pourquoi l’intersyndicale continue avec la CFDT qui a posé les bases de la retraite par point (qui est une belle arnaque) dans le dernier vote au Sénat ? Au moins maintenant, c’est clair pour tout le monde, on sait ce que veut la CFDT (et le PS). Et pourtant, on nous brandit l’Intersyndicale comme un pacte sacré qu’il ne faudrait surtout pas remettre en cause. Alors, désolée, si "je" décide de me mettre en grève reconductible , je veux savoir pourquoi : pas seulement pour le retrait de la réforme Sarko, pas seulement pour exprimer que " Sarko, y’en a marre", pas pour favoriser des élections de la gauche, "je" veux des garanties de la part des syndicats et des partis qui soutiennent la grève sur leurs positions quant au système de retraite qu’ils veulent et chercheront à mettre en place pour les salariés et avec les salariés . Bref, ne pas "me" battre pour rien. N’est-ce pas la moindre des choses vis-à-vis des grèvistes en reconduction, non ? Ils se battent pour nous tous non ? Alors, les soutenir financièrement, bien sûr, mais pour quoi se battent-ils ??? pour quel système de retraite précisément ? est-ce que quelqu’un va pouvoir un jour ou l’autre répondre à cette question au CDR, à l’Intersyndicale de Bourges, et au Parti de Gauche, au NPA etc.... ????
Hé, hé ... très bonnes questions. Je suppose — mais je ne veux pas répondre à sa place — que Y. Bedin va vous renvoyer aux propositions du PCF, à savoir la retraite à 60 ans et retour aux 37,5 annuités.
Mais, car il y a un mais, le PCF dépend du PS concernant la possibilité qu’il a de conserver des élus dans les collectivités territoriales. Il peut bien avoir toutes les propositions radicales qu’on voudra (et cela vaut pour le PG), dans la mesure où son existence politique même est liée au bon vouloir de son allié PS, il finit toujours par voter avec ce dernier. Il y a là une pratique de double langage assez singulière.
Car la question en fait se résume bien à savoir ce que proposera la gauche de gouvernement si elle arrive au pouvoir en 2012. On peut le deviner à partir des propositions de Martine Aubry, ou de Daniel Cohn-Bendit. En gros, elle suivent la ligne proposée par la CFDT, et la branche réformiste de la CGT (Bernard Thibault). Les ennemis de mes ennemis sont-ils toujours mes amis ? Voilà une belle question politique. Il va sans dire que les événement d’octobre 2010 ont rassemblé un beau front anti-sarkozyste. Mais il y a anti-sarkozyste, et anti-sarkozyste.
Il y a bien des libéraux qui risquent de revoter PS, simplement parce qu’ils constatent que ce parti est beaucoup plus efficace que l’UMP pour mener les réformes libérales "dont le pays a besoin", pour parler la novlangue journalistique. J’écoutais ce petit crétin de Fogiel interviewer Dani Le Rouge (lol !). Il constatait : 500.000 fonctionnaires virés en Grande Bretagne, et pas l’ombre d’une manif en Angleterre. Et il s’inquiétait : la France est elle réformable ? (tremblements émus dans la voix). Mais oui, Marc-Olivier ! Sans vaseline (version Sarko-Lefebvre) ou avec (version Aubry-Thibault) ça va passer, LA réforme !
Enfin, je devrais demander " Pourquoi l’Intersyndicale continue avec la CFDT, l’Unsa, la CGC, CFTC ?"Certes, ça ferait beaucoup moins "Inter", j’en conviens. Mais avec ceux là, cette intersyndicale n’est pas de gauche, (j’ose encore espèrer que la FSU, la CGT et Solidaires ont une large base sur des positions communes à gauche toute sur les retraites), comme veut nous le faire croire, par exemple, le parti de Gauche, par l’intervention de Christian Piquet (Parti de Gauche) sur Bellacio qui dit carrément que ça n’a aucune importance les différentes positions des syndicats sur les retraites et qu’il faut maintenir à tout prix l’Unité, dans " 3 questions pour un mouvement gagnant".
Il aurait pu appeler ça aussi "Balayons les questions qui ne nous arrangent pas pour que chaque chapelle puisse gagner pour elle-même et non pour les salariés qui perdent".
Ah ! merci pour ce morceau de bravoure. Seulement, ce n’est pas de la pensée politique, c’est du chamanisme.
Avec des passages franchement surréalistes : « Même si les projets divergent, aucun parti progressiste ne peut, sauf à tourner ostensiblement le dos à ses mandants naturels, devenir la roue de secours des marchés, des élites libérales européennes ou du Fonds monétaire international. » Ben tiens, vont s’gêner ... Euh, Monsieur DSK, il bosse où ? Monsieur Rocard, ce vaillant retraité, il bosse pour qui et avec qui ? etc. etc.
D’ailleurs, nos "amis" socialistes réalistes comme il se doit, savent bien que la bataille politique est terminée. « La loi est la loi, le Parti socialiste est un parti légaliste, ce qui ne veut pas dire pour autant que la réforme des retraites ne sera pas l’objet de débats dans le cadre de la campagne électorale présidentielle », a précisé l’ancien ministre de la Justice (R. Badinter). Le calendrier du deuxième round politique étant désormais fixé à 2012. Un avis partagé par François Hollande qui sent la « colère » et la « rancune » du pays : « ce que nous avons à faire c’est de permettre que cette colère qui n’a pas pu trouver son résultat social, parlementaire, puisse trouver son résultat, sa traduction politique en 2012 » (Marianne)
En gros, voilà le PS à nouveau en charge d’un « devoir de victoire » ! Amis syndicalistes en grève reconductible, sachez donc à qui profitent vos sacrifices.
Eh bien je propose que, à Bourges, l’intersyndicale se débarrasse de ses éléments droitiers (CFDT, UNSA, CGC ...) et réformistes (CGT, FSU, Solidaires ...) et qu’on mette à la tête de cette nouvelle intersyndicale enfin lavée Eulalie et Bombix.
Je propose en outre qu’aux prochaines élections nationales, on vire le PS, le PCF, Le P.G, le NPA, L.O., (que sais-je encore, enfin tous ces éléments peu recommandables et qui n’entraînent plus personne d’autre que les moutons habituels dont je fais encore partie) et que Bombix et Eulalie, dont l’analyse politique m’impressionne au plus haut point, se présentent en binôme. Eux au moins savent ce qu’il convient de ne pas faire.
Et s’il n’en reste qu’un, ce sera eux ! Des purs !
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Désolée pour cette petite plaisanterie, je n’ai pas pu m’en empêcher.
