EDITORIAL FEVRIER 2001

Et le social ?

jeudi 1er février 2001 à 00:00, par Charles-Henry Sadien

Une fois n’est pas coutume, je vais être à la mode, puisque j’ai décidé de vous parler d’écologie. Il faut dire qu’à Bourges, on ne parle que de cela. Du moins, les candidats aux élections municipales. Toutes tendances confondues.

Il faut croire que notre ville doit être particulièrement touchée. Où alors que nos futurs élus, à leur petit niveau, se sentent malgré tout capables d’influer sur le cours des choses à un niveau – au moins – national.

J’ai bien une autre explication, mais ce serait avoir une bien faible considération pour nos chers candidats. Et si les quelques voix des écologistes étaient déterminantes pour gagner ces élections ? ça vaudrait le coup de draguer les verts, comme la droite l’a fait aux dernières municipales à Bourges avec le Front National. Croire en cela, ce serait sans doute avoir une vision bien cynique des choses, n’est-ce pas ?

Alors voilà que l’on nous parle ici de la créations d’une « Maison de l’environnement », ou là d’une politique de reboisement du centre-ville. Bon. Moi, je veux bien. Tout ça me paraît même très sympathique et plein de bonnes intentions.

A force de nous marteler que la situation économique s’améliore, que tout va bien, on en oublierait presque qu’il y a encore plus de deux millions de chômeurs, des dizaines de milliers d’emplois précaires et à mi-temps, et toujours plus de RMIstes. Sans compter les nombreux retraités qui doivent se contenter du minimum vieillesse. A qui profite cette fameuse croissance ? En tout cas, les effets de cette embellie n’agissent pas de bas en haut.

Plutôt que de nous parler d’écologie de façon démagogique et non dénuée d’intérêt, il me semble qu’il serait tout de même bon d’aborder le problème des structures sociales à Bourges. A force de chouchouter la culture et le tourisme, on se retrouve ici avec des animateurs et éducateurs forcés de travailler dans de véritables taudis. Les solutions pour les personnes en difficulté sont quasi inexistantes. Et lorsque des structures existent, elles n’ont pas les moyens de se faire connaître.

Alors, oui, on peut toujours parler d’écologie, d’école de l’internet, de foire d’art contemporain et du reste. Mais il y a un minimum à assurer avant. Tout se passe comme si nos candidats s’efforçaient de contenter un électorat moyen, et oubliaient la réalité de la vie des personnes les plus démunies.

Quitte à paraître un peu abrupte, les personnes les plus en difficulté n’en on vraiment rien à battre d’aller voir une exposition ou un concert sous le prétexte d’une « réinsertion par la culture ». C’est surtout une manière pour les cultureux de récupérer les sous qui devraient aller en direction de l’action sociale. Vous leur filez un boulot, et pis c’est bon.

Un peu de considération pour les électeurs sans pouvoir d’achat, SVP.