Éditorial Mai 2021

Putain, un an (ou presque) !

lundi 3 mai 2021 à 07:30, par Mister K

Le temps s’est comme arrêté en mars 2020. Cela fait un peu plus d’un an que tout tourne au ralenti, la vie politique, la vie culturelle, sportive, éducative et on en passe. Tout a été absorbé, neutralisé par la COVID. Du coup plein de mesures politiques passent inaperçues ou presque. Plein de choix sont réalisés par quelques-uns, à la discrétion d’un conseil de défense, à la faveur d’un état d’urgence sanitaire dont la nécessité n’a plus rien d’évident depuis bien longtemps. Serait-on vraiment moins efficace si les décisions étaient prises après discussion à l’assemblée nationale et au Sénat ? Rien n’est moins sûr. Par contre, ce qui serait sûr, c’est que ce serait plus démocratique.

La démocratie, parlons-en. Depuis Mars 2020, en apparence, la démocratie fonctionne si on s’en tient à la tenue des élections. Les élections municipales ont eu lieu en juin 2020 et dans quelques semaines, les élections cantonales et régionales auront bien lieu. Mais qui se préoccupe vraiment de ses élections de juin 2021 à part les candidats et le monde très restreint des militants politiques ? Pas grand monde et c’est là la preuve de l’échec du personnel politique, toutes tendances confondues, qui n’arrive pas à susciter l’intérêt des citoyens. Car la démocratie, cela ne se limite pas au vote même si les macronistes semblent avoir tendance à le penser. Et dans ces conditions, on ne peut que comprendre ce désintérêt des citoyens : depuis 2017, les députés godillots du macronisme, dont nous avons trois magnifiques représentants dans le Cher, ont tout fait pour plier le game sans débats réels, ramenant tout à l’élection de Macron, oubliant qu’il a été élu face à Marine Le Pen. Et alors que certains députés de La République en Marche (LREM) se font forts d’être un rempart contre le FN/RN - nous en avons un brillant exemple dans le Cher en la personne de François Cormier-Bouligeon - ils emploient des méthodes autoritaires, votent des lois liberticides sous couvert de terrorisme ou d’urgence sanitaire, méthodes et lois que ne renieraient pas le FN/RN...et dont ils pourraient se servir un jour à notre détriment si par malheur ils arrivaient au pouvoir. LREM, ce faux parti politique mais vrai regroupement d’opportunistes, semble ouvrir ainsi un boulevard au FN/RN. Il faut dire que l’élection présidentielle est dans un an ou presque et qu’il serait bien plus facile pour eux que Macron se retrouve face à Marine Le Pen que face à un candidat sérieux. Pourtant, à force de jouer avec le feu, les macronistes pourraient bien se brûler et brûler la France avec eux : qui à gauche pourrait vraiment voter Macron au second tour en 2022 si ce scénario se produisait ? Les chiens de garde du macronisme - dont François Cormier-Bouligeon est un des porte-flingues via ses tweets compulsifs - pourront toujours crier à l’irresponsabilité, on pourra gentiment les renvoyer à leur propre irresponsabilité lors de ces cinq années de mandature. On récolte toujours ce que l’on a semé.

