Gauche unie autour de l’écologie
Nouvelle réunion thématique d’Irène Félix avec la Gauche Unie, jeudi 06 décembre 2007 au centre social du Val d’Auron, dans le cadre de la campagne pour les municipales de 2008 : cette fois, c’est l’Écologie et l’Environnement qui étaient proposés comme thème de discussions et de réflexions aux berruyers.
Comme l’a fait remarquer Jean-Michel Guérineau (PC), l’écologie et le développement durable sont parmi les thèmes qui retiennent le plus l’attention des français pour les élections locales de 2008. Comment ne pas constater, en effet, que les préoccupations concernant l’environnement et le respect du milieu naturel occupent désormais une place de choix sur la scène politique ? L’organisation d’un « Grenelle de l’environnement », pour discutable qu’il soit dans ses attendus et dans ses résultats, fut l’un des premiers actes de la présidence Sarkozy. Pas par hasard. L’écologie, c’est porteur. Une occasion aussi de faire de la politique autrement ?
En tous cas, il y avait un peu de monde dans la petite salle du centre social du Val d’Auron jeudi soir, pour une nouvelle réunion thématique de La gauche unie autour d’Irène Félix. Arrivé un peu en retard – quelle drôle d’idée d’organiser des réunions à 18h00 – j’ai la surprise et le plaisir de constater que des habitants qui n’appartiennent pas au microcosme politique berruyer se sont déplacés ce soir. Si les problèmes d’environnement intéressent, c’est qu’ils concernent au premier chef le quotidien des gens. Joël Crotté (Les Verts) rappellera au cours de la soirée que l’écologie est peut-être, d’abord, une affaire de « bon sens ». Chose, paraît-il, qui est la mieux partagée !
Le micro tourne dans le public. Il est question du tri sélectif des ordures, de places de parking, de plans de circulation dans la ville, de pistes cyclables... Il est aussi question d’éducation. Forcément. Les enfants sont concernés, bien sûr, et c’est normal – mais les adultes aussi. Pour le tri sélectif des ordures par exemple, on a constaté qu’il était de très mauvaise qualité, et que seulement cinquante pour cent des ordures étaient correctement triées. Précisons que l’ancienne municipalité a peut-être commis une erreur à l’époque de la mise en place de ce dispositif : tandis qu’on doublait la redevance sur les taxes ménagères, tout en réduisant les services rendus, on demandait dans le même temps à nos concitoyens de faire un effort de triage de leurs ordures ménagères. Tout un chantier reste à ouvrir qui concerne la sensibilisation et l’éducation de la population. La prise de conscience concernant les problèmes d’environnement c’est bien. Le passage à l’acte dans le quotidien, c’est mieux.
On ne peut pas parler de « développement durable » et d’urbanisme sans évoquer le fameux Plan de Renouvellement Urbain, qui, mode oblige, vient de se transformer en Plan de Renouvellement Urbain Durable. Irène Félix répète les critiques de l’opposition à l’égard du projet Avaricum : cession d’espaces publics à des intérêts privés, absence de concertation, absence d’ambition puisque finalement le nombre de logements ne sera pas accru, et surtout cet étonnant paradoxe dans la ville d’un maire qui fut Ministre de l’écologie : absence de vrais projets innovants et ambitieux concernant l’éco-construction. Le P.R.U. sera remis sur la table, affirme Irène Félix, en privilégiant trois axes : consultation et prise en compte des besoins de la population, efforts supplémentaires sur le nombre de logements - en particulier sociaux, promotion des technologies qui prennent en compte le facteur environnemental dans la construction. Il n’est rien dit des budgets. Pourtant, toutes ces propositions ont un coût.
Nous sommes il est vrai en campagne électorale. Et le jeu consiste autant à séduire les électeurs qu’à taper sur l’adversaire. Ce à quoi s’appliquera Yann Galut avec brio. Ce qu’il y a de plus surprenant avec la campagne des municipales qui s’ouvre affirme l’ex-député, c’est que le maire sortant se présente comme s’il était neuf. N’a-t-il pas deux mandats à son actif ? Où est son bilan ? Quels avantages Bourges a-t-elle tirés de son passage dans le gouvernement Raffarin ? « Habile communicateur mais politicien conformiste sans ambitions réelles pour sa ville » renchérira quelqu’un dans la salle. Pour preuve, l’abandon du projet de réduction de la « fracture » berruyère qui isole les quartiers nord situés au-delà de la voie ferrée. Quelles solutions imaginer pour améliorer l’intégration de ces quartiers au tissu de la ville historique ? Le projet du tramway est évoqué. Véritable projet ou coup médiatique ? Yann Galut semble y croire, même s’il reconnaît que les coûts exorbitants que représenterait la mise en place d’un tramway à Bourges ont de quoi faire réfléchir sérieusement.
Education et incitation à un comportement responsable vis à vis des problèmes de l’environnement, vision globale des problèmes urbains qui place l’écologie au premier plan, autant de dossiers qui relèvent réellement d’une politique locale volontariste. La gauche unie avance sans complexe sur ce terrain et affiche ses ambitions, avec dans ses rangs un écologiste historique, un vrai, Joël Crotté, qui vise sans doute mieux qu’« un poste d’adjoint chargé des espaces verts ». [1] Mais quand quelqu’un dans le public pose le problème des essais d’armes à uranium appauvri sur le polygone et évoque les nuisances qui accompagnent ces essais, Irène Félix est bien obligée de reconnaître que la maîtrise de ces problèmes échappe au maire de la ville. Elle plaide néanmoins pour une transparence accrue et une information améliorée de la population concernant ces problèmes. C’est toujours ça. Même si on peut douter que « la grande muette » devienne subitement loquace et consente à communiquer sincèrement sur un sujet on ne peut plus sensible...
[1] cf. interview donnée à l’Agitateur : « Je ne suis pas sûr qu’ils nous donneraient l’urbanisme ou l’environnement. Ils nous donneraient peut-être les espaces verts »