Déni de démocratie ?

vendredi 21 décembre 2007 à 14:30, par bombix

À l’opposé des conclusions d’une analyse un peu hâtive qui affirme que la forte bi-polarisation du paysage politique local témoigne d’une perte de vitalité de la démocratie, les élections municipales à Bourges sont l’occasion de voir s’opposer deux projets et surtout deux façons de faire de la politique bien distinctes. S’y révèle moins un déficit démocratique par un épuisement du politique, qu’un sursaut (inattendu ?) et un retour (passager ?) vers d’anciennes règles du jeu qui permettent l’affrontement de forces politiques antagonistes, sans lesquelles il n’est guère de vie démocratique imaginable.

« La ressemblance ne fait pas tant un que la différence fait l’autre » [1]

On entend, ici et là, qu’il y aurait « déni de démocratie », parce que les forces politiques à Bourges, pour les élections municipales, se sont fédérées en deux pôles antagonistes, les petites formations ayant choisi de rejoindre les locomotives de leurs camps respectifs - UMP et PS, et ce, dès le premier tour.

Il est vrai que la situation est assez cocasse à certains égards. Le Modem qui n’a eu de cesse de faire valoir sa différence, pratique un retour au bercail au cours d’une manœuvre politicienne qui révèle sa nature profonde, son appartenance à la droite de toujours. En guise de différence demeure sa sensibilité. S’en contentera qui le voudra bien. L’extrême gauche enterre son programme révolutionnaire pour soutenir un parti réformiste dont certains parmi ses membres ont rejoint un gouvernement de droite plus agressif que jamais à l’égard des populations les plus exposées aux conséquences économiques et sociales de « la rupture tranquille ». Faut-il en déduire une collusion de la classe politique dans son ensemble, et conclure à la forfaiture de ses membres prêts à toutes les compromissions pour assurer leurs carrières ? La tentation poujadiste du « tous pourris » est grande. Elle témoigne pourtant d’une analyse à courte vue et ne débouche sur aucune solution politique viable. Reprenons les problèmes pour tenter de démêler les nœuds d’une situation décidément bien embrouillée.

D’abord, il faut considérer que nous avons affaire à une élection locale, dans laquelle le « poids » des personnalités est un facteur important, sinon déterminant. Serge Lepeltier, en jouant l’ouverture (par opportunisme ou non, c’est une autre question) ne fait pas que calquer sa stratégie sur celle, victorieuse, du champion de la droite et locataire de l’Elysée. Il poursuit une évolution politique qui l’a conduit du gaullisme au radicalisme. Il a pour lui les forces conservatrices classiques, mais aussi un certain nombre de personnes qui ont apprécié sa gestion « de père de famille » de la ville de Bourges. Les élections, on le sait, se joueront sur une frange de l’électorat peu politisée. Son succès, Lepeltier espère l’assurer grâce à la prime au sortant, d’une part, en s’appuyant sur les forces politiques de droite qu’il représente et qui l’ont toujours soutenu d’autre part, et enfin en s’appliquant à des efforts de communication qui mettent en valeur ses qualités d’écoute et de prise en compte des besoins de la population.

Il n’est pas anodin par exemple qu’il s’appuie sur l’opération « Allo, ici votre maire » pour justifier le projet de mise en place de vidéo-surveillance. Depuis quand un sondage, qui relève d’une initiative privée, qui est mis en place et exploité selon des critères rien moins que transparents, a-t-il valeur de consultation démocratique ? La démocratie est davantage menacée par ces manipulations de l’opinion et par l’envahissement croissant de la « com » dans le quotidien de l’action des élus - au nombre desquelles on peut ranger les velléités écologistes de Serge Lepeltier, que par les stratégies d’union des forces politiques en présence ; affirmons plutôt le contraire : les élections locales sur Bourges voient s’affronter deux personnalités qui s’opposent aussi dans leur vision de l’action politique. Nous sommes donc moins confrontés à un déficit démocratique par épuisement du politique, que face à un sursaut (inattendu ?) et un retour (passager ?) aux anciennes règles du jeu.