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Mais chut ... maintenant, promis, je me tais sur l’agitateur.
Bonjour Pascale, en ce qui me concerne je ne prétends pas faire de l’analyse, mais juste un tout petit peu de comprendre comment "ça se passe". Marcher comme un lou ravi n’a jamais été trop mon truc.
Je suis juste salariée et je fais très attention à ce que racontent les syndicats et partis, oui. Je ne vois pas en quoi ce serait une attitude de puriste. Sinon, à part ça, je ne suis pas dutout pour le fait qu’il y ait une seule tête à la tête d’une organisation, quelle qu’elle soit, et les jambes et les mains en dessous.
Ceci dit, oui, je crois qu’il faut virer les syndicats droitiers de l’Inter, mais ils le font d’eux mêmes, pas la peine de se donner la peine. Et je crois qu’il ne faut pas attendre les échéances électorales pour continuer la "bataille des retraites" si on veut que ce soit une vraie bataille. Mais bien sûr, tout ça dépend de la volonté du salariat (chomeurs et retraités compris). Et la réforme de la Sécu "nous attend" également. On s’en prend plein la tronche, alors permettez-moi de croire encore dans le pouvoir du peuple autrement que dans les élections uniquement et les "petites feintes habituelle"s de la CFDT. Fera t-elle partie de l’Intersyndicale sur la "bataille contre la réforme de la Sécu" elle qui en 95 était déjà pour. Mais moi aussi je me tais, ce n’était qu’une réponse succinte. ;-)
Pascale :
Mais chut ... maintenant, promis, je me tais sur l’agitateur.
Eulalie :
Mais moi aussi je me tais, ce n’était qu’une réponse succincte. ;-)
Euh, question : pourquoi se taire sur l’Agitateur ou ailleurs ?
Une chose est sûre, l’Agitateur, c’est fait pour réfléchir et ne pas se taire justement...
Pas de problème. Je signifiais que je me taisais désormais sur ce sujet, pour ne pas polémiquer. Ce qui ne m’empêchera pas d’intervenir sur d’autres articles bien sûr.
Bombix et Eulalie, dont l’analyse politique m’impressionne au plus haut point
C’est bien de se foutre de la gueule des gens. Maintenant, faut apporter un peu des billes dans l’argumentaire, car le ricanement, c’est pas vraiment suffisant. Je soutiens, depuis le début de ce mouvement, qu’il y a un malentendu énorme entre les gens qui manifestent, et les gens qui les font manifester, dont votre organisation syndicale chère Pascale. J’ai dit, et je maintiens, que cette réforme était une régression sociale. J’ai dit, et je maintiens, qu’il fallait défiler avec pour seul mot d’ordre : « Pas une journée de plus, pas un euro de moins. »
Je suis en tous points l’analyse d’un socialiste, membre du CN du PS, Gérard Filoche. J’invite tous les lecteurs de l’Agitateur à écouter sa conférence. Je donne les liens plus bas.
Maintenant, où en est-on ? La première manche est jouée, et elle est perdue. On peut bien continuer à défiler, ça ne changera rien. J’ai beaucoup de respect pour les grévistes encore en grève reconductible, mais je pense qu’il s’agit d’un combat d’arrière garde. La partie se jouera maintenant en 2012. Et en 2012, on risque fort de perdre la seconde manche. Pourquoi ? Parce que les gens qui vont représenter la masse qui défile sont les mêmes que ceux qui parlent en leur nom sur les plateaux de télé aujourd’hui. Et que ces gens, fondamentalement, ne sont pas en désaccord, puisqu’ils posent le problème de la même façon que leurs adversaires ; ne sont pas en désaccord puisqu’ils ne pratiquent pas une stratégie de rupture qui consiste à déconstruire le pseudo-problème et à le poser autrement. Poser le vrai problème, et travailler à le résoudre, ce serait inventer une sortie du système, ce serait remettre en question la Forme Capital. Ca personne ne veut le faire. On dit et on soutient qu’il n’y a pas de porte de sortie du capitalisme. Et ce n’est pas parce que le soutien populaire manque ... il ne manque pas, il ne manque plus depuis 2005 s’il a jamais manqué, mais parce que cette prise de conscience des masses ne débouche pas sur l’émergence d’une organisation unitaire qui prenne suffisamment de poids pour entrer dans le jeu politique effectif, pour jouer sa carte et défendre les intérêts de ceux qu’elle réprésente. A noter d’ailleurs que cette sortie du capitalisme n’a pas à être imaginée sous la forme du Grand Soir, ou sous les couleurs de l’utopie. On peut très bien, comme Bernard Friot, la concevoir comme « une perception claire de la subversion déjà à l’œuvre dans une réalité analysée comme une contradiction au travail (*) »
Maintenant est-ce que je délire ou est-ce que je ne fais qu’écouter ce qu’on entend partout ? Mais sans en tirer les conséquences ? Voici quelques extraits d’une émission de télé, Mots croisés, du lundi 25 octobre. C’est moi qui invente ?
(FC : François Chérèque. BT : Bernard Thibault. LP : Laurence Parisot. CE : Christian Estrosi. Yves Calvi)
FC « Je rappelle, et c’est important, que l’intersyndicale n’a jamais appelé a des mouvements de grève reconductibles. »
FC (non démenti par BT) « Qui a dit, ici, qu’il ne fallait pas de réforme ? L’intersyndicale n’a jamais demandé le retrait de cette réforme. L’intersyndicale s’est battue depuis deux mois pour une réforme des retraites, une autre réforme des retraites […] Une réforme qui porte sur la durée de cotisation »
(BT) « Vous ne vouliez pas reconnaître qu’il y a dans notre pays des métiers pénibles. L’espérance de vie des ouvriers est de neuf ans en moyenne en bonne santé quand ils atteignent 60 ans. Lorsque l’on parle des âges de départ à la retraite, si l’on fait abstraction du rapport qu’ont les salariés à leur emploi, à leur condition de travail, à la pénibilité, à la situation de l’emploi des jeunes, on ne comprend pas le pays qui proteste contre cette réforme. »
« Vous avez raison de poser la question de la justice vis-à-vis de l’âge. La réforme telle qu’elle est faite, elle consiste à faire cotiser 44 ans aux ouvriers et 41 ans aux cadres. Ceux qui ont commencé à travailler à 16 ans, partiront avec 44 ans de cotisations »
CE : « Ceux qui ont commencé à côtiser à 18 ans prendront leur retraite à 60 ans à taux plein. »
FC : « Vous mentez ! »
Yves Calvi : Ce n’est pas possible que vous puissiez dire au ministre qui vient de dire ça : Vous mentez ! »
LP, confirmant FC : Sur ce point c’est vrai.
