Qui gouverne ?
"Ce n’est pas la rue qui gouverne". Cette affirmation de Monseigneur Raffarin a pu choquer ici et là. Pourtant c’est vrai. La rue ne gouverne pas. Elle exerce des pressions sur un gouvernement qu’elle a élu ou qu’elle subit.
Ce qui est choquant finalement, ce n’est pas le fond, mais la forme. Et oui, Monseigneur Raffarin, si fort en communication habituellement, c’est laissé allé à sa véritable nature, beaucoup moins soft qu’il aimerait y paraitre. Car dans la forme, il a implicitement dit au français "vous êtes des merdes et je vous emmerde". Aux chiottes, donc, "la France d’en bas". Là, c’est sûr, une partie des français vont tomber de haut. Pourtant, il n’y a aucune surprise dans sa politique. Cet homme, si il a laché Madelin, vraisemblablement par opportunisme, n’a pas laché ses idées et les applique en grande partie. Des idées qui, rappellont le, ont fait moins de 4% aux dernières élections présidentielles.
Alors, quelles sont ses idées ? Pour résumer "libérer les énergies", comprennez, baisser les impôts, alléger les charges qui pèsent sur les plus riches et qui les empêchent d’entreprendre pour le plus grand bien de la communauté. En gros, c’est une idéologie du laissé faire, des équilibres économiques naturels. Bref, le pouvoir, c’est le marché, les entreprises. Et autant dire, que "les pressions" qu’ils exercent, il ne les exercent pas dans la rue, mais dans les ministères, chaque jour, par différents biais...et en ce moment, ce sont eux qui sont les plus écoutés.
Alors à la question "qui gouverne ?", on pourrait rapidement répondre "en tout cas, pas Raffarin". Car c’est là que ça devient drôle. Quand Monseigneur Raffarin dit "que ce n’est pas la rue qui gouverne", il sous-entend que c’est lui et son gouvernement. Et nous, on sait que ce n’est pas vrai, puisque l’idéologie qu’il applique le rend inutile. Il est, au final, trés difficile de répondre à la question de savoir qui gouverne, car, finalement, c’est un peu tout le monde, en tout cas, tous les grands décideurs français et mondiaux de la sphère économique. L’idée qui prime "que l’on y peut rien, que c’est la loi du marché etc..." est à la fois vraie et fausse. Difficile de matérialiser ce marché. Ernest-Antoine Sellière dans son rôle de président du Medef croit en être le porte-parole. C’est bien entendu en partie faux. Alors qui ?
Je vais me risquer à dire que ça pourrait être la rue. Car, on y réfléchit, le marché, c’est en gros la bourse, les entreprises et divers organismes publics ou privés. Et finalement, qui constitue ses entités : des hommes et des femmes "de la rue". Pourquoi créer une entité virtuelle comme "le marché" et se laisser torturer en son nom, alors que finalement le marché, c’est nous ?
Je vous laisse y réfléchir et en tirer des conclusions. Les vôtres. Par contre, je vais suggérer une conclusion à Monseigneur Raffarin : "cassez-vous, vous êtes inutile, nous n’avons pas besoin de vous et vous n’avez visiblement rien compris à rien".