Car Irène Félix ne correspond pas à cette nouvelle figure du politique. La gauche unie sur Bourges, comme son nom l’indique d’ailleurs, ressemble plus à feu l’union de la gauche façon années 80 qu’à la gauche plurielle à la Jospin. Devant un adversaire qui épouse les tendances du moment, alors que l’activité politique passe insensiblement de l’art de gouverner, à la mise en œuvre de techniques de pilotage qui assurent une gouvernance par l’entremise d’experts autoproclamés - elle oppose la prégnance d’un ancien modèle de l’action politique fondée sur un projet, affirmant des valeurs, au premier rang desquelles figurent la solidarité et la justice sociale.

Les berruyers en choisissant l’un ou l’autre candidat, se détermineront autant pour des projets distincts que pour des visions de l’action politique radicalement différentes. Irène Félix risque de le payer car on associera son attitude à un archaïsme, qu’elle confirme par la présence à ses côtés des dinosaures communistes et trotskystes. Mais elle peut aussi en tirer avantage, car l’adhésion aux nouvelles sirènes de la gouvernance de l’ère du post-politique n’est pas encore acquise pour nombre de français [2]

Le paradoxe de sa situation, c’est que son propre parti risque de constituer l’obstacle majeur sur sa route. On a fait remarquer que la candidate socialiste à la mairie de Bourges était bien solitaire. Or on constate aujourd’hui qu’elle est capable de s’entourer, de Colette Cordat à Jean-François Baboin ! Sa personnalité n’est donc pas en cause, mais son appartenance à une formation politique, le P.S., qui ne structure plus aucune vision de la société réfléchie et cohérente, mais sert de couveuse à des ambitions personnelles particulières et contingentes.

Irène Félix pourrait souffrir de la décision des électeurs de gauche de sanctionner un Parti Socialiste incompréhensible et illisible, formation politique qui de surcroît trahit la démocratie par sa collaboration au projet sarkozyen de passer outre le suffrage populaire du 29 mai 2005 [3].

Mais en agissant ainsi, force est de constater qu’ils pénaliseraient une personnalité dont le parcours et les convictions sont aux antipodes de cette dérive.

Il n’y a pas de démocratie sans politique, c’est à dire sans orientations, sans projet qui emmène les hommes et la société. À l’oublier, la gauche française a perdu son âme. Les dégats collatéraux d’une telle errance pourraient affecter aussi les rares candidat(e)s rescapé(e)s qui témoignent encore de cette vision et en portent la mémoire.

[1Michel de Montaigne, Les Essais, III, 13.

[2On renverra ici au texte de Michel Onfray, L’Europe des crétins, qui présente sur le mode ironique le glissement d’un clivage (gauche contre droite) à un autre (les crétins contre les avisés) bien caractéristique de la période que nous vivons. Le débat sur le TCE fut l’occasion d’une prise de conscience de cette nouvelle donne. Le tsunami politique qu’il a occasionné n’a pas encore déroulé toutes ses conséquences.

[3À proprement parler, nous sommes bien ici en présence d’un déni de démocratie. Puisque Jacques Chirac avait jugé nécessaire la tenue d’un référendum, et puisque le texte présenté est à - quelques variantes près - le même, le précédent du 29 mai 2005 oblige, par le respect du parallélisme des formes, essentiel en démocratie, que le nouveau traité soit soumis au vote des français.