FC : « Les ouvriers, les prenez pas pour des andouilles ! »
plus loin dans l’émission, FC affinera le contenu des négociations qui n’ont pas eu lieu
— 1) sur la durée de cotisation, 41,5, 42 ans
— 2) sur la fameuse réforme de retraite systémique, « une réflexion sur une convergence de tous les systèmes avec des éléments de choix, et là on travaille sur la retraite à point, comptes notionnels c’est compliqué … »
— 3) sur ce qui doit être financé par la fiscalité, ce qui doit être financé par la retraite. Les retraites financent une partie de la politique familiale. Les mesures qui sont des bonifications pour partir plus tôt sont financées par les cotisations sociales. Il n’y a pas de raison qu’elle ne soit pas financées par la fiscalité, et en particulier par la fiscalité, en particulier par les hauts revenus.
Sur le point 1, comme le dit Filoche, on veut nous faire sauter à la perche, sans perche
« La réalité, c’est que la moyenne de travail réel des français, dans la vie réelle, pas sur TF1, pas dans les rapports, pas dans la bouche de Woerth ou Sarkozy, la moyenne est plutôt de 37 annuités, voir 36, 5 annuités (chiffres INSEE, 2008) Quand on vous dit qu’on va passer à 41,5 annuités, on veut vous faire sauter à la perche, sans perche. Le seul résultat, ce sera de faire baisser, parce que vous n’avez pas vos trimestres, votre pension. »
Sur le point 2, c’est un jalon posé pour l’abandon du système par répartition.
Sur le point 3, faut voir ... En particulier, sur la part prise par les hauts revenus dans cet effort justement.
Et pour terminer, je dirai ceci : je ne peux m’empêcher de penser que la nouvelle victoire de Sarkozy dans son entreprise de démantèlement systématique de la démocratie sociale créée en France après la guerre n’a pas peu à voir avec les difficultés présentes des organisations de gauche – partis et syndicats — à réfléchir, à parler, à élaborer des tactiques qui prenne en compte le capitalisme d’aujourd’hui et les moyens pour lutter contre lui.
Personne n’a parlé des chômeurs, ni des précaires, ni des exclus des cités, pendant ces quelques semaines d’agitation sociale. A Bourges, aucune réunion d’information et d’échanges n’a été organisée en six semaines, sinon les (rares) traditionnelles AG qui font fuir tout le monde tant leur rhétorique usée assomme.
Toute initiative individuelle qui n’est pas relayée par une action collective et organisée est de l’énergie perdue. Mais toute organisation censée être représentative qui néglige la parole de sa base est vouée à l’impuissance.
Bien sûr, les gens ont dit leur ras-le-bol de Sarkozy et du sarkozysme. Les Français aiment de temps à autre organiser quelque jacquerie. Puis ils finissent par rentrer dans le rang. « L’Anglais disait Chamfort, respecte la loi mais repousse l’autorité, alors que le Français se soumet à l’autorité mais méprise la loi. »
La loi est passée. Le mépris peut bien s’enkyster, la soumission demeure.
(*) "Qu’on l’examine sous l’angle du financement — la cotisation vieillesse — ou sous celui de la dépense — la pension comme salaire à vie —, la retraite est porteuse de changements révolutionnaires. Le terme n’a pas ici le sens métaphorique qu’affectionnent les publicitaires. A l’opposé de l’utopie, qui construit un système symétrique d’un réel lu de façon univoque et négative, le changement révolutionnaire repose sur une perception claire de la subversion déjà à l’œuvre dans une réalité analysée comme une contradiction au travail. Le débat sur les retraites offre l’occasion de travailler à la révolution en popularisant le remplacement de ces deux institutions décisives du capitalisme que sont le marché du travail et le droit de propriété lucrative par le « déjà-là » du salaire à vie et de la cotisation." (Bernard Friot, La retraite, un trésor impensé)
Conférence Filoche sur les retraites. Attention, il y a quatre parties.
Voilà, je m’en doutais, de cette réaction après mon petit message sommes toutes pas bien méchant. C’est pour ça que je ne veux pas polémiquer. J’ouvre l’Agitateur et paf, je tombe sur votre (longue - ce n’est pas un reproche ;-) -) page. Je suis parfois un peu moqueuse, mais c’est rarement agressif.
Je ne suis pas une pythie et je ne jurerai rien mais :
je ne pense pas qu’il s’agisse d’un combat d’arrière garde : je pense que nous sommes encore dans l’action. Que cette action peut s’amplifier après les vacances de Toussaint. Je dis ça parce que, comme beaucoup, je n’ai aucune envie d’attendre 2012. Je ne pense pas que ce soit fichu. Je pense également que s’il y avait plus de militants, les réunions, les informations, circuleraient mieux et plus vite. Certains donnent vraiment beaucoup de leur temps, de leur énergie, de leur conviction. S’il y avait plus de mains et de têtes dans les structures organisées, on gagnerait sans doute du temps. Mais le "tous pourris" concernant les orgas syndicales semble avoir encore de beaux jours devant lui et ça ne fait pas avancer les choses (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas critiquer, mais pas que). Voilà pourquoi j’ai répondu ainsi à Eulalie et vous.
Voilà voilà, je n’en dis pas plus.
Si, je signale (il me semble que vous n’en parlez pas) l’émission de Mermet ("Là bas si j’y suis") qui date de la dernière semaine de juin dernier et qui fait parler Friot : analyse limpide, solutions à discuter. On peut passer ça dans les entreprises, les établissements scolaires en direction de ceux qui travaillent et qui se posent encore des questions sur le bien fondé de cette lutte pour le retrait de la loi sur les retraites.
Sans rancune ;-)
J’ouvre l’Agitateur et paf, je tombe sur votre (longue - ce n’est pas un reproche ;-) -) page.
Et bien trop courte encore.
je ne veux pas polémiquer
Je n’aime pas beaucoup la polémique. En revanche j’aime bien la précision. Où avez vous lu "tous pourris" ? Que pensez-vous de la prestation Chérèque/Thibault ?
