Putain, un an (ou presque) !
Le temps s’est comme arrêté en mars 2020. Cela fait un peu plus d’un an que tout tourne au ralenti, la vie politique, la vie culturelle, sportive, éducative et on en passe. Tout a été absorbé, neutralisé par la COVID. Du coup plein de mesures politiques passent inaperçues ou presque. Plein de choix sont réalisés par quelques-uns, à la discrétion d’un conseil de défense, à la faveur d’un état d’urgence sanitaire dont la nécessité n’a plus rien d’évident depuis bien longtemps. Serait-on vraiment moins efficace si les décisions étaient prises après discussion à l’assemblée nationale et au Sénat ? Rien n’est moins sûr. Par contre, ce qui serait sûr, c’est que ce serait plus démocratique.
La démocratie, parlons-en. Depuis Mars 2020, en apparence, la démocratie fonctionne si on s’en tient à la tenue des élections. Les élections municipales ont eu lieu en juin 2020 et dans quelques semaines, les élections cantonales et régionales auront bien lieu. Mais qui se préoccupe vraiment de ses élections de juin 2021 à part les candidats et le monde très restreint des militants politiques ? Pas grand monde et c’est là la preuve de l’échec du personnel politique, toutes tendances confondues, qui n’arrive pas à susciter l’intérêt des citoyens. Car la démocratie, cela ne se limite pas au vote même si les macronistes semblent avoir tendance à le penser. Et dans ces conditions, on ne peut que comprendre ce désintérêt des citoyens : depuis 2017, les députés godillots du macronisme, dont nous avons trois magnifiques représentants dans le Cher, ont tout fait pour plier le game sans débats réels, ramenant tout à l’élection de Macron, oubliant qu’il a été élu face à Marine Le Pen. Et alors que certains députés de La République en Marche (LREM) se font forts d’être un rempart contre le FN/RN - nous en avons un brillant exemple dans le Cher en la personne de François Cormier-Bouligeon - ils emploient des méthodes autoritaires, votent des lois liberticides sous couvert de terrorisme ou d’urgence sanitaire, méthodes et lois que ne renieraient pas le FN/RN...et dont ils pourraient se servir un jour à notre détriment si par malheur ils arrivaient au pouvoir. LREM, ce faux parti politique mais vrai regroupement d’opportunistes, semble ouvrir ainsi un boulevard au FN/RN. Il faut dire que l’élection présidentielle est dans un an ou presque et qu’il serait bien plus facile pour eux que Macron se retrouve face à Marine Le Pen que face à un candidat sérieux. Pourtant, à force de jouer avec le feu, les macronistes pourraient bien se brûler et brûler la France avec eux : qui à gauche pourrait vraiment voter Macron au second tour en 2022 si ce scénario se produisait ? Les chiens de garde du macronisme - dont François Cormier-Bouligeon est un des porte-flingues via ses tweets compulsifs - pourront toujours crier à l’irresponsabilité, on pourra gentiment les renvoyer à leur propre irresponsabilité lors de ces cinq années de mandature. On récolte toujours ce que l’on a semé.
Alors, évidemment, à gauche, on peut toujours dire que tout est de la faute des macronistes. Mais est-ce que la gauche n’y serait pas pour quelque chose aussi ? Car si le scénario Macron-Le Pen se reproduit en 2022, les responsables politiques de gauche y seront forcément pour quelque chose aussi. Et au premier chef des responsabilités, il faudra mettre Mélenchon et La France Insoumise (LFI). Car, si cela fait des années que Mélenchon et son parti crient à la responsabilité des socialistes et de Hollande dans la décrédibilisation de la gauche - ce en quoi ils ont raison, ce discours ne peut-être tenu indéfiniment pour justifier la désunion de la gauche, désunion dont Mélenchon et ses acolytes de LFI sont la principale source au final. L’aveuglement stratégique de LFI en devient comique. Ils ont peut-être souvent raison mais à quoi cela servira-t-il si ils ont raison seuls ? La guerre des égo dont Mélenchon n’est pas le moindre des participants saoule tous les citoyens sincères à gauche. Mélenchon et LFI ne cessent de mettre en avant les idées - sujet sur lequel dont tout le monde peut s’accorder - mais dès qu’il s’agit de personnaliser, les vétos sont prêts à être sortis. Le petit jeu de LFI qui consiste à feindre de laisser la place aux élections régionales ne trompe personne. Si l’on ajoute à cela le melon que prennent les écologistes comme Jadot, l’aveuglement des communistes qui croient devoir exister et l’inconsistance des socialistes qui mettent tous leurs espoirs dans Louise Michel Hidalgo alors les espoirs sont faibles à gauche de pouvoir réellement être en mesure de changer la donne en France. Car le but d’une union à gauche, ce serait d’être en mesure de mettre en œuvre des valeurs, des idées et non pas juste de les déclamer - même brillamment - sur la place publique.
Car l’union de la gauche, ça marche. On l’a vu aux municipales à Bourges en juin 2020. Pour ceux qui n’ont pas tout suivi, Yann Galut - un socialiste - a été élu maire de Bourges avec le soutien de LFI, du Parti Communiste et d’Europe Écologie. Bon, on n’a pas pu mesurer les changements concrètement à Bourges pour cause de COVID qui bouffe tout sur son passage, mais on peut encore espérer quelques changements dans une ville qui n’a jamais été aussi calme malgré un maire qui ne ménage pas ses efforts pour médiatiser son action. Et oui, cela fera bientôt un an qu’il est maire. Et dans un an, on parlera de remplacer Macron. Putain, encore un an (ou presque) !