commentaires
Déni de démocratie ? - 15 janvier 2008 à 21:10

Sans vouloir embêter Bombix et sa belle démonstration, je vais tenter de donner une explication pour rejoindre l’argumentation de M. Javerliat sur la nécessité de ne pas limiter le scrutin municipal à 2 listes. Beaucoup de gens à Bourges refusent au nom du bon sens ces 2 listes qui sont un assemblage très hypocrite de personnalités qui se sont tapés dessus depuis des mois, voire des années. Commençons par la liste Lepeltier : elle va rassembler des Modem qui, avec Bayrou ont rejeté toutes alliances avec les Sarkozistes ; des purs Sarkozistes durs et quasi néo-conservateurs chargés de caper les voix du F.N. ; des anti-Sarkozistes notoires qui n’ont pas cessé de cracher sur la gueule de Sarko durant les Présidentielles. Côté « Gauche Unie », c’est pire puisqu’elle rassemble des ultranationalistes chevènementistes, des écologistes internationalistes (imaginez la tête d’un membre de RESF et du réseau des Sans papiers quand ils ont vu le MDC au premier plan de la photo de mariage…), des communistes qui se sont fait bouffer par des années de Mitterrandisme, des socialistes fabusiens qui oublient que leur leader appartient à l’une des 10 plus riches familles de France et des socialistes pro Europe néolibérale tendance Blairiste (Blair qui a d’ailleurs tout dernièrement fait un très beau discours à la tribune de l’UMP). La coupe était-elle pleine ? Non ! Il a fallu y ajouter Lutte Ouvrière qui, suprême ironie, a accepté de figurer aux côté des plus libéraux des socialistes qu’ils ont dénoncés durant des années ! Car on ne peut être que écoeuré quand on voit comment Lutte Ouvrière s’est vendue aux plus offrants alors que pendant des années ce parti a craché sur les socio-démocrates blairistes du P.S. auxquels ils se sont ralliés sans aucune contre-partie ni exigence quelconque comme le soulignent les dirigeants de cette liste soit disant unie qui n’ont jamais rompu avec l’idée d’un socialisme moderne sensé faire peur au patrons voyoux mais s’accomodant des loups mafieux qui n’en finissent pas de rire comme aux USA quand on leur parle de confrontations binaires. Que rêve la Droite néo-libérale ? Elle d’une opposition Républicains/Démocrates ! Et c’est à croire que L.O. aime vraiment les Etats Unis car ce qu’ils ont accepté revient à réduire la politique française à la confrontation entre : 1. une Droite sarkozienne bouffie d’avoir avalée l’extrême droite et 2. une Gauche dévoyée et rieuse d’avoir flinguée le Parti Communiste en attendant de digérer ce qu’il restera de L.O. après cet accord plus inique qu’historique. Comme le souligne M. Javerliat, ce n’est pas seulement une clarification qui motive son refus d’une confrontation binaire, c’est bien plutôt le refus d’alliances hypocrites qui ne peuvent que dégoûter les jeunes qui n’ont plus la possibilité de comprendre les différences politiques.


#9673
Déni de démocratie ? - B.Javerliat - 16 janvier 2008 à  08:24

Ouf ! Avoir l’impression de prêcher dans le désert est parfois pénible ! Merci donc pour votre post. Vous trouverez ici ma réponse à bombix, mais je suis sûr que vous l’avez deja lue (vous apprécierez la post de Jeannot Lapin ;-)

Je vous invite à vous inscrire sur notre liste, en m’excusant de cette propagande sur l’Agitateur

Voir en ligne : Une liste pour Bourges
#9688 | Répond au message #9673
Déni de démocratie ? - 28 décembre 2007 à 14:10

alors tu es content de ta trouvaille .tout ce qui a voté non au référendum doit se retrouver derrière félix
l’ivg de la gauche ? et ceux qui ont voté oui ils n’ont plus le droit d’ètre de gauche ? Ah oui ceux là il faut que leurs votes soient examinés par le kgb bombix club
qu’est ce qu’il dit de cela pinon ?Il a décidément cessé d’avoir des couilles .Il a peurt d’ètre licencié ?


#9342
Déni de démocratie ? - Pierre 18 - 28 décembre 2007 à  15:21

"Tu", "ivg", "kgb", "couilles"...Merci au rédacteur anonyme pour son message au style soigné, digne non pas du Céline du Voyage au bout de la Nuit mais de celui de Bagatelle pour un massacre...c’est sûr, cela fait avancer le débat de façon décisive !
Quant à Bombix : prenez garde ! Vous êtes dans le collimateur de la Milice bien pensante et de ses agents schizophrènes ! Les chemises brunes viendront bientôt guetter devant votre domicile...Et Monsieur Pinon, attention, vous risquez d’être destitué si vous refusez de jouer un rôle de censeur ! Ah, c’est tellement plus facile parfois d’hurler avec les loups !