Pour le tous pourris, je veux quand même préciser qq chose. Je suis bien loin d’articuler une théorie du complot. Je pense que si on raisonne à l’intérieur du système, on en vient assez vite à partager les convictions et la stratégie de Chérèque, et bientôt de Thibault. Mais, si on rejette et ces convictions et cette stratégie, on doit penser vers un autre du système, on doit penser la remise en cause de la Forme Capital. J’aimerais bien qu’on se mette d’accord sur cette alternative. Ce que je leur reproche surtout aux grands chefs, c’est d’avoir un discours, et de procéder d’une logique qui contredit ce discours. Ce que je leur reproche, c’est une pratique de mauvaise foi. Facilitée par la profération exclusive de slogans et d’argumentaires courts. D’où la nécessité de développer un peu (point 1).
S’il y avait plus de mains et de têtes dans les structures organisées, on gagnerait sans doute du temps.
Affirmation gratuite. D’abord il faut se poser la question du pourquoi de la désaffection de ces organisations, ensuite "les têtes et les mains au service des organisations", oui, mais pour quel projet ? Qui en décide ? Concrètement, et pour le cas qui nous occupe, si les petites têtes et les petites mains bossent avec une idée, et les chefs avec une autre idée (ce que je pense avoir montré) je ne vois pas quel temps est gagné. Mais il y a quelque chose qui gagne : c’est le dégoût.
La confiance dans le Parti et dans ses bien-aimés chefs n’est pas dans ma tradition. Ce serait plutôt la défiance. Et ça ne va pas en s’arrangeant.
je ne pense pas qu’il s’agisse d’un combat d’arrière garde : je pense que nous sommes encore dans l’action. Que cette action peut s’amplifier après les vacances de Toussaint. Je dis ça parce que, comme beaucoup, je n’ai aucune envie d’attendre 2012.
On verra bien. Ce n’est pas vraiment notre envie qui décide des choses, mais une certaine logique des mouvements sociaux. Pour que l’actuel mouvement débouche maintenant sur quelque chose, il faudrait une secousse propre à déstabiliser Sarkozy qui le forcerait à remettre son mandat en jeu. Si vous voyez quelque chose de cet ordre à l’horizon, vous avez de bons yeux.
"Pour que l’actuel mouvement débouche maintenant sur quelque chose, il faudrait une secousse propre à déstabiliser Sarkozy qui le forcerait à remettre son mandat en jeu. Si vous voyez quelque chose de cet ordre à l’horizon, vous avez de bons yeux."
Je ne sais pas sur quoi l’actuel mouvement va déboucher, mais ce que j’ai vu à la télé ce soir au journal de France 3, me fait penser que quand même ça les emmerde ferme ces manifs et qu’ils craignent que ça ne s’essoufle pas de suite : juste après le reportage sur les manifs de ce jour, je vous jure qu’ils nous ont passé un enregistrement sonore dont ils n’emettent aucun doute que c’est la voix de Ben Laden ("a vi vi, c’est bien lui, on l’a reconnu, y’a pas photo, c’est Ben, c’est sa voix, c’est prouvé" et qui menace d’attaquer la France parce qu’elle interdit le port de la burka ou du voile, je ne sais plus. Bref,
ils nous ont deterré Ben Laden pour l’occasion !! C’est énorme ! :-)))
salut Bombix
je suis assez fan de tes analyses, mais juste une question : es tu dans une orga syndicale, un parti ? Je dis ça parce que justement tes analyses fines permettraient d’ouvrir les yeux a certains, a nous (et la je parle en tant qu"encarté") aider a rédiger, mettre en oeuvre ce programme...Parce que des analyse du capitalisme, son fonctionnement, je crois que beaucoup de militants ne l’on plus, ou bien ne l’on pas réactualisé.
et ce projet socialiste a construire, il a besoins de penseurs.
fraternellement
ce projet socialiste a construire, il a besoins de penseurs.
Ils existent. Mais je n’en fait pas partie (faut-il le préciser ? ;-) ) C’est un métier, qui demande une énorme masse de travail, et beaucoup de talent.
es tu dans une orga syndicale, un parti ?
Je ne suis pas (plus) "encarté". Je suis un simple citoyen qui essaie de comprendre ce qui lui arrive et ce qui arrive au monde qui l’entoure. C’est la position la moins insatisfaisante pour moi pour l’instant (ce qui signifie qu’elle n’est pas totalement satisfaisante), en attendant mieux.
des analyse du capitalisme, son fonctionnement, je crois que beaucoup de militants ne l’on plus, ou bien ne l’on pas réactualisé.
C’est le problème en effet, mais c’est aussi une chance. Ce qu’ils ont perdu en certitudes, ils l’ont gagné en liberté de penser. A eux d’en faire bon usage.
Fraternellement également,
Un entretien entre Luc Boltanski et Olivier Besancenot
"Le monde" n’est pas "la réalité" ; il faut se méfier des "experts" ; du danger de faire les philosophes rois ; du bon usage de Marx.
Bonne écoute,
5/5 Entretien Boltanski - Besancenot - Sur les intellectuels
envoyé par contretempsweb2. - L’info video en direct.
"Mais le "tous pourris" concernant les orgas syndicales semble avoir encore de beaux jours devant lui et ça ne fait pas avancer les choses (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas critiquer, mais pas que). Voilà pourquoi j’ai répondu ainsi à Eulalie et vous."
Je n’aime pas dutout qu’on m’accuse gratuitement de cultiver le "tous pourris" des syndicats. Dans aucun de mes posts je n’ai dit ça. Faites donc attention quand vous lisez un post. Excusez Pascale, mais là je monte le ton. A t-on le droit d’avoir de la défiance vis à vis de l’Intersyndicale ? Est-ce permis dans votre "pays" ? ou alors va t-on au goulag ?
Ca fait mal hein "goulag" ? ce n’était qu’une plaisanterie, ce n’était pas méchant.
"Maintenant, où en est-on ? La première manche est jouée, et elle est perdue. On peut bien continuer à défiler, ça ne changera rien. J’ai beaucoup de respect pour les grévistes encore en grève reconductible, mais je pense qu’il s’agit d’un combat d’arrière garde."
Que la première manche soit jouée et perdue, peut-être vous avez raison. J’en sais rien. On verra.
Mais je trouve que vos propos sur les grèvistes sont plutôt dégueulasses, malgré le respect que vous affirmez avoir pour eux : "combat d’arrière-garde" dites-vous.
Les grèvistes dont vous parlez sont des salariés - militants, syndiqués- ou non qui utilisent les moyens qu’ils ont pour combattre et comme ils peuvent. Ils continuent, oui, et pas seulement dans les manifs nationales. Ils bloquent les lieux de production. En quoi est-ce d’arrière garde que de continuer à dire non, que de continuer à ne pas accepter, que de continuer à désobéir à l’ordre établi par les moyens que les travailleurs ont pour le contester, c’est à dire la grève et le blocage des outils de productions, les manifs sur des lieux symboliques du capitalisme.
