Éditorial Mars 2013

La ruine et les ruines

dimanche 10 mars 2013 à 19:18, par Mister K

Certains parlent d’une France en faillite. Bon, petit détail, ils confondent un pays avec une entreprise. Cinq indicateurs "qui inquiètent" selon eux : dette, retraites, emploi, commerce extérieur, dépenses publiques.

Il est toujours délicat de s’attaquer aux grands professionnels d’un grand journal national. Mais sans être agrégé d’économie ou prix Nobel, on pourrait faire remarquer que ces indicateurs sont tous un peu liés. Bon, comme il s’agit du Figaro, ils mettent en avant les dépenses publiques qui potentiellement creusent la dette… en oubliant que ces dépenses publiques évitent peut-être de générer du chômage, donc évitent peut-être des problèmes pour couvrir les retraites et donc, évitent peut-être de creuser la dette. Oui, les vases communicants et tout, et tout. Donc, la France est au bord de la ruine. Mais cela fait déjà longtemps et comme par magie, le système tient car les décideurs économiques poussent les politiques à maintenir le système en vie coûte que coûte. Au final, comme les États-Unis, la France risque de rester au bord de la ruine pour un bout de temps encore, sans pour autant faire le grand bon en avant et sauter dans un inconnu économique et politique effrayant pour nos élites en tous genres. Dans ces conditions, notre grand révolutionnaire Mélenchon n’a aucune chance de devenir le Hugo Chávez français. Mais bon, nous sommes en démocratie, il va donc pouvoir continuer à faire son show. Les médias aiment bien ce showman. Mélenchon, c’est le romantisme français qui coupe virtuellement des têtes dans ses rêves. Oui, en 2013, normal, on se contente du virtuel. Et au fond, ce n’est pas un violent le Mélenchon. C’est un contemplatif. Il rêve au bord des ruines du capitalisme.

Il faut dire que la France, c’est quand même de longue date un pays de ruines. Certains diront de vieilles pierres. Bon, admettons. Mais ces ruines, elles font la richesse de la France. Elles nous amènent des millions de touristes venus du monde entier chaque année. Alors, on les restaure, on les entretient, on les chouchoute. Certains se plaignent : ça coûte cher ces conneries. Il se pourrait bien que ce soit d’ailleurs les mêmes qui dénoncent les dépenses publiques. Mais ces conneries, ça rapporte aussi. Et puis ces conneries, c’est aussi notre histoire, notre culture. Devrait-on, à cause d’une conjoncture économique passagère [1], mettre tout ça à la poubelle et couler une chape de béton sur nos ruines, notre histoire ?

D’illustres notables de Bourges semblent répondre oui à cette question. Il faut dire qu’à Bourges, on s’y connaît en ruines… je veux dire en vieilles pierres. En plus, nous avons des dirigeants politiques hors du commun qui détruisent des bâtiments et les laissent en ruine. Nous avons depuis peu une nouvelle ruine : la Maison de la Culture de Bourges, première Maison de la Culture de France, inaugurée par Malraux en Avril 1964. Vu qu’en 2014, on risquait de faire des frais pour fêter le cinquantenaire de cette vieille maison, on l’a détruite avant. Pas bête comme idée. Bourges, une ville de ruines en ruine, voilà un slogan qui ne manque pas de gueule. Ailleurs en France, la démission du responsable de cette catastrophe aurait été demandée sur le champ. Serge Lepeltier, responsable de cette catastrophe aurait dû demander asile aux baleines de l’Alaska. À Bourges, non. C’est vrai quoi, ils nous emmerdent les archéologues, les vieilles pierres, ça suffit ! C’est ce que semblent dire un grand nombre de berruyers. Crétins. Oui, crétins de berruyers ! Vous avez semble-t-il les dirigeants que vous méritez. Mais bon, comme Serge Lepeltier, vous travaillez chaque jour pour notre ruine, notre nouvelle ruine. Celle sise place Séraucourt à Bourges. Ben oui, il faudra payer tout cela. Les ruines nous mènent-elles à la ruine ? Pour l’instant, sans conscience, nous sommes surtout amenés à la ruine de l’âme. Ruines de larmes.

[1Même si depuis les années 70, la crise paraît interminable...


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commentaires
La ruine et les ruines - le plumitif arcandier - 14 mars 2013 à 13:58

Et le terrain entre la rue Jean Baffier et la place Séraucourt (la parcelle 515), que deviendra-t-il ? Un équipement public ? Une opération immobilière juteuse pour le promoteur ? Les archéologues ont bon dos ! D’ici à ce qu’on leur colle la faute de la chute de la façade classée !


La ruine et les ruines - prévoyante - 11 mars 2013 à 14:00

Bourges est fait pour payer toutes les conneries de Serge Lepeltier.Malheureusement les berruyers (certains) sont riches d’autres en ont rien à faire. Mais les pauvres eux en ont marre.La misère est bien installée sur Bourges.Arret stop Monsieur Lepeltier.Ça suffit pensez-vous qu’il faut du travail à Bourges ??? C’est ça en priorité. Les chômeurs ,tous ces jeunes qui vont tout droit dans la rue et qui ne peuvent plus manger finissent mal. Mais ça alors c’est bien triste.


La ruine et les ruines - sanchez - 11 mars 2013 à 08:39

Propos d’un âne qui confond ses rèves avec la réalité