Louis Cosyns, démarche boiteuse
Les campagnes électorales sont pleines de promesses non tenues. Ce n’est pas nouveau, ce n’est pas un scoop ; on enfonce là des portes ouvertes. Pourtant, alors que son leader, un certain Nicolas Sarkozy, cherche par tous les moyens à occuper le terrain médiatique, un certain Louis Cosyns [1] est lui toujours aussi discret. Il nous avait fait, le 15 juin 2007, une promesse qui sentait paradoxalement (bon ?) la dynamique Royale.
Je ne résiste pas à vous la citer : "Je m’engage dès aujourd’hui à conserver le même site et à vous faire participer dès la semaine prochaine à la démocratie participative que j’entends aussi instaurer par internet" [2].
Cette promesse a quand même été tenue à moitié. En effet, dès la semaine suivante, il s’est avéré que le même site avait été conservé. Enfin, pas tout à fait puisque seuls les deux derniers billets avaient survécu au lendemain d’élection. Blague mise à part, le site n’ayant quasiment aucun intérêt, le conserver n’en n’avait pas plus, mais passons. Pour ce qui est de la démocratie participative que M. Cosyns entendait instaurer par internet, on l’attend toujours. Non pas que ça changerait la face du monde, mais comme il s’agissait d’une promesse sur un site merveilleusement intitulé "louiscosynsconfiance.com", on aimerait juste qu’il la tienne [3]. Pour le moment, au 26 Septembre 2007, plus de trois mois après la semaine suivant le 17/06/2007, on attend toujours [4].
Alors, qu’est-ce qu’à bien pu faire notre ami Louis pendant 3 mois ? A t-il suivi une formation accélérée en informatique, en communication ? A t-il chassé l’immigré clandestin dans les moindres recoins du Cher ? A t-il fait des cadeaux fiscaux à tous ses copains retraités du Saint-Amandois ? A t-il fait avancé le schmilblik pour que les autres travaillent plus ? A t-il permis que ceux qui ne font rien gagnent encore plus ? Tout ça, vous le sauriez peut-être si Louis avait tenu sa promesse. Mais bon, heureusement, on a quelques pistes à vous proposer. Depuis la fin juin, il a posé des questions au gouvernement. Pas moins de 81 questions les 17 juillet, 31 Juillet et 07 Août 2007. À ce jour, le gouvernement a répondu à 3 de ses questions (si si, c’est possible). Il est intervenu deux fois en commission de l’assemblée nationale (les 24 et 25 juillet 2007) et une fois en séance le 24 Juillet 2007. Il s’est associé à 4 propositions de loi [5]. On vous laisse découvrir le détail de ses actions. Pas de quoi fouetter un chat. Pendant ce temps, son collègue UMP Yves Fromion ne semble pas en avoir fait plus [6] alors que Jean-Claude Sandrier, tout auréolé de son titre de Président du groupe politique Gauche démocrate et républicaine a multiplié les interventions en séance publique (seize au total).
Alors oui, le web pourrait servir à suivre nos députés à la culotte, surtout ceux qui font partie de groupes politiques majoritaires et sont donc en capacité de faire voter des lois. Le site de l’Assemblée Nationale est à ce niveau une bonne source d’information, mais insuffisante. C’est aux députés eux-mêmes de faire une publicité minimum de leur action [7]. Louis Cosyns l’a promis, le fera t-il un jour ? Car une démarche qui consiste à promettre pour ne pas tenir ses engagements, ce n’est pas très nouveau... y compris sur internet.
[1] Député UMP du Cher depuis 2002 et réélu pour 5 ans le 17 Juillet 2007 pour ceux, qu’on suppose nombreux, qui ne le connaîtrait pas.
[3] Sa promesse, hein...
[4] Bon, Louis Cosyns s’était sûrement un peu emballé, mais maintenant c’est l’heure du déballage
[5] Ces informations sont tirées du site de l’assemblée nationale
[6] Euphémisme...
[7] Sans que cela devienne leur préoccupation principale, bien entendu