Pas pire que si c’était mieux
Bon, ça y est, on vient de « fêter » le premier anniversaire de l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République française. Pour relativiser un peu, à Bourges, on vient de « fêter » les 18 ans de règne de Serge Lepeltier à la mairie de Bourges. Oui, Serge Lepeltier, c’est depuis toujours notre bon roi [1], donc il règne. Par chance, on ne se souvient pas précisément du bilan Lepeltier après un an de règne. Il ne devait pas être bien épais, et dans nos vagues souvenirs, bourré d’impairs plus qu’autre chose. Par contre, le bilan d’un an de Hollande, les médias viennent de vous le servir à toutes les sauces, plutôt assaisonnées les sauces...
Alors, un petit exercice amusant à réaliser, relire un édito écrit un an plus tôt, juste entre les deux tours quand François Hollande n’était pas encore président. On y prévoyait l’élection de Hollande. On écrivait que Hollande c’était la gauche au moins sur le papier. On parlait d’espoir mais pas trop d’illusions. On parlait de situation délicate dans laquelle se trouvait notre pays. On parlait de colère qui ne s’exprime que dans les urnes, ou presque. On parlait de droite extrême, de virage de 2017 et de danger.
Bon, un an après, on peut dire que l’on ne s’est pas trompé. Parce que le bilan de Hollande, on n’en est pas déçu, on n’en attendait rien. Le programme était mou du genou, donc le gouvernement Hollande peut toujours se vanter d’avoir plutôt tenu ses promesses, et même si ce bilan des promesses est embelli, c’est effectivement le cas. Mais comme Hollande n’avait pas promis grand-chose, on a, au bout d’un an, pas grand-chose. Bizarrement, la majorité de Français seraient déçus. Bon, les Français, vous l’aviez lu le programme de Hollande ? Ou l’aviez-vous résumé par : « on se débarrasse de Sarkozy » ? Donc voilà, on s’est débarrassé de Sarkozy. Mais la France est toujours dans la merde. Au bout d’un an, il ne fallait pas s’attendre à des miracles. Au bout de cinq ans non plus d’ailleurs... Non, la seule promesse que Hollande a faite et qu’il aura du mal à tenir, il l’a faite après son élection, et c’est celle d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin 2013. Dès début 2014, vous allez pouvoir lui tomber dessus pour promesse non tenue [2].
Alors, on peut légitimement se poser la question de l’avenir qui, aujourd’hui, parait sombre. L’ombre du FN plane sur la France et ce n’est pas l’UMP qui nous en protégera, bien au contraire. Mélenchon sonne creux, tout comme sa dernière manifestation qui aurait réuni 180 000 personnes le 5 mai 2013 alors que de toute évidence, il y avait trois fois moins de personnes qu’à la manifestation du 18 mars 2012 où 180 000 personnes étaient comptées par les organisateurs eux-mêmes [3]. Si Hollande échoue, on va se retrouver dans une impasse politique. Et là, très difficile de prévoir ce qui se passera. Mais ça ne sent vraiment pas bon.
Heureusement à Bourges, il y a un micro-climat. Un micro-climat qui dit que l’on va changer de maire d’ici moins d’un an maintenant. Nous, à l’Agitateur, il faut bien le dire, nous ne sommes pas trop pour le changement de maire. Eh oui, notre bon roi, on ne connaît que lui ! Qui va réussir à se faire réélire trois fois suite avec un bilan aussi maigre ? Qui va réussir à faire durer des projets creux plus de douze années avant de poser la première pierre ? Qui va réussir l’exploit de faire mieux que détruire la Maison de la Culture sans la reconstruire ? Non, sérieusement, notre bon roi Serge est irremplaçable. Serge, notre bon roi bien aimé, réfléchissez-bien, vous pouvez encore changer d’avis ! Vous allez voir, ça va être tellement le souk pour vous remplacer à droite que comme De Gaulle, comme peut-être Sarkozy, vous allez, a l’insu de votre plein gré, devoir vous représenter en 2014 pour un quatrième mandat. Vous nous construirez bien un petit parking sous la cathédrale, non ? Parce que bon, votre remplaçant(e), tout comme Hollande, on ne se fait pas d’illusions, il/elle ne fera malheureusement pas pire que si c’était mieux.