#9344 | Répond au message #9342
Déni de démocratie ? - 28 décembre 2007 à  16:25

Il a décidément cessé d’avoir des couilles .Il a peurt d’ètre licencié ?

Pas du tout mon ami anonyme ! c’est une ruse de sioux ça ! Tout le monde protège Bombix parce qu’il n’est pas prêt de faire de l’ombre à qui que ce soit... cqfd

Et puis rassure toi, que t’es voté oui ou non au référendum, t’es pas obligé de coller aux fesses de IF !

Alors ami anonyme, respire par le nez, souffle par la bouche, relis tout ça et rigole un bon coup. Ce ne sont pas l’agitateur, ni bombix qui font les élections.

#9347 | Répond au message #9342
Déni de démocratie ? - Jean-Michel Pinon - 28 décembre 2007 à  20:07

Hors sujet manifeste. Mais je répond quand même parce que faut pas déconner, surtout que je sais qui se cache derrière cet anonyme. Tous les messages à la suite de ce fil de discussion seront impitoyablement censurés.

Alors pour l’histoire des couilles, je t’invite a venir me voir et je te livrerai, grace à une tuyauterie de 40 cm (pliér en deux) quelques dizaines de litres de mon fluide visceux dans la tronche. Cela devrait étoufer ta connerie pour un bon bout de temps.

Par ailleurs, si tout le monde veut la peau de Bombix, c’est parce qu’il fait chier beaucoup de monde et c’est une très bonne chose, puisque cela fait partie de la ligne rédactionnelle de l’agitateur depuis le début : plus on a d’ennemis venus d’horizons divers, plus nous faisons bien notre boulot. Impartialité, pas de connivence, nous sommes là pour faire chier tous les notables de Bourges et tous ceux qui ont du pouvoir et qui se croient intouchables.

#9352 | Répond au message #9342
Déni de démocratie ? - On, alias B. Javerliat - 27 décembre 2007 à 10:13

On entend, ici et là, qu’il y aurait « déni de démocratie », parce que les forces politiques à Bourges, pour les élections municipales, se sont fédérées en deux pôles antagonistes, les petites formations ayant choisi de rejoindre les locomotives de leurs camps respectifs - UMP et PS, et ce, dès le premier tour.

En lisant le début de votre article, "on" se réjouissait de vous voir développer des arguments en faveur de l’union dès le premier tour. Hélas, et malgré plusieurs lectures, on n’en n’ai pas trouvé. A-t-on mal lu ?


#9332
Déni de démocratie ? - 27 décembre 2007 à  13:57

Ce n’était pas précisément l’objet de l’article. J’ai simplement essayé de développer l’idée que l’union au premier tour à gauche n’était pas un déni de démocratie, comme je l’ai lu sous votre plume à plusieurs reprises.

Cela étant posé, il est évident - et donc il est inutile de développer - que des forces politiques proches par leurs idées et leurs programmes ont tout intérêt à faire l’union, et le plus tôt possible, pour produire une dynamique qui leur soit profitable.

Si j’ai bien compris, c’est l’intérêt des citoyens que vous semblez défendre, pas l’intérêt des organisations politiques. À moins que vous vouliez les mettre en garde contre elles-mêmes ? ;-)

Vous donnez comme argument que d’une certaine façon, ces organisations politiques forcent la main des électeurs, et qu’elles risquent d’en subir le contrecoup, par une forte abstention. On verra bien. Mais de toutes façons, et quels que soient les chiffres de l’abstention, il faudra être prudent dans l’interprétation, car il n’est pas évident que les mêmes abstentionnistes se seraient déplacés si le premier tour avait été plus ouvert. C’est d’une certaine façon parler à leur place, ce qu’en toute rigueur on ne doit pas faire, même si on peut faire des conjectures.

