Plus jamais ça !
Ah, noël ! Ah, le nouvel an ! Les cadeaux, les dindes aux marrons, les bûches, les truffes, les crottes de marquis, le champagne, et... l’allocution du Président de la République, pour vous faire vomir en plein repas. Je ne suis pas anorexique, mais la vue de certaines horreurs à la télévision a le don de me faire gerber.
D’accord pour le décompte morbide dans l’émission de Gildas, des dernières victimes d’attentats en Algérie entre deux huîtres pas très fraîches. D’accord pour les séances de torture en direct des prisons de Brazzaville entre deux tranches de rosbif bien saignantes. D’accord pour le karaocouille de Arthur au dessert. Mais les voeux présidentiels, ça, jamais ! C’est pire que lorsque l’on m’agresse avec des gousse d’ail ou des crucifix ! A la limite, je préférerais que l’on me plante un pieux dans le coeur ! C’est toujours pareil ! Je suis obligé d’avoir recours à un magnétiseur pour me désenvoûter. « Je sens que vous êtes envahi par des ondes négatives », me lance-t-il chaque année, en fouillant distraitement dans mes poches pour y trouver mon portefeuille (« déformation professionnelle » me dit-il). Les ondes de la télé, parfois, c’est très nocif. J’aimerais bien qu’un jour un président pense sincèrement ce qu’il dit au moment de son allocution. « Mes chers compatriote, attendez vous à une nouvelle année de mort et de désolation. Le chômage va encore augmenter, vous allez tous attraper le SIDA, de nouvelles maladies abominables vont terrasser le monde, mais nous serons tous morts avant car des martiens vont débarquer sur Terre et vont tous nous bouffer tout cru. Rassurez-vous, comme nous serons tous vérolés, les petits hommes verts crèverons à leur tour, subissant les atroces souffrances de la maladie de l’humain fou. » Au moins après ça, on ne peut avoir que de bonnes surprises. Aux prochaines élections présidentielles, je vote pour mon magnétiseur. Il est très bon pour me remonter le moral. « Echange chef d’Etat contre prophète », chantent les toulousains de Diabologum dans un album très « fin de siècle »... Bon, moi, désabusé, je file au cimetière essayer la nouvelle pioche que l’on m’a offert à noël. Si on me demande, je suis parti sacrifier quelques vierges...d’ac ?