Ce n’est pas votre démarche. Vous préferez lire et rendre compte des intellectuels qui proposent des reflexions de sortie du capitalisme. C’est très bien. Mais ça ne vous donne aucun droit de taxer "de combat d’arrière-garde" des personnes qui vont jusqu’au bout parce qu’elles veulent dire non jusqu’au bout.
Je pense qu’ils se passeront de ce genre de respect qui est pour le moins condescendant. Votre respect des grèvistes ressemble à celui des politiciens, des syndicalistes bureaucrates qui disent les soutenir, mais qu’on ne voit jamais en grève, sur des actions qui bloquent l’économie, mais juste fanfaronner dans les manifs, les marchés etc...
Leur combat n’est pas d’arrière-garde, certainement pas. Ils sont juste minoritaires, peu à avoir le courage, l’envie de le faire. Si tous les salariés qui sont en manif faisaient de même, ce mouvement social n’aurait certainement pas la même portée que celui qu’il a actuellement. Et là, ça changerait la donne. Ca rappellerait aux socialistes ce qu’est aussi le socialisme et aux salariés ce qu’est leur pouvoir. Et peut-être là, on pourrait réellement appeler ça "la bataille contre la réforme des retraites" et on la gagnerait, avec au moins cette assurance qu’ils ne toucheraient pas au système par répartition. Pour les améliorations on pourrait voir après la bataille gagnée par la lutte des salariés qui n’est pas sans risque de violence, d’agressivité, d’attaque de la part de la police, des chefs de boulot, du patronat, du gouvernement, de politiciens de tous niveaux, d’autres salariés, et j’en oublie. La bataille c’est le risque. Ce n’est pas simple, c’est dur à mener. C’est pour ça qu’il y a peu de postulants chez les salariés + bien sûr la perte de salaire par la grève, et pour certains, beaucoup (?) la peur de perdre leur boulot. Et là, on touche au point faible de la bataille possible des salariés (+ la faiblesse des syndicats).
Mais en aucun cas ça ne fait des grèvistes qui continuent des "arrières-gardistes". Ce sont des obstinés.
Mauvais procès. Je n’ai pas parlé de personnes d’arrière garde, j’ai parlé de combats d’arrière garde. Parce que je ne vois pas comment ça pourrait porter ses fruits, étant données les circonstances, c’est tout.
En quoi est-ce d’arrière garde que de continuer à dire non, que de continuer à ne pas accepter, que de continuer à désobéir à l’ordre établi par les moyens que les travailleurs ont pour le contester, c’est à dire la grève et le blocage des outils de productions, les manifs sur des lieux symboliques du capitalisme.
Ils bloquent les lieux de production.
Combien ? Combien de temps ? Avec quels objectifs précis ?
Ce sont des obstinés.
Oui, sans doute. Et alors, ensuite ? Pour cette raison, il faut se mettre au garde à vous, ou chanter des cantiques ?
Vous m’affublez d’une position surplombante que je ne prends pas du tout. J’émets un avis, qui détermine mon propre engagement pour le moment dans cette affaire. Après c’est à chacun de prendre ses responsabilités.
Mais je trouve que vos propos sur les grèvistes sont plutôt dégueulasses, malgré le respect que vous affirmez avoir pour eux
Ca vous regarde, c’est votre problème, pas le mien. Avec de l’indignation et du trémolo dans la voix, ça peut passer pour une attitude très digne. C’est tout bénéfice pour vous.
Je ne cherche aucun bénéfice pour moi. Je dis juste que vous affirmez que la grève c’est d’arrière-garde, que les grèvistes mènent un combat d’arrière-garde.
Si je dis que ce sont des obstinés, ce n’est certainement pas pour que qui que ce soit "se mette au garde à vous, ou chante des cantiques". Ca aussi c’est dégueulasse de répondre ça. C’est facile, tellement facile.
Ce qui est regrettable, entre autre, dans cette "bataille contre la réforme des retraites" c’est que les grèvistes (pas seulement d’un jour de ci, de là, pour aller seulement défiler) passent pour des marginaux. Ce qui revient à dire que la grève, le blocage, le sabotage est un moyen marginal, passéiste, pour lutter contre les regressions sociales faites aux travailleurs. Nous vivons une époque formidable de pensée bourgeoise. Que l’on ne s’étonne pas, alors,de perdre.
Je n’ai pas encore lu ce que vous avez mis en dessous (Chérèque/Thibault), mais au fond, ce qu’ils peuvent dire, on s’en fout. On sait bien qu’ils ne sont pas pour l’autogestion des luttes, qu’ils ne sont pas pour que les salariés décident d’eux- mêmes de mettre en arrêt leur outil de production jusqu’à obtention du retrait de la loi instaurant la retraite par capitalisation. Dommage.
Pour ma part, j’ai la conviction que seule la grève est l’arme des salariés à la hauteur des attaques, des violences lancées par le patronat, le capitalisme contre les travailleurs. Il n’y avait aucune "indignation" dans mon post et des "trémolos dans la voix". Chercher à ridiculiser les grèvistes qui sont en train de se battre pour vous aussi, qui se sont affranchis des ordres et orientations de directions syndicales, ceux qui pensent encore que la grève, l’occupation, le blocage, les AG interprofessionnelles, etc.... bref, nos droits de salariés qui sont au même titre que le système par répartition une révolution (comme l’explique Friot que vous avez cité) et non une utopie, est un "argument" à mon sens qui ne tient pas la route un seul instant. Mais ça doit être assez confortable, j’imagine, que de se placer du côté de la pensée unique.
Je ne cherche aucun bénéfice pour moi. Je dis juste que vous affirmez que la grève c’est d’arrière-garde
Non. Bordel de merde. Lisez ce que j’écris. J’étais en grève reconductible jusqu’à la semaine dernière. Je n’ai aucune leçon à recevoir de vous.
Chercher à ridiculiser les grèvistes
En l’occurrence, ce serait plutôt vous qui êtes ridicule.
"En l’occurrence, ce serait plutôt vous qui êtes ridicule."