Alors, évidemment, à gauche, on peut toujours dire que tout est de la faute des macronistes. Mais est-ce que la gauche n’y serait pas pour quelque chose aussi ? Car si le scénario Macron-Le Pen se reproduit en 2022, les responsables politiques de gauche y seront forcément pour quelque chose aussi. Et au premier chef des responsabilités, il faudra mettre Mélenchon et La France Insoumise (LFI). Car, si cela fait des années que Mélenchon et son parti crient à la responsabilité des socialistes et de Hollande dans la décrédibilisation de la gauche - ce en quoi ils ont raison, ce discours ne peut-être tenu indéfiniment pour justifier la désunion de la gauche, désunion dont Mélenchon et ses acolytes de LFI sont la principale source au final. L’aveuglement stratégique de LFI en devient comique. Ils ont peut-être souvent raison mais à quoi cela servira-t-il si ils ont raison seuls ? La guerre des égo dont Mélenchon n’est pas le moindre des participants saoule tous les citoyens sincères à gauche. Mélenchon et LFI ne cessent de mettre en avant les idées - sujet sur lequel dont tout le monde peut s’accorder - mais dès qu’il s’agit de personnaliser, les vétos sont prêts à être sortis. Le petit jeu de LFI qui consiste à feindre de laisser la place aux élections régionales ne trompe personne. Si l’on ajoute à cela le melon que prennent les écologistes comme Jadot, l’aveuglement des communistes qui croient devoir exister et l’inconsistance des socialistes qui mettent tous leurs espoirs dans Louise Michel Hidalgo alors les espoirs sont faibles à gauche de pouvoir réellement être en mesure de changer la donne en France. Car le but d’une union à gauche, ce serait d’être en mesure de mettre en œuvre des valeurs, des idées et non pas juste de les déclamer - même brillamment - sur la place publique.

Car l’union de la gauche, ça marche. On l’a vu aux municipales à Bourges en juin 2020. Pour ceux qui n’ont pas tout suivi, Yann Galut - un socialiste - a été élu maire de Bourges avec le soutien de LFI, du Parti Communiste et d’Europe Écologie. Bon, on n’a pas pu mesurer les changements concrètement à Bourges pour cause de COVID qui bouffe tout sur son passage, mais on peut encore espérer quelques changements dans une ville qui n’a jamais été aussi calme malgré un maire qui ne ménage pas ses efforts pour médiatiser son action. Et oui, cela fera bientôt un an qu’il est maire. Et dans un an, on parlera de remplacer Macron. Putain, encore un an (ou presque) !


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commentaires
Putain, un an (ou presque) ! - epujsv - 12 mai 2021 à 22:08

Je cite un tweet : " J’ai été vaccinée ce soir, parce que je tiens un bureau de vote. J’aurais aimé l’être parce que je suis enseignante et que je côtoie une centaine d’élèves par jour."


Putain, un an (ou presque) ! - epujsv - 17 mai 2021 à  13:50

Suite : "Elections de juin : les ambitions politiques avant les règles sanitaires" Journal d’épidémie, Christian Lehmann 15 mai 2021, Libération

"Dans le monde réel, celui où les décisions seraient étayées scientifiquement, une personne est considérée comme totalement protégée contre les formes graves de Covid-19 dix à quatorze jours après une seconde injection de vaccin à ARNm. Le délai entre deux injections était de 21 jours pour Pfizer, 28 jours pour Moderna, et a été porté à 42 jours dans le but de libérer des doses pour augmenter le nombre de primo-vaccinés sans sortir totalement des clous du protocole de départ. Laisser croire aux assesseurs qu’une première dose délivrée avant le 8 juin constitue une protection adéquate pour tenir un bureau de vote le 20 ou le 27 juin est donc une désinformation, de celles contre lesquelles le gouvernement prétend lutter avec acharnement."

Répondre à ce message #44112 | Répond au message #44111
Putain, un an (ou presque) ! - Daniel Ramond - 6 mai 2021 à 11:47

Bien joué ! D’accord avec cet article.

Attention tout de même aux adjectifs qualifiants et dénigrants. Quand on est de gauche, on se doit de Construire, pas de shooter toutes celles et tous ceux qui s’y revendiquent.

La démocratie participative prendra racine sans donneur de leçons. Encore faut-il voir éclore un minimum de volonté des responsables politiques, et c’est bien cela que l’on ne pas voit apparaitre, pour le moins.

Depuis que les partis politiques sont financés grâce au pourcentage obtenu aux élections, (plus de 5%), ils n’ont plus besoin de mobiliser et de former des milliers militants, quelques centaines localement suffisent.

A quand un changement réellement démocratique ?

Bien cordialement.