Au fond, ce que montre une telle configuration, c’est que la démocratie représentative nous fait toujours voter contre plutôt que voter pour. On choisit toujours la moins mauvaise des solutions, pas celle qui nous semblerait la meilleure. Cela est vrai pour les citoyens comme pour les organisations politiques. Si LO choisit Félix, c’est qu’elle préfère le PS de Félix à l’UMP de Lepeltier. Même chose pour les mouvements de centre gauche. On essaie bien d’agiter le chiffon rouge du danger trotskyste, mais c’est une farce. Avec I. Félix, le droit de propriété(*) et le régime bourgeois de production n’ont rien à craindre ...

(*) à propos, mais H.S. et seulement pour répondre au troll selon qui il est bien évident que la question de la propriété et donc de l’inégalité (car c’est de cela qu’il s’agit) ne se pose plus en République (argument principal pour diaboliser Lutte Ouvrière, qui n’a pas cédé sur l’exigence d’expropriation par la violence - si expropriation il y a, prière de donner d’autres solutions), qu’il soit permis de citer JJ Rousseau, qui est quand même notre théoricien du Contrat Social :

« C’est donc une des plus importantes affaires du gouvernement, de prévenir l’extrême inégalité des fortunes, non en enlevant les thrésors à leurs possesseurs, mais en ôtant à tous les moyens d’en accumuler, ni en bâtissant des hôpitaux pour les pauvres, mais en garantissant les citoyens de le devenir. Les hommes inégalement distribués sur le territoire, & entassés dans un lieu tandis que les autres se dépeuplent ; les arts d’agrément & de pure industrie favorisés aux dépens des métiers utiles & pénibles ; l’agriculture sacrifiée au commerce ; le publicain rendu nécessaire par la mauvaise administration des deniers de l’état ; enfin la vénalité poussée à tel excès, que la considération se compte avec les pistoles, & que les vertus mêmes se vendent à prix d’argent : telles sont les causes les plus sensibles de l’opulence & de la misere, de l’intérêt particulier substitué à l’intérêt public, de la haine mutuelle des citoyens, de leur indifférence pour la cause commune, de la corruption du peuple, & de l’affoiblissement de tous les ressorts du gouvernement. Tels sont par conséquent les maux qu’on guérit difficilement quand ils se font sentir, mais qu’une sage administration doit prévenir, pour maintenir avec les bonnes mœurs le respect pour les lois, l’amour de la patrie, & la vigueur de la volonté générale. » Article Economie Politique de l’Encyclopédie.

Au fond ce que dit Rousseau, c’est que de trop grandes inégalités sont un danger pour la République. Si cela est vrai, on ne peut pas rayer comme ça, d’un trait de plume, la question de la propriété. La réponse trotskyste est peut-être abrupte. Le problème auquel elle répond demeure.

Fin du HS. Don’t feed the troll. ;-)

#9333 | Répond au message #9332
Déni de démocratie ? - bombix - 27 décembre 2007 à  13:59

bombix, natürlich !

#9334 | Répond au message #9333
Déni de démocratie ? - B. Javerliat - 28 décembre 2007 à  12:44

Cela étant posé, il est évident - et donc il est inutile de développer - que des forces politiques proches par leurs idées et leurs programmes ont tout intérêt à faire l’union, et le plus tôt possible, pour produire une dynamique qui leur soit profitable.

C’est bien ce qui nous oppose : vous êtres favorable à une union des partis le plus tôt possible c.a.d. dès le premier tour, en espérant une dynamique qui leur soit profitable.
Je pense au contraire que cela crée une démobilisation de l’électorat des partis minoritaires, comme j’ai essayé de le développer dans cet article.

Je suis d’autant plus surpris de ce choix par la gauche que par deux fois, en 1995 et 2001, cette stratégie d’union dès le premier tour a conduit à une défaite.