Oui, l’Education Nationale est en vacances en ce moment. Oui, les syndicats majoritaires de l’Education nationale ont depuis belle lurette déserté la défense collective des employés, ouvriers, techniciens, précaires et les appelle juste à faire grève et manifester les "grands jours". Oui, ils les ont affaibli, oui ils les ont maintenus au raz des paquerettes de la contestation et donc de leur transformation sociale, évolution sociale (salaires-retraites). Ils ont mené cette catégorie sociale, cette classe sociale à un rapport de force nul vis à vis de leur "patron", qui est donc l’Etat. Oui, au même titre qu’un ouvrier, employé, technicien du privé, je réfléchis à 2 fois à me mettre en grève reconductible et rejoindre les "troupes" dites radicales par la pensée unique qui veut faire croire que la reconduction, le sabotage sont des moyens radicaux. Or, ce sont les moyens de base de lutte de tout salarié. Je réfléchis à 2 fois parce que je me demande où sont les petits bourgeois, les bourgeois, dans cette "bataille". Irai-je avec le salaire ridicule que j’ai alors que les petits-bourgeois et bourgeois en voie de prolétarisation (je sais, c’est vexant), n’y vont pas.
Ceux qui bloquent en ce moment, ce sont les petits salaires, les petits salariés, les ouvriers dans le privé. J’ai quelques affiliations avec eux même si je ne prétends pas tout connaître de leurs métiers ouvriers (mon métier est un peu moins ouvrier qu’eux, je suis employée) mais je sais ce qu’est avoir le salaire qu’on a et aller se battre quitte à vivre un temps dans la difficulté financière, le dé-confort de consommation, et à se prendre les sanctions des chefs du boulot. Je ne "sais" pas par contre, ce qu’est vivre dans la peur d’être licencié ne serait-ce que pour un seul jour de grève. C’est pourquoi je ne suis pas dutout pour que ces salariés là se mettent en grève reconductible dans des entreprises où le syndicalisme est absent et où en cas de présence, les syndicats pourraient les protéger des abus, des actes illégaux des patrons envers les salariés.
Bref, j’ai attendu de voir ce que fait la classe moyenne encore protégée par le respect des droits des salariés dans certains secteurs professionnels, dans "cette bataille". Pour sa grande majorité, elle n’y est pas, sauf dans les défilés.
Vous avez été en grève reconductible. Vous avez constaté que vos semblables ont des crédits sur dos et que "pffff, alors, ah non, moi je peux pas faire grève, et merde putain, y’a pu d’essence, comment je vais partir en vacances moi ??? "
Vous savez Bombix, vous auriez dû être manager ou DRH de gôche, ce qui revient au même : vous excelleriez dans le rabaissement, l’humiliation de celui, celle qui conteste votre pensée ô combien géniale et votre ô infinie culture. Faites vous de même avec la classe dominante ?
Faites vous de même avec la classe dominante ?
Bien sûr que non, je travaille pour elle ! Mais zut, vous m’avez démasqué. Avec douceur et tact. Pas en humiliant, pas en rabaissant, pas en insultant. Vous êtes trop forte. Je m’incline.
Vous continuez, vous en rajoutez : je ne vous ai pas insulté.
Vous m’infantilisez " vous m’avez démasqué.... vous êtes trop forte"
N’inversez pas les "rôles" Bombix.
J’arrête.
je ne vous ai pas insulté.
"Petit bourgeois", "manager" et "DRH de gôche", ce sont pt être des compliments dans votre bouche ? Je vous ai parlé comme ça, moi ? Vous m’agressez, mais bien sûr vous ne supportez pas l’ironie.
Je m’arrête là également.
Ce qui se passe dans ce forum est un reflet assez proche de la réalité d’une AG détenue par les "connaisseurs". Et ça, oui, ça fait "peur" aux salariés qui pourquoi pas souhaiteraient s’investir plus dans ce mouvement, en être acteur, être grèviste. Mais très vite, ils passent pour des cons car ils sont pré-supposés d’avance avec un cerveau vide de regards, d’expériences, de connaissances sociales, politiques, de capacités d’agir et de s’organiser. Le Monsieur Boltanski a tout compris : un parti, une orga, prof, c’est la cata. Ca finit par un entre soi. En tous cas, à Bourges, c’est comme ça.
En me baladant sur Internet j’ai vu des collectifs dans certaines villes qui se sont constitués à partir de non syndiqués, de syndiqués, de militants de divers organisations syndicales, politiques, associatives. J’imagine qu’ils s’engueulent parfois. Mais n’empêche qu’ils agissent, sont en grèves reconductibles, et ont tous bien en tête le retrait de la loi.
A Bourges, il y a un sacré problème et je ne suis pas en mesure de le comprendre. Je ne crois pas que ce soit "comme partout". Non, pas possible que ce soit si désastreux partout.
la réalité d’un forum n’est pas forcement celle de la vie "réelle", Eulalie. Je ne pense pas qu’ici si il y avait eu création d’un collectif les "non organisé" et les "non connaisseur" auraient été pris pour des idiots. Que certain prennent le "pouvoir" au sein d’un collectif quel qu’il soit est la vérité a accepter et surtout a combattre.
le cdr18 est a la base un regroupement d’orga, celui ci n’a pas pu, su l’ouvrir au non organisé. les non organisé n’ont pas voulus, pus se regrouper. Dur constat mais nuancé par rapport aux événements présents, les cassandres ont pronostiqué une apathie générale, non au contraire, tous ces manifestants, grévistes "lambdas" ont relevé la tete, se sont pris en main, seuls ou avec les orgas
les graines sont la, même a bourges.
j’ai oublié : c’est thomas r qui vous répond, oups.
"Que certain prennent le "pouvoir" au sein d’un collectif quel qu’il soit est la vérité a accepter et surtout a combattre."
Oui, mais quand on n’est pas foutu comme ça, on finit par compter les points. C’est barbant, et on se demande ce qu’on est venu foutre là, on a l’impression de perdre son temps et juste d’assister à des combats de pouvoirs orientés différemment dont il est très difficile d’ailleurs de comprendre le fond.
Là, faut être un fin connaisseur pour saisir la portée du truc. Mais au départ on était pas venu pour ça. Bref, ce sont des querelles de chapelles.
Vous dites qu’il y a des graines à Bourges, je vous crois. Vous en savez plus que moi sur ce qui s’est passé sur Bourges. Je ne sais pas grand chose, juste ce que j’ai lu dans le Berry, et bien sûr les défilés importants. Et une petite action qui a bloqué un peu le capital (toute proportion gardée) à laquelle j’ai pu participer, et où c’est là que j’ai constaté que ce n’était que des petits salariés qui la faisaient. C’est pourquoi ça m’a mis en colère le terme de "combat d’arrière-garde". Et également, les réactions diverses sur mon lieu de travail. Mais bon, on n’ est pas tous logés à la même "enseigne" question tunes. La retraite par capitalisation n’en inquiètent pas certains, ils ont les moyens pour se la payer. L’avenir, le présent, des autres, ils s’en tapent. Le système par répartition, qu’il soit de 1945 ou de la St Glinglin, ils s’en balancent. Ils se sentent résolument modernes et intouchables ainsi que leurs progénitures.
