Cul et chemise
Du passé, peut-on tirer des leçons et prévoir l’avenir ? Là, je parie ma chemise que vous commencez déjà à regretter d’avoir cliqué sur cet article, attiré que vous étiez par le cul du titre. Mais pas d’affolement. On dit juste cela parce qu’on n’a pas rédigé d’édito en octobre 2015 et que pourtant il valait son pesant de cacahuètes.
Octobre aura quand même été marqué par l’arrachage de chemise d’un DRH d’Air France lors d’un houleux comité d’entreprise. En tout cas, c’est tout ce que l’histoire risque de retenir. Oubliée la cause de cette réunion mouvementée, l’annonce de la suppression de 2900 postes à Air France, une boîte qui n’est quand même pas au bord de la faillite. Et tout le monde de se scandaliser de cette violence inutile. Inutile ? Peut-être pas tant que cela. Car, pour sûr, cela a dû faire réfléchir bon nombre de dirigeants d’entreprises. Derrière leurs décisions prisent devant un tableur, il y a des hommes. Et des hommes qui peuvent réagir si on s’en prend à leur vie. Et même si une bonne partie des biens pensants s’est offusqué de ce malheureux événement, pour sûr, une bonne partie de la population s’en est réjoui : si seulement cela pouvait servir de leçon et faire réfléchir. Si seulement. Mais une information chassant l’autre, on est passé d’Air France à air cocaïne. On sniffe là une affaire pas claire ou les pauvres victimes françaises ne sont vraisemblablement pas si victimes que cela...et où la barbouzerie n’est pas loin. Et là, on ne sniffe pas que la cocaïne. Il y a aussi une grosse odeur de fric...et puis un député Front National (FN) qui passe par là, certainement par hasard.
Puisqu’on parle de FN, parlons de la vedette du mois d’octobre, Nadine Morano, une vedette du parti issu de l’UMP, "Les Républicains", qui a quand même affirmé que, je cite "La France est un pays de race blanche". Comme la cocaïne ? C’est à se demander si elle n’en snifferait pas un peu. Bref, là aussi, tout le monde fait mine de s’offusquer, particulièrement chez "Les Républicains". La bonne blague raciste vieille comme le RPR. Qui n’a pas assisté, lors de ces 30 dernières années, à des discussions d’élus ou militants de droite où les remarques ou sous-entendus racistes pleuvaient ? Qui n’a pas assisté à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 où l’on avait vraiment du mal à le différencier du FN tellement son discours sentait l’influence d’extrême-droite ? Et c’est aujourd’hui le même Sarkozy qui donne des leçons à Nadine Morano qui est tout de même une de ses créatures à l’idéologie qui sent fort le poisson pourri. Car oui, "Les Républicains" et le FN, à la base, ils sont quand même cul et chemise. Des anciens de l’UMP se retrouvent au FN...et des anciens du FN se retrouvent chez "Les Républicains". Cul et chemise on vous dit !
À propos d’anciens du FN, en région Centre-Val-de-Loire pour les régionales, du coté de "Les Républicains", à coté de la tête de liste Philippe Vigier, on retrouve un ancien du FN, Guillaume Peltier, un des leaders de la Droite Forte. Il se trouve que cette liste pourrait bien faire la nique à la bande à Bonneau aux élections régionales de décembre 2015. Si pour ne pas avoir le FN vous votez "Les Républicains", vous aurez "l’honneur et l’avantage" d’avoir un peu des deux à la fois. Pratique non ?
Alors bien sûr, époque oblige, nous sommes obligés de nous demander si avec notre histoire de cul et chemise, on ne ferait pas un peu le jeu du FN. Car oui, après tout, cul et chemise, ça ressemble étrangement à blanc bonnet et bonnet blanc, expression utilisée régulièrement par le FN [1]. D’ailleurs, cette semaine, il y avait Pascal Blanc qui demandait à ne pas le confondre avec Blanc Pascal. Lui, qui est désormais cul et chemise avec le communiste Nicolas Sansu candidat aux régionales 2015. Oui, vous savez, un horrible bolchevique député du Cher et maire de Vierzon. Alors, est-ce que l’on fait le jeu du FN ? Euh...ben...faut juste se demander si, dès qu’on réfléchit un peu, on ne ferait pas déjà le jeu du FN. Alors oui, il vaut peut-être mieux en rire...
[1] Sauf qu’à l’origine, cette expression du XVIIIè siècle a été popularisée par le communiste Jacques Duclos à propos des deux candidats à la présidentielle de 1969, Georges Pompidou et Alain Poher