Proposer
Ceci n’est pas une poubelle, c’est un container de tri sélectif pour la protection de l’environnement. Ceci n’est pas une vieille pute toute ridée. C’est une déesse de l’amour que le temps a honoré de ses marques. Ceci n’est pas un licenciement massif. C’est un plan de restructuration pour être plus compétitif. Ceci n’est pas un contrat à durée inconnue avec une période d’essai de deux ans. C’est un CDI avec une période de consolidation d’emploi de deux ans.
Comment transformer une citrouille en carrosse ? Avec une baguette magique ? Mais non voyons ! Quelques mots suffisent de nos jours. On appelle ça « la communication ». Ainsi, en lisant l’édition 2006 du magazine « Panorama des entreprises », édité par nos amis du Berry Républicain, toute personne éloignée de plus de 500 kilomètres de Bourges pourrait croire que la ville de l’ex ministre Serge Lepeltier est en plein expansion et que le département du Cher croule sous les lingots d’or. Je lis : « Le Cher est entré dans une bonne dynamique avec la diversification de ses activités industrielles (...) le plan de renouvellement urbain (...) l’émergence des pôles technologiques à Bourges (...) » et patati et patata, jusqu’au qualificatif de « Berry, terre d’avenir » ! Excellente opération de communication. Peut-être moins de journalisme. Je ne vais pas revenir une énième fois sur la situation économique inquiétante de Bourges avec ses 10.000 habitants en moins (bientôt 20.000 si l’on en croit les prévisions de l’INSEE), ni sur le taux de chômage galopant à Bourges et Vierzon où l’on ne trouve que quelques offres d’apprentissage ou des contrats pour des métiers peu ou pas qualifiés... Mais tout de même !
Tout cela pour dire que L’Agitateur n’est pas une agence de tourisme ou de promotion pour attirer les chefs d’entreprises. Certes, nous voudrions nous aussi être fiers de notre ville et de notre département. Mais nous ne croyons pas à la méthode Coué. A droite comme a gauche, ils ne sont que quelques-uns à ne pas vouloir se voiler la face et à préférer retrousser leurs manches plutôt que d’intoxiquer la population dans un optimisme béat et outrancier. Depuis 1997, L’Agitateur explique et démontre que Bourges est en train de crever, essayant de réveiller les consciences. Aujourd’hui plus que jamais, nous avions raison contre tous, ou presque.
En essayant d’avoir la « positive attitude », on peut dire qu’il existe depuis un ou deux ans des tentatives pour extirper notre ville de la galère. Ainsi, il est possible d’évoquer effectivement le plan de renouvellement urbain (même s’il redimensionne Bourges à une échelle plus petite), l’aménagement du site de Lahitolle avec un véritable pôle universitaire, l’espoir d’un plus grand dynamisme autour de l’école d’ingénieurs ou du CREPS. Mais cela arrive bien tard. La reconversion économique de la ville qui aurait du se dérouler dès les années 90 n’a pas eu lieu. Cette absence de vision à moyen et long terme, se paye aujourd’hui cash. L’alternance politique de 1995 a finalement peut-être empiré les choses alors qu’il était attendu une nouvelle dynamique. Dès 1995, Serge Lepeltier n’a fait que gérer le déclin. Aujourd’hui, il est surtout question de limiter les dégâts.
Bourges a perdue beaucoup de poids en région Centre. Elle joue désormais dans le même bac à sable que des petites villes comme Châteauroux, Blois, Nevers, Montluçon ou Montargis, alors qu’il y a une quinzaine d’année, elle voulait devenir le troisième pôle régional derrière Tours et Orléans. Quelle claque !
Faire ce constat constitue déjà un énorme pas en avant. Tous ne l’ont pas encore fait. Peut-être cela va-t-il venir ? La deuxième étape consiste ensuite à mobiliser et à se transformer en force de proposition. C’est ce que font finalement très peu de monde : Jean-Claude Sandrier au PCF, Philippe Bensac à l’UMP et... c’est à peu près tout. Alors peut-être que L’Agitateur devrait servir à se mêler de tout cela pour être aussi une force de proposition. Non, je ne suis pas en train de vous dire que je suis candidat aux prochaines élections municipales (quoique j’ai du temps libre en ce moment, et il y en a deux ou trois qui flipperaient !), mais que puisque la municipalité n’a pas d’idée - ni d’ambition - L’Agitateur pourrait servir à lui en donner. A suivre...