Si vous avez bien écouté le débat avec Chérèque/Thibault, vous aurez constaté que Chérèque, non démenti par Thibault, s’est félicité que ce mouvement social ait été l’occasion finalement de si peu de grèves. Etre responsable pour Chérèque, c’est négocier sans nuire à la bonne marche de l’économie. C’est être un partenaire des patrons. Un partenaire social quoi.
Dans cette optique, le rôle du syndicat est autant lancer ses troupes dans la bataille que de les retenir.
Le problème actuel des syndicats est maintenant de sortir de cette affaire sans perdre la face, alors qu’ils n’ont rien obtenu. Sarkozy et la droite l’ont fort bien compris, et c’est pourquoi ils ont le triomphe modeste. Il ne faut surtout pas décrédibiliser de si précieux auxiliaires. Chérèque a tenté quelque chose, en lançant l’idée d’une table ronde autour de l’emploi des jeunes et des seniors. Aussitôt accueillie avec chaleur par Parisot et Fillon. Mais il s’est rétracté ensuite. Il joue gros dans la partie.
C’est pas la première fois que les syndicats jouent ce rôle trouble. Il suffira de rappeler la sortie du mouvement en 68 (bien qu’il soit tout à fait abusif de comparer 2010 et 1968) et le rôle que joua la CGT. Il y eut à l’époque un accord objectif entre le PCF et la droite gaulliste.
La grève générale, bien réelle, était entièrement non-officielle. Aucun syndicat n’y avait appelé, aucun n’en revendiquait la paternité. Et pourtant les syndicats, et d’abord la CGT soutenue par le PCF, cherchaient à en tirer profit et à limiter les dégâts.
D’abord, il fallait immuniser les travailleurs contre l’influence des "groupuscules". L’Humanité stigmatisa les participants de la "nuit des barricades" comme des "provocateurs" ou encore comme "la pègre".
A partir du 15 mai, des manifestations se rendaient régulièrement de la Sorbonne à Billancourt. La CGT colla des affiches autour de l’usine, mettant en garde les travailleurs contre "des milieux étrangers à la classe ouvrière" qui "servent la bourgeoisie".
Là où les entreprises étaient occupées, les syndicats cherchèrent systématiquement à affaiblir l’organisation indépendante des travailleurs, en les renvoyant chez eux. Là où existaient des comités de grève (ce qui était loin d’être la règle), ceux-ci étaient largement composés d’anciens dirigeants syndicaux locaux.
Par la suite, la CGT chercha à tenir le mouvement étudiant à l’écart des manifestations ouvrières. Ainsi, le 24 mai, deux énormes manifestations se déroulèrent à Paris, l’une organisée par l’UNEF, l’autre par la CGT. Dans les villes de province, c’était moins évident, et les deux mouvements se fondaient, des manifestations se multipliaient, menaçant le contrôle des dirigeants syndicaux et montrant la possibilité d’une force solide et unie contre le gouvernement.
Le même jour, De Gaulle joua sa dernière carte en annonçant pour le mois de juin la tenue d’un référendum sur la "participation", déclarant qu’il démissionnerait si les électeurs votaient "non". Cette proposition fut mal accueillie à droite et à gauche. Mendès-France, dirigeant du PSU, déclara qu’"on ne discute pas un référendum, on le combat". Seul le PCF dît qu’il jouerait le jeu bonapartiste, en appelant au Non.
Profondément ébranlé par l’inefficacité de la tactique de De Gaulle, Pompidou entama les négociations de Grenelle. Les dirigeants syndicaux se sentaient à l’aise. Ils comprenaient bien le sens de la négociation, et, eux aussi, voulaient qu’elle aboutisse, pour mieux retrouver leur emprise sur les travailleurs et leur rôle d’interlocuteur auprès du gouvernement.
A partir du 27 mai, la tâche des dirigeants syndicaux fut de vendre l’accord. A Billancourt, Séguy, dirigeant de la CGT, fut hué par les jeunes travailleurs qui rejetèrent la pauvre augmentation de 7% et le retrait de certaines attaques contre la Sécurité Sociale ou l’âge de la retraite, fruits pourris des compromissions des directions syndicales.
Partout ce fut la même histoire : la reprise ne se faisait pas. Craignant le débordement, le 29 mai, le PCF et la CGT appelèrent une nouvelle fois à manifester. 600.000 personnes descendirent dans la rue, scandant "gouvernement populaire". De Gaulle, effrayé, quitta la France pour Baden-Baden, où il rencontra le Général Massu. A Paris certains ministres commençaient à brûler les archives gouvernementales. La fin du régime était dans l’air.
Le lendemain, pourtant, c’était le début de la fin pour le mouvement.
Connaissant bien le crétinisme électoral du PCF, De Gaulle opta pour le piège électoral en dissolvant l’assemblée. En même temps une imposante manifestation gaulliste était organisée aux Champs Elysées pour marquer la volonté de reprise de l’initiative par le pouvoir.
Le PCF, qui avait déjà montré sa volonté de participer au référendum, sauta sur l’occasion pour "renforcer" sa base parlementaire. Il appuya la reprise pour mieux récolter les fruits électoraux, le 23 juin. Ou du moins, c’est ce qu’il croyait. Selon lui, le "gouvernement populaire" sortirait des urnes. Il utilisa toute sa force - notamment à travers l’action de la CGT - pour convaincre les travailleurs de rentrer et de canaliser leur action dans l’impasse électorale.
Pourtant la lutte fondamentale pour l’extension et la généralisation des revendications du mouvement, l’appel à la population rurale et aux appelés du contingent, sur la base du contrôle ouvrier, la création d’une assemblée constituante et la lutte pour des conseils ouvriers était entièrement possible. Le refus de remplir cette tâche par la CGT et le PCF fut entièrement politique : ils ne souhaitaient pas la disparition de la République dans le soulèvement des masses.
Les élections et après
Déçus mais pas battus, les travailleurs reprirent le travail petit à petit, faute d’une autre issue. Mais pas sans heurts. A Renault-Flins, occupé par les CRS, les étudiants vinrent au secours des travailleurs le 7 juin. Un jeune lycéen maoïste, Gilles Tautin, mourut noyé lors d’une charge des flics. La CGT parisienne dénonça sans vergogne des groupes qui "agissent visiblement au service des pires ennemis de la classe ouvrière" ...
source : http://www.pouvoir-ouvrier.org/histoire/1968.html
On peut supposer maintenant que ce qui va être mis sur la table des négociations, mais en loucedé, c’est la place accordée aux deux centrales dans les nouvelles dispositions sur la représentativité syndicale.
