L’bon temps où les femmes n’étaient pas de grosses feignasses
Au hasard d’achats stupides, j’ai trouvé la revue "Arts Ménagers". Dans le numéro 35, en novembre 1952, on trouve un article sur la maison moderne - et les occupations de la femme dans cette maison, voici 60 ans.
Ce n’est pas une maison ouvrière, loin de là, on trouve toute la technologie possible, mais pfff…L’article détaille, du matin-matin au soir-soir les occupations de madame (et encore, on passe sur certains détails vulgaires : faire les courses, la vaisselle, etc.).
Le matin
La journée commence par la toilette : « C’est à la salle de bain que commence la journée de chacun. » et la journée exaltante de la chacune. Acte suivant, le petit déjeuner : « La toilette des garçons achevée, c’est le joyeux moment du petit déjeuner matinal. » Joyeux ?… Bon, c’étaient les enfants de 1952, ça ne mouftait pas.
Ensuite, les mômes partis à l’école, faut pas lambiner : D’abord le nettoyage : « Les enfants en classe, il ne reste plus qu’à se hâter aux besognes ménagères. » On voit sur les photos, que la feignasse a quand même quitté sa robe de chambre, mais s’est attifée d’un tablier pour faire le ménage. Le ménage fait, vite, on change de tablier (si ! si ! hygiène) et on file direction la cuisine : « En vue d’avancer son travail, la jeune femme traite, dès le matin, les problèmes culinaires qui se résolvent à l’avance. » et sur sa lancée : « Ce même jour, en le tenant au réfrigérateur, le plat de résistance du lendemain sera préparé dans le calme. » Elle a tellement rien à branler qu’elle peut préparer à l’avance, c’est dire.
L’après-midi
Le matin, ho-là ! c’était le pays du matin calme. Attention, l’après midi arrive - avec des tâches quotidiennes ou hebdomadaires.
Chaque lundi, le déjeuner fini, « la maîtresse de maison met de bonne heure sa lessive en route. » Et « dès sa lessive séchée et inspectée, Madame repasse le linge qui est aussitôt mis en place. » La lessive inspectée… à l’époque, on ne se retrouvait pas avec un teeshirt à p’tits trous au moment de le mettre. Et puis, d’ailleurs, On n’oublie pas la couture : « chaque vendredi, par exemple, lui sera consacré ». Et on ne devait pas peiner à retrouver ses fringues, car y’a le rangement : « Hebdomadairement, la maîtresse de maison procède à la vérification des vêtements de chacun. » Encore ? Déjà inspecté, eh bin ! aucune excuse pour les patates aux chaussettes. Et le soir arrive, c’est le dîner : « La famille se retrouve autour de la table sous le lampadaire. » Un ton hugolien… Et bien sûr, c’est elle, la feignasse, qui sert - et qui a tout préparé. Le mari dîne en veston et cravate ? bah, la pouffe, elle lavera, pas grave.
Le soir
Enfin, la table débarrassée, la vaisselle faite, c’est la veillée : « Un tricot aux doigts, Madame se délasse enfin dans un fauteuil. » Le monsieur, lui, il lit, mais debout (il a du être l’cul sur un siège toute la journée). Elle, elle ne lit pas (surtout pas ! ça lui donnerait la migraine), elle se délasse en… comptant ses mailles.
Et enfin, arrive le coucher. On récapitule : après la toilette des enfants, le petit-déjeuner, le nettoyage, la préparation des repas, le déjeuner, le dîner, les vaisselles ; et après l’aspirateur, le four, l’épluchage, la machine à laver, l’étandage, le fer à repasser, le dé à coudre, l’inspection des placards, le tricot, va-t-elle baiser ? ou s’affaler dans le lit en ronflant ? Pas du tout, l’homme est déjà endormi (épuisé par une saillie fugace ?).
Après tout, c’est elle qu’a allumé la première, au p’tit matin, logique que ce soit elle qui éteigne en dernier.