#9341 | Répond au message #9333
Déni de démocratie ? - P. Leguillard - 22 décembre 2007 à 20:03

La situation qui se profile à Bourges pour les élections municipales a au moins le mérite d’une certaine clarté. Cet affrontement gauche-droite qui s’annonce montre que chacun des deux leaders est capable de fédérer son camp au sens large du terme. Chassez le naturel, il revient au galop ! La démocratie : ce n’est pas forcément un éparpillement en de multiples chappelles politiques gardiennes de je ne sais quels temples idéologiques. On peut tourner autour du pot pendant longtemps, mais à la sortie que reste-t-il sinon deux conceptions de la société et deux conception de l’avenir de la ville.

A Bourges, le MoDem c’est M. Tanton qui, malgré sa grande peine de n’avoir pas été maire lorsque M. Lepeltier était Ministre, n’a jamais montré aucune vraie "originalité" vis à vis de l’UMP locale. Le PS local n’a donc pas pu songer une seconde qu’il y avait quelque chose à faire avec lui tellement il est marqué à Droite. On peut d’ailleurs se demander s’il n’a pas rallié le MoDem et s’il n’y est pas resté après les présidentielles seulement pour garder la "marque" au sein de la droite municipale.

En ce qui concerne M. Lepeltier : ne faisons pas semblant de faire croire qu’il ne serait plus vraiment de droite. Le Parti Radical valoisien n’est plus qu’une succcursale de l’UMP depuis longtemps et tout le monde sait que l’adhésion du maire à ce parti tient surtout au fait que l’UMP locale a préférer soutenir M. Pointereau lorsqu’il atenté de reconquérir son siège de Sénateur. Objectivement, M. Lepeltier n’est ni un Radical du type d’Edouard Herriot, ni un Gaulliste puisqu’il a quité le parti qui se réclame encore un peu du Gaullisme, et encore moins un écologiste puisque le parti écologiste de Droite (CAP 21 ) est maintenant avec Bayrou. Non en vérité, M. Lepeltier qui est fâché avec certain caciques de l’UMP locale,veut donner le change. Il veut donner l’illusion qu’il est un peu autre chose que ce qu’il est et qu’il représente un plus large rassemblement que la seule droite traditionnelle.

M. Lepeltier est bien plus isolé que ne le laisse apparaître le débauchage réussi d’un ex-conseiller municipal socialiste. Une hirondelle ne fait pas le printemps ! Et même s’il parvenait enconre à en circonvenir un ou deux autres, cela ne changerait pas grand chose à cet isolement. Il est le candidat de la droite et plus précisément de cette frilmeuse bourgeoisie brerruyère que la moindre brise de changement enrhume et qui est incapable du moindre dynamisme.

De son côté, Irène Félix qui revendique le fait de ne pas être révolutionnaire, est tout de même représentative de ce qu’est traditionnellement la "famille de gauche" au sens large. Elle a fait des pieds et des mains pour être tête de liste de la gauche au lieu de laisser jouer ce rôle au député Sandrier. Elle ne manque pas d’ambition, mais ses capacités sont elles à la hauteur de son ambition ? En tout cas, le rassemblement qu’elle conduit a incontestablement le mérite de la clarté. Il s’oppose au rassemblement tout aussi hétéroclite des droites berruyères que conduit M. Lepeltier.

Une chose est sure : c’est qu’à Bourges on ne sera pas dans les faux-semblants . Quelqu’il soit, le vainqueur aura le mérite d’avoir acquis sa position non seulement de haute lutte, mais aussi sur des valeurs et à partir d’un vrai débat d’idées.


#9245
Déni de démocratie ? - Pierre 18 - 21 décembre 2007 à 19:26

Merci d’avoir analysé et compris le fond du problème. Les enjeux sont bien là, aujourd’hui. Le combat est difficile mais vaut la peine d’être mené !
Cordialement.


#9235
Déni de démocratie ? - B. Javerliat - 21 décembre 2007 à 17:26

"On" n’a pas le temps de vous répondre tout de suite, bombix. Mais "On" le fera ;-)

En attendant, vous trouverez quelques explications ici ou là .


Voir en ligne : Une liste pour Bourges
#9232