Éditorial Février 2017

Dans le Fillon... (bis)

mardi 14 février 2017 à 13:00, par Mister K

Décidément, il ne vaut mieux pas prévoir quoi que ce soit ces derniers temps. Alors que dans l’édito précédent on se disait que les jeux étaient quasiment faits et que la probabilité que Fillon nous entube bien profond était forte...Badaboum ! L’affaire Pénélope que l’on ferait mieux d’appeler l’affaire Fillon est tombée et rebelote cette élection présidentielle. Pour le meilleur ou pour le pire, c’est selon.

Bon, on peut passer rapidement sur l’affaire de famille. En gros, c’est une histoire de soupçons d’emplois fictifs de Pénélope Fillon par son époux François Fillon, par son successeur le député Marc Joulaud et par La Revue des Deux Mondes, et ce pendant de longues années et pour un cumul astronomique autour du million d’euros brut. Et pas seulement puisque qu’il y a aussi semble-t-il des soupçons autour des enfants de François Fillon et des missions qui leurs ont été confiées ainsi que des soupçons de conflit d’intérêts avec la société AXA. Bref, n’en jetez plus ! En moins d’un mois, François Fillon est passé du saint homme au politicien sans scrupules. Qu’auriez-vous fait si on vous accusait d’emploi fictif ? Vous auriez accumulé en très peu de temps documents et témoignages prouvant votre activité. Tout simplement. Après plus de trois semaines, il semblerait [1] que Fillon, mari et femme, en aient été incapables. D’où le doute légitime. Après cela, allez expliquer aux français qu’il va falloir se serrer la ceinture à cause des déficits publics alors que vous vous êtes vous même gavés d’argent public. On pourrait dire "Game Over". Mais ce serait sans compter sur la "jurisprudence" Sarkozy, Balkany ou Dassault qui dit que tant que vous niez, vous pouvez toujours jouer. La justice prenant un temps bien différent du temps politique.

Malheureusement, les déboires de Fillon ne font pas automatiquement le bonheur des français. Ceux qui en profitent, Marine Le Pen ou Emmanuel Macron ne sont pas des anges non plus. Marine Le Pen semble se servir de l’argent du parlement européen pour les affaires du Front National. Quant à Emmanuel Macron, son passé de banquier de la Banque Rothschild ne le met pas à l’abri des soupçons.

Le problème, c’est que quand on parle des affaires et des soupçons qui entourent certains candidats à l’élection présidentielle, on ne parle pas vraiment de politique c’est à dire de choix pour l’avenir du pays. Depuis plus de 3 semaines, alors que nous sommes désormais à un peu plus deux mois du premier tour, il est difficile de connaître concrètement et précisément les programmes des candidats pour les cinq ans à venir. Notamment celui d’Emmanuel Macron qui fait désormais parti des favoris. Mais également celui de l’élu de la primaire de gauche, Benoit Hamon qui tente de ménager le très gros chou de Jean-Luc Mélenchon et la chèvre du Parti Socialiste, sans parler du dindon écologiste, Yannick Jadot. Pourtant, Hamon semble s’en sortir mieux que prévu. Mais que proposera-t-il au final, après tractations avec les uns et les autres ? Mystère.

Et pendant ce temps-là, la terre tourne. Au niveau local, tous les futurs candidats aux élections législatives semblent avoir misé sur le mauvais cheval. Wladimir D’Ormesson avait misé sur Sarkozy, il devra soutenir Fillon. Galut avait misé sur Montebourg il devra soutenir Hamon. Le communiste Nicolas Sansu négocie tant bien que mal avec "Les Insoumis" de Mélenchon pour ne pas être concurrencé à gauche. Quand à Macron il est soutenu localement par Serge Lepeltier et... Philippe Bensac. Bref, du lourd et de l’opportuniste.

Au final, le risque que les cinq prochaines années ne donnent rien de bon politiquement est très fort (euphémisme). Le hasard, on pourrait même parler de roulette russe, ne fait pas toujours bien les choses. Oui, vous risquez toujours de l’avoir dans le Fillon.

[1Il faut utiliser le conditionnel


Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Qui êtes-vous ?