Bombix est un "penseur" défaitiste, un théoricien du fatalisme... Voilà pour Thomas à quoi peuvent servir ses analyses.
Franchement, calquer l’histoire de 68 (très contestable d’ailleurs car l’extrait vient d’une officine trotskyste) sur le mouvement actuel est une erreur. Sur 68, où sont les étudiants qui animaient les groupuscules et prétendaient faire la leçon à la classe ouvrière ? Ce sont eux qui aujourd’hui sont au manche du système !
Bombix a du mal à s’extraire d’un schéma gauchiste ancien et inopérant faisant avant tout du PCF et de la CGT, des cibles et des objectifs à détruire, alors que la lutte est ailleurs. Il fait preuve d’un esprit petit bourgeois en s’attaquant aux deux organisations qui rassemblent encore des militants ouvriers. Bombix cultive une certaine détestation de ce qui vient du mouvement ouvrier.
Bombix est incapable de penser le mouvement actuel en dehors d’une grille de lecture datée, prisonnier comme tant de militants dispersés ou d’ex-militants des structures mentales du passé. Il ne faut donc pas s’étonner qu’il parle d’une sortie du conflit quand nombre d’acteurs de celui ci ne sont pas décidés à lâcher le morceau.
Je conseille la lecture de Philippe Corcuff qui lui, ouvre des perspectives pour le mouvement en cours.
Et voilà maintenant le stal de service. Toujours tapi dans l’ombre, à guetter le gauchiste à "l’esprit petit bourgeois défaitiste", parce que lui, il est le représentant autorisé de la classe ouvrière et peut parler en son nom ! Ben voyons ...
Bombix est incapable de penser le mouvement actuel en dehors d’une grille de lecture datée, prisonnier comme tant de militants dispersés ou d’ex-militants des structures mentales du passé.
;-)
Bonjour Bombix,
Au terme de ce long fil, je tenais juste à vous témoigner de mon soutien.
Je vous trouve en effet bien méritant de continuer inlassablement vos explications (avec lesquelles, vous l’aurez compris, je suis globalement d’accord) face à des énergumènes qui ne semblent rien comprendre à ce que vous racontez !
Merci !
Au fait, si cela vous intéresse, nous avons, avec quelques amis, rédigé le tract suivant où l’on parle des illusions de la gauche...
Où il est question de forme capital dans une perspective, disons, à la Postone...
Bien amicalement !
"Il est plus digne de ne pas travailler, plutôt que d’être d’aller dans n’importe quel « taf » pour participer à l’augmentation perpétuelle de la sainte-croissance capitaliste."
C’est vrai Mozi, les salariés sont vraiment dégoutants d’aller travailler. C’est des gros cons, des suppots du capitalisme qui ne peuvent décidément pas accéder à la hauteur de la pensée sublime de votre tract.
Bon, je vais être claire : la décroissance est un mouvement qui m’interesse, celle de Paul Ariès et d’autres personnes dont j’ai oublié le nom, mais certainement pas les Décroisseurs Berrichons dont vous faites manifestement partie. Vous ne rendez vraiment pas service à la réflexion sur la décroissance. Si vous voulez faire passer la Décroissance pour un mouvement d’illuminés, c’est réussi.
Bonjour Mozzi
Merci pour votre soutien ;-) J’ai lu avec attention votre tract. Il y a des choses intéressantes et des choses à discuter. Mais on serait carrément hs dans ce forum qui est déjà bien alourdi. Sans doute aura-t-on l’occasion d’y revenir. Vous savez que vous pouvez proposer des articles sur ce site. Ce serait une occasion d’engager le débat.
Je voudrais préciser aussi qu’il n’y a, parmi les intervenants dans ce fil de discussion, ni ennemis, ni même adversaires, et encore moins des imbéciles qui ne "comprennent rien". Il y a des gens qui échangent, qui ont des points de vue différents, qui se comprennent mal ou ne se comprennent pas, qui se comprennent trop bien parfois, et dans toutes ces situations de compréhension ou d’incompréhension, génèrent des propos passionnés. Ce qui s’explique assez par l’enjeu des questions d’actualité débattues. Car il est assez clair, avec cette réforme des retraites, que nous sommes à un tournant "historique" (et pas seulement du mandat de Sarkozy) et que de l’issue du conflit actuel surgira une nouvelle configuration qui sera déterminante je ne dis pas pour les années, mais pour les décennies à venir.
Pour ma part, je préfère encore l’outrance à la politesse atone — voire l’indifférence ou la cécité volontaire — de tant et tant de nos concitoyens. Et même si on a pu dire que "les mots étaient des pistolets chargés", personne n’est jamais mort d’une blessure infligée par la parole, surtout quand elle sort d’une bouche en colère. Tout ce qui se passe ici est à la fois sérieux et absolument dérisoire.
Bien à vous,
"d’une bouche en colère". Au cas où vous parleriez de la mienne, je n’écris pas avec ma bouche. J’écris d’abord avec ma tête. Et malgré tout ce que j’ai pu me prendre dedans (dans ce forum), je maintiens qu’elle est sensée. Et nullement passionnée depuis le début de la réforme des retraites. Quant à l’issue, ma tête sait.
J’écris d’abord avec ma tête
Et accessoirement avec vos doigts. ;-)
Et malgré tout ce que j’ai pu me prendre dedans (dans ce forum),
Reconnaissez que vous avez donné quelques coups.
je maintiens qu’elle est sensée.
J’ai dit autre chose ? On peut être sensé et exagérer, forcer le trait, en particulier dans le vif de la polémique.
Et nullement passionnée
C’est dommage alors. « Rien de grand ne s’est jamais accompli dans le monde sans passion. » (Celui qui a eu ce mot célèbre était loin d’être un irrationaliste.)
Bon fan club Bombix, ciao.
c’est assez comique de signaler la prose de Corcuf qui prend en exemple le "mai rampant" Italien qui par sa radicalité c’est bien souvent trouver en contestation du PCI et des syndicats "officiel", les orgas de l’époque (lotta continua, potere operiao) ont été toujours considéré par le pci comme des "gauchistes petit bourgeois". Sauf que contrairement aux notre de l’époque (gp, Lo, LCR) leur implantation dans la classe ouvriere était quasi majoritaire, chez Fiat par exemple
et le pci et son alliance avec la la démocratie chrétienne, il en pense quoi le